A M. L'ABBÉ LABARRE
3o janvier 1874.
Merci, Monsieur l'abbé. Des lettres comme la vôtre relèveraient les courages les plus abattus. Le temps est mauvais; les vrais ennemis sont des sectaires^ et vous voyez juste.
A la veille d'un mauvais coup, on s'arrange pour que le chien n'aboie pas. Prussiens et catholiques libéraux sont d'accord contre l'Eglise» Mais inipiiis facit opus insiabile. Dieu jugera sa cause. Fussionsnous seuls^ tenons ferme. Les prisons des confesseurs et les sépulcres des martyrs sont des églises futures.
Celui qui souffre pour la justice, sent malgré tout qu'il porte la cause du genre humain et que les âmes justes sont avec lui. Dieu me donne pleinement cette joie.
Votre ami,
Louis Veuillot.