‹ Correspondance littéraireChapitre 2 sur 47 · LETTRE CLXXII · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXII

On à joué aux Italiens deut iiouyeautës qui n'ont pas fait fortune j Tùne est la Comtesse de Qîv'ry ; drame en deux^^tes^ ouvrage de la tieillesse de M. de Voltaire ^ qui fut i'ep régenté chez lui à Ferney ert 1767 , et qui n'y eut point de succès. Le zélé mal entendu de quelques-uns de ses amis Ta fait essayer sur le tht âtre italien , où il n'a pas ëté niieux reçu qu'à Ferney. C'est le sujet usé et ingrat de la Farce nu Naturel j trâité.par Destoùchés et par quelques autres auteurs.

C'est eri général une mauvaise fable que At. de Voltaire n'a pas njêmé pris soin d'embellir par les détalls^et qu'il ce mposa àla hâte^ comme pour un théâtre de, société.

L'autre pièce n'est pas tout-à-fait une nouirèaûté i puisqu'elle avait déjà été jouée il y à quelques années* C'est le Mort marié , 4. A

de Sedalne , qui était tombé avec la musique de Bianclîî , et qui n'a pas été plus heureux sans musique. Comme il est iryprimé depuis long-temps , il serait superflu d'en dire davantage d'une pièce qui n'a fait que paraître et disparaître.

. Un jeune homme nommé M. de Florian, .

allié à la famille de M. de Voltaire , a donné au même théâtre les deux Jumeaux deBersame ^ arlequinade beaucoup meilleure que ne l'ont été jusqu'ici ces sortes de pièces, et qui a beaucoup réussi. Il|it^ de l'esprit et de l'agrément dans le dialogàbj l'intrigue d'ailleurs est fondée sur des méprises semblables à celles des Ménechmes. L'auteur vient en même temps de remporter le prix de poésie à l'académie française. Il est attaché en qualité de gentilhomme à M. le duc de Penthièvre.

Il court ici une satyre contre l'abbé de Lille, intitulée le Chou et le Navet. Quoique ri<Jée de faire dialoguer un chou et un navet pour critiquer un poëme,. soit Soicée, et par, conséquent froide, ce qui manque à la fiction est à-peu-près compensé par le style, , qui est en général ingénieux et élégant.^Cette satyre très-piquaute a fait grand bruit dans Paris, dans c; monde qui aime beaucoup les

bons ver$, mais qui aiina encore davantage qu'on se moque un peu de ceux qui en font. Je vais la transcrire ici , en me permettant quelques o8ser valions.

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