‹ Correspondance littéraireChapitre 16 sur 47 · LETTRE C L X X X V. N · texte numérisé non relu

LETTRE C L X X X V. N

On a fait en quatre tolumes une édition postlitime des œuvres de M. Bordse de Lyon, homme d'esprit, qui aVait eu du moins la sagesse de cultiver les lettres plutôt en amateur qti'en écrivain, et qui sûrement ne saurait pas bon gré à ses éditeurs d'avoir indistinctement livré au publiccequele plus souvent iln'avait composé que pour son propre amusement, et confié qu'à quelques amis. Il était connu dans la littérature par une très-bonne réfutation des paradoxes de Rousseau sur les sciences. Cette dispute dans laquelle il eut tout l'avantage que. doit donner une bonne cause à. un bon esprit , lui fit beaucoup d'honneur.' On imprima ses discours à ce sujet dans toutes les éditions des œuvres de Rousseau, et ils font aujourd'hui la partie la plus estimable, sans contredit, des qu^^tre volumes où l'on a recueilli tout ce qu'avait laissé AL Bordes^ dans son porte -feuilk* On n'aurait pas dû y mettre une tragédie de Blanche de Bourbon , dans laquelle il n'y a pas "une. étincelle de talent, des congédies et

dds proverbes qui {Pouvaient passer, comaie ouvragçs de aociété , mais qui sont fort loia du mérite nécessaire pour soutenir IHmpressibn. A regard de ses poésies , il y a quelques morceaux agréable» , mais en général elles jftont fort médiocres ^ et les éditeurs auraient dû y mettre bien plus de choix. La meilleure de ses pièces est une fable imitée d'Homère ^ intitulée Chloé et le Papillon : à quelques Vers près p qui ne sont pas de boii goût ^ c'est une jolie bagatelle ; elle a été insérée dans plusieurs recueils j c'est ce qui m*empêcîie de la transcrite ici,. J'aime mièuic copier un mor* ceau tiré d'une pièce sur un Voyage d* Italie j où se trouvent à mon gré les meilleurs vers de Tauteuri

Que d^objets ravUsah^ pour tticfs fegardfs confus ! Obélisques jLomptux élances jusqu^aiik nttes f , Temples , citqu^ , palais y innombrables statues^ De héros iftimortôls f de dieux qui ne sont pins î Romains , tous les lauriers ont couronné v;}s tètes 7

V £qianâ des Muses et de Mars ^ • V ons avé^ fait briller les doui: rayons, des arts ^

Parnti led éclairs des tempêtes. ^

Quels biens ne vous doit pas Vanî^dTé encbatité' î Ah ! TOtre moindre gloire est. de l'avoir d6mpté«

Deux fois la féconde Ausonié «

Sous Auguste et sous Léon dix |-

' Vit croître dans son champ les palmes du gëni:e ) It ses noareaux Césars furent les Médicis.

Tout pa9se , tout finit : cette seconde aurore K'a duré qu'un matin , et s'est éteinte encore.

Habitans paisibles et doux , On accourt sur vos bords des terres étrangères ;

Mais c'est la gloire de vos pères ^

Que Poh vient admirer chez voUs.

À rexception du premier vers qui finît par une cheville^ le reste est d'une tournure élé-.

gante. On peut encore citer un madrigal et Une épigramine que voici :

Sur une hotte à mouche.

JzwE b'eàuté j cette glace infidèle ^ Peu digne de rendre tes traits j Les laisse évanouir quand tu t'éloignes d'elle» Vois tous nos cœurs soumis à tes attraits } C'est là que ton image , et plu^ vive et plus belle Se retrace toujours sans s'effacer jamais.

Épi&ramms.

D'aVoir llttiité la comédie ^ Un pénitent y en bon chrétien ^ S'accusfdt^ I et promettait bien De n'y retourner de sa rie.

Voyons j lui dit le confesseur :

C^est le plaisir qui fait l'offense.

Que donnait-on ï Le Déserteur»

Vous le lirez pour pénitence.

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O0 trouve dans ce même recixeil une traduction d'un morceau èiAlgaroti sur l'opéra y dans lequel il y a des observations très «-justes. On n*y trouve point le Cathé^^ chumène et Parapilla , deux ouvrages de M. Bordes , dont Tun fut revu et corrigé par Voltaire, et imprimé dans ses œuvres j Tautre, imité d'un ouvrage italien , est un poëme dans le goàt de TArétin , inséré dans quel* qties recueils orduriers. On peut observer que ces deux morceaux dont Fun est contre la religion et l'autre contre les mœurs , sont en général mieux faits et mieux écrits que les autres ouvrages de routeur; ce qui paraît prouver que ce genre est plus facile que tout autre y et qu'il faut moins de talent pour y réussir.

Au reste ^ Cette édition est précédée , suivant l'usage, d'une longue et inutile préface, où toutes les productions de M. Bordes sont démesurément louées. La panégyriste provincial n'a pas manqué d'imiter la ridicule emphase du style à la mode. II nous apprend que le temps, ce destructeur impitoyable de toutes choses, avait affaibli par des dégradations insensibles les forces de M. Bordes ; ce qui est vraiment mçrveil||Ç|up. lïÏQS pro-

saïUeurs et; nos xim^ll^nr^ pj^ ^. gv4virontils jamais xie la in^J^die des phraBesf ^

Je joindrai ici fd^ vers de M. de Ruihières à M. de Montesqmau , sur ie^ bttstès des grandis écrivaiqs qui ornçpt^ l^^>^4ula»^ , et la réponse de M. de Montesq]ai/^ll«..

'LÈs Muses de fleurs couronnées • >•' I}sLn9 le plus riant appareil ^

'i4^tteA4ront.là vàitre réveil i '"

Et xo^àtfM^t A Venvi .x^p^pUr voa matinées.

Tous x^s ffi^itx^ $weux dp «agesse ei.d?AniQuri^ \

Dont vous ^ratiqu^ Ja ^^^^^ t. - Et Tami de, Mécène, et llamant de Corine IPrès de votre bureau s^asseoiront tour-à-tour*

C'est là que leurs ombres volages , ^ .€)Ht là ^ 4e« C^aiiliéti '9" (fue tés' Aftaèréons'^ ' ^^ pfAtapl'^i^lqiiiafbis l'orBille à vos cbahsoiis , '

' , .; Lorsque pour ornéf ma retraite ^^ . ^ . ., . ^ . ^ H^ous iémenblez votre maison î , ' '

•.♦ •; • B'uî/e bonté sî libérale

Je sens le prix comme je doîs^'^'-"^'"'^ ^ ' ' ^>çtv,^î«Bi^ieftfV4#-,grj|»is i*k. » -^ •

lOO COB.B.Z8POirD AK'CS

" * ' D^ 4oa8 que ni*a fait vôtre Muse Je'iBe.ftùis vanté ce matiil.

^ . £hXm^a-t-oA dit j c'est qu*elie en um

CQmiae des choux de son jardin.

On peut voir ici toute là distance d'un écrivain

à un amateur.

Il vient de paraître un nouveau Voyage

d* Italie ^ après tant d'aiitrçisquejûous avions

déjà : in sylvam ne ligna feras. Il est iittitulé,

Lettres contenant le joumàl d'un Voyage

fait à Rome en 1778 : deux volumes zn-iz.

Pour savoir si Fauteur a bien vu , il faudrait

j:omparer sa description avec celles des au-

teurs les plus accrédités , ou voir lesobjets

sur les lieux > mais ce qufil èist ikdle d'apper-

ce voir ,^ c'est que sa ' rëlàtiom n'est ni. d'un

bon écrivaijij^»i d'utt^homiiie instruit. Il cite

à tout propos des passages ^'auteurs latins

qu'il estropie également , et dans le texte et

dans la traduction/ Ce que j'ai trouvé de

plus curieux ; c'est un petit âoiite dé J^obbé,

rapporté ed note , qui m'a paru mieux fait

que ne le sont ordi^i^^^çpt . jjB^ y^çr^ de ce

dur et grossier^ ripxeur.rno7 r - •( :« • \

Saint Golombftn^daii^iitt hoxrtg^èYvéttf^t^ , Préchant un jatir le^o'^ô «©llUi^èK^uc ', ' Voyait gli«et44iiricé* é|pitti«j«iiér • -

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