LE DUC D'AUMONT
N'en délibérons plus, cette affaire est finie;
Si je crains le public, j'aime la Comédie.
Enfin, quelques brocards qui puissent m'arriver,
Je veux bien les risquer afin de vous sauver.
Pour la tranquillité mon cœur en vain soupire :
Le Kain, par vos conseils, je retiendrai l'empire,
Mais je le retiendrai pour vous en faire part.
Je vois trop que vos cœurs pour moi n'ont point de fard,
Et que chacun de vous, dans l'avis qu'il me donne.
Regarde seulement la troupe et ma personne.
Votre amour à tous deux fait ce combat d'esprit,
Et vous allez tous deux en recevoir le prix : /
Vous qui de l'éloquence avez si bien le charme,
D'Argental, vous serez ambassadeur à Parme;
1. Ce vers manque dans le texte public par Barbier et M. H. Bonhomme.
Vous, Le Kain, avec moi partagez les honneurs;-
Donnez ici des lois, clioisissez les acteurs.
Ainsi d'aucun talent ne craignant plus l'ombrage,
Du public à coup sûr vous aurez le suffrage ;
Allez voir la Clairon, tâchez' de la gagner,
Car son avis ici n'est pas à dédaigner.
Je conserve l'empire et l'éclat dont il brille;
Adieu, j'en vais porter la nouvelle à ma fille ^