‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 120 sur 133 · A M. LE CURÉ DE BRELOUX K · texte numérisé non relu

A M. LE CURÉ DE BRELOUX K

17 février 1874.

Monsieur le curé, Mille remerciements pour vous et pour vos bons et vénérables confrères. Vous vous dites petits; vous êtes bien grands à mes yeux. C'est vous qui êtes vraiment venus pour servir, pour être pauvres, pour être tout à tous. Dans cette circonstance comme dans les autres, ce sont les curés de campagne qui m'ont montré le plus cette svmpathie que l'on sent venir du cœur. Si je me glorifie d'une chose, c'est de votre

I Diocèse de Poitiers.

allacliement. Je me flatte d'avoir quelques traits mal dessinés^ mais profondément gravés^ du curé de campagne: je tâche d'imiter sa franchise rude au besoin, son amour désintéressé de rEghse, son dédain de la gloû^e humaine^ sa générosité envers Dieu et envers les hommes. Malgré mon infirmité, je voudrais me diriger vers ce sommet. Ce sont les curés de campagne qui ont vraiment fondé V Univers, Jadis et longtemps ])eaucoup d'entre eux lui ontpartagé leur pain. Aidezmoi par vos prières, et faites que je ne sois pas un trop mauvais serviteur de l'Église et de la France.

Je vous prie^ Monsieur le curé, d'exprimer mes sentiments à ceux qui se sont unis à vous pour m'encourager. Je baise humblement les mains fidèles qui distribuent Dieu aux petits du monde, et qui empêchent Que le fi^enre humain ne retombe dans la mort.

Louis Yeuillot.

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