‹ Correspondance littéraireChapitre 15 sur 47 · LETTRE CLXXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXXIV

Jus hasard a mis sous mes j^nx dans le même moment deux brochures nouvelles d'un style fort différent, et qui peuvent servira faire connaître la distance du véritable esprit àPespri t faux et apprêté . La première de ces brochures est une Lettre à l^ ahbé Kafs/nal 3 sur les erreurs oùil est tombé en pariant de la révolution de l'Amérique- Anglaise , dans la dernière édition de son Histoire philosophique des deux Indes. Cette lettre est de M. Payne, écrivain anglais , connu sur - tout par un petit ouvrage politique qui a ïkilf grand bruit en Angleterre et en Europe , intitulé the cornmon sensfe ^ le sens commun. Il est membre de l'université de Pensylv^niè, résidant en Amérique depuis long- temps, pt à portée , autant que qui que se soit, de rectifier les méprises de faits et les fatisses spéculations qu'a pu faire un étranger, qui ne peut gqères être aussi bien instruit dans réloîgmmient ou il écrivait. L'ouvrage de M. Payne, que je n'ai lu encore que (lans la traduction française qu'on en a publiée à Paris^ est très^inté.

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re^sant par le fond et par le style , propre h* jeter un grand jour sur les principaux événemens de la guerre d' Amérique , et à faire connaître les ressorts de cette grande révolution , et le caractère des peuples aujour* d'hui reconnus indépendans. La diction de M. Payneest propre à son sujet , simple et animée , mâle et énergique ; ses vues sont justes et $es principes sûrs "*".

.. Cette maiiîèrega^est pas celle de M. Cérutti, autrefois jésuite » et qui a conservée le ton d'un rhéteur de collège. Il fit, il y a vingt aa6V une jipologie deç Jésuites^ qui n'était qu'une déclamation scholastique. Il ne paraît pas que depuis ce temps son goût se sôit beau- €Qup formé , si Ton en juge par V Aigle et le Hibou > espèce d'apologue en vers , si l'on ^WX donner ce nom à des lignes rimëes^ d'une tournure continuellement prosaïque,

'. .,* Cet écrivajfi qi|é la révolutiozi d* Amérique avait illustré ) a perdu toute sa réputation daus la révolution française ^ et n^est plus estimé ni en Franc^, ni en Angleterre 9 ui içiéme en Amérique. C'est qu'il n'était pas à beaucoup près de là force qu'on lui suppose ici : ^l n'avaH que ce qûll faut pour marquer dans l'esprit ']général. I) a raisonné parmi les sages ^ et déraisonné • pàcai left'£fta»«. . : ... ^

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et rëguiiàrement coupées en hémisticfaesunî^ iwines et symétriqnes ^ d'où résulté la pins insuppor table monotonie. La fable n'<îst pas mieuV inrentée qfti'elle ti*est décrite. C'est uû aigle icfui veut-apprepdre à régner*, et qui pajceurt : tona$ \eê climats peut éttulier les gonvernemens*' On né voit pas trop ce qne la politique de: l'Suropé ''pettt apprendre à îin aigle , et quand on écablk «ne allégorie , ilfacut observer les >irappo|'ts ^t'Ies conre'^ Mmces* JJe<llibaa désigne les énilreBiîs de là philosophie et des lumières /ië fcÀiatisme et l'ignorance que Taigte ^ bannit loin de litî! La leçon et. Fiatention petiv^nt êtr^ fort bonnea^ mais to«it^ cotte* de&cription des différentes monarchies ou républîrjties qtx\ oûuvtent le globe, est un liieiVcomn^un itsé, qx^nè pèut|iicis èttie,peilfiiiS'l[]u'autant qu'on saura l'attacher à un plan , et en tiret des idées nouvelles et de grands résultats.

On né voit, au contraire, dans M. Cérutti qu'un autsifr qiui fàifdes phrases et aligne des mots sur des objets qui ont été traités cénf fois et cent fois mieux '^«. Dans cette fastidieus»

9a coa&£8POKDAireE

uniformité de tournures et d'expressions com^munes^ on rencontre de temps en temps des termes impropres où recherchés ^ autre défa^t d'écolier qui se retrouve aussi dans les notes ^ qupiqu'en général elles vaillent mieux que les vers. Il y en a quelques-unes où il y a de l'esprit ; mais c'est toujours un esprit appris. L'auteur n'a point d'idées; il cherche à orner celles que sa mémoire lui rappelle. Il compose comme un jeune rhétoricienj etrantithèseestsur-toutsa figure favorite. Ce serait ici l'occasion de rappeler ce mot qui est d'un grand sens : L'auteur qui veut, toujours avoir d» l'esprit , ne réussit qu'à le montrer , ce qui est bieripeu de chose.

, Voici une chanson de M. le comte de Ségur , qui m'a paru avoir de la grâce et de la délicatesse.

A» ; Dan^ un verger ColineUCp etc»

Four moi Tamour nV,pltt& d'i^b ^ Il a trop $11 m'eaflammer*

à lire f audgré la réputatioii qa*oa a voulu lui faite f et malgré riaoonparafale komiear d^aTok^ prêté «te QOUv^ui Blbm ila we où il est mofU

Je sefai toujours fidèle :

Qui pourrais* je encore aimer ^ .

Aprèl^ avoir connu celle

Que je ne veux pas nommer ?

Que Pamour la fendit belle Le jour qu'il vint Tanimer 1 Psyché qu'il fit immortelle y JN'eût jamais su l'enflammer .^ S'il eût alors connu celle Que je ne ^ etc.

Pour toucher cette cruelle y

Tout mon art fut de l'aimei'*

Présent , je ne vois rien qu'elle { \

Absent ^ tout vient m'en parler»

Tout vient me rappeler celU

Que je ne I etc^

Sa grâce est toujours nouvelle , Son esprit peut tout charmer»

Si Vénus est aussi belle y Vénus sait moins bien aimer.

Voilà le portrait de celle Que je ne ^ etc.

Sans égale et sans modèle Qu'elle doit vous alarmer ^ O vous qu'un amant fidèle Jure de toujours aimer !

Tremblez sUl voit jamais celle Que je ne | etc.

94 coJLieLsspovDiires

Maïs j'écoute trop mon zèée^ Je commence à m'alarmer»

Vous la dépeindre ù. belle j Si propre à tout enflammev , K'est-ce pas vous nommer celle Que je ne veint pas nommer ?

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