LETTRE C C I I I
JLj'X séance publique du vingt -sîx février pour là' réception de M." de Chôîseul-Gouffier et Baîily-, U été brillante, soit par 'i'afiluence du éionde, soit par le succès de tout ce qu'on a lu. D'autres circonstances pouvaient encore la rendre piquante pour le public. C'était M. de Condorcet qui recevait M. Bailly dont il est Tennemi personnel , et dont il avait été le concurrent à Tavantdernière élection. Aussi n'a-t-on pas manqué de saisir avidement une espèce de persifflage fort poli, par lequel il fait entendre au récipiendaire qu'il ne regarde son hypothèse d'un peuple hyperboréen, fondateur des arts et des sciences, que comme un roman ingéaieax. Au reste, le discours de M. Bailly a eu beaucoup de succès à la lecture publique et dans le monde. On j a trouvé de l'esprit, de la grâce , et une manière fort adroite de faire valoir le mérite de M. de Tressan son prédécesseur. Je préfère pourtant le discours de M. de Choiseul - GouJGfier , qui avait ^ il
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esl vrai, un. su j«t plus, heureuse et. plua étendu, l'éloge de d'Alembert : il l'ft traité ; d*iin style noble et j^téi^a^Wt^ . ^».iio.
Les deux j^éponses.dei/M. .de Ccnidorf^,;
sont en général d'pn to6 convenable j tsisê^z on y i^itaatqne , comme. danA d'autres éerita.-. dp même auteur, beaucoup de j6écheresse> et des endroits d'une métaphysique abstraite , qu'il, n'est pas aisé d'entendre. La séance a > fini par; des fragmens d'un pbëme s«r Vlma^ ^nation qu'a lus l'abbé de Lille, et qui ont ^ été très-applau<^is, comme ^ils mévitaient de Têtre. Ils sont pleins 4^ yerve ^ . de moi»i- , remens lieureux , de: beàtix TieM \ cepen- .
dant. on y a trouvé beaucoup à desire^« Les portcaits de Virgile et du Tasse ne sont point d^ tont finis \ il loue beaucoup trop Milton et àair:- tout le D^nte^ qni ne devait pas se tr<pnvér à côté d'Homère ; ^nais le pdPtrait d'Homère et cc^ui d'Ovide^ et sui^*'tout celui de rArioste, ont para acberés. Malgré • toute ia rapidité et toute la séduction de sonr débit , les oreilles exercées ont senti de la né* gligence dans bien des endroits ; mais sans- ' doute il les retouchera.
. On^ a dcmné le deux mars , au profit des» pauvres ^ la première . représentation de ma*^
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tfagéàxèd&Carialàni Soi t que ccftte ciraoïi^ tance ait àispàéé'të f^ublid à IHridiHgetloe, soit que Larive qtiii n^k ^éot-ètr0 jdmids'd' bJèâ^jdUé , ait fak v^loit^ rduyrâgtf 9 il ^ été apt^Audi -d'tffi^ b&ttt à' l'atitz^e , mûb ^tnoiâfé apt^a^^ce de éotkttàAwtlon ,^ ce qui it'wrive guères quand l'anteiira dés ennemis toilnusi. et les miens ne s'en caciient pas: J'ai tnèinef été i^bligé dé paràStre a^ès la pqàce ami' le théâti^^ œcpie je n-arUi^îamais vonlur&ire depuis le CcwiVâde f^tgirçfiiikptAài^'le^'cio^ dims m^ontTefiiéaeDtéqiie ce jonMà'le pablio • étfdittrop'eniîircepdur qu^pir lui infusât t^^n i (Urreeetteettmcmtéeâdita mUle quaitrepceut^v liTreb).qtt'on^me decnapdaRrde|Wiis^nge«dtdi!i* heute^etqu*onae leslai&6er£|it pas commèsider la- petite pÂèœ* J'ai^ cédé à llelirs iîiât;aiices , quoique j;^Me i:bu)Qul» p€^mé,xbblffé yexemfàa (le M> ftuf^id et de f)lim6nfr$rde niesl ooûfrèreïji qu'il rn'étaîtpa^'Cûtfv^abie^.qu^un' évtettr pa^rûDsM: le théâtre^,. si;Cen'està un prehnner ou^ragb , quand le plubtic semblé a^psiiersa jeunesse^ et? lui; desKuer pour îdnsi dire la robe vxjfilev
Quoique rien ne soi tpius oommuai depiit$ • qiielqttés années^: que de voîr.desî pièi5éâ| fPfl^béis le premier ÎQ^gereleTer j&fswt^
pendant qiïelques i^eprésentâtîoné , pour être bientôt oubliées à jamais , cependant notia venons de voir dans le /a/oz/or de M. Roclioh un exera]!)Ié de cette espèce de résurrection momentanée , dont les circonstances ont paru extraordinaires. Êa^ pîecè fut d^abord si mal reçue , qn*aii' trôîsîètne acte Mole fut obligé de démarideY au public s'il fallait continuel ou baisser la toile. Après un mofnent de silence , quelques amis de Tautèur crièrent', Goritinûez , et furent suivis : ta plièce n'alla gu ères mieux". L'auteur écrivit le lendemain danà le journal de Paris une lettre en forme de supplique , où: il priait le public dé vouloir bien Ten^ tendre encore une fois, avec les changement qu'il avait faits^et cette déniarché lui a réùsài atrprês du public qui aimé assez qu'on lui demandé grâceJ Le Jaloux ^ à la seconde représentation, soutenu par deux ceht'sbîllets d'auteur, a été fort applaudi, et le féù de Mole n'a pa;s peu contribué à inspirer Tindulgencé. IJepuis ce temps cette comédie a eu plusieurs représentations mé'dît)crement suivies ; mais enfin elle se soutient, et Tauteur a bien' fait, comn^e on' voit , de né pas perdt^ courage. Il est vrai que povr avoir
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de pareilles ressources^ il faut être d*ane médiocrité asse^ rassurante pour n'avoir ^as iin seul ennemi.
Le Jaloux est un sujet très - difficile à traiter : il est entre deux écueils : si la jalousie est fondée » elle ne paraît plus un travers , et Teffet comique est manqué ; si elle ne Test pas , elle paraît une sorte de folie, et passe le but* Aussi Molière qui a fait cinq ou six scènes de jalousie qui sont autant de chefs - d'œuvre , s'est bien gardé d'en faire le fond d'un ouvrage, et cela s'appelle voir en maître. ( Je ne parle pas du Prince jaloux^ qui tomba , et c^ui prouve encore oe que j'avance. ) Nous avons un Jaloux désabusé^ de Campistron , assez bien intrigué , mais un peu faible de comique et de style ; on le joue quelquefois. Celui de M. Rochon est un fort mauvais ouvrage j toute l'intrigue •st fondée sur le déguisement d'une femme habillée en homme , ressort usé et. trivial qu'il n'est plus permis d'employer. Point d'action , point d'intérêt , point de vérité , quelques détails agréables , beaucoup de mauvais goût.
M. Vatelet vient d'imprimer un recueil d'opuscules fort médiocres , plus fait& pour