A M. L'ABCÉ MORTS SE AU
i5 janvier i84».
Très cher ami^ je suis bien en retard avec vous. Pardonnez-moi : j'ai beaucoup travaillé, beaucoup couru tous ces jours-ci. V Univers avait besoin d'un coup de main, la Revue demandait des soins particuliers : il a fallu pourvoir à tout; et, comme ce sont là des œuvres de charité, j'ai pensé que vous me pardonneriez d'y avoir songé avant tout. Pourtant j'étais pressé de vous écrire, pour apporter quelque faible et petite distraction au chagrin que vous a causé la mort de votre digne archevêque \ Que ma lettre soit le vent frais et léger qui traverse une campagne aride au soleil de midi ! En Afrique, quelquefois, sous le poids du jour, un petit courant d'air qui venait un instant m'effleurer le visage, me faisait grand bien, et j'en remerciais Dieu de bon cœur.
Me voilà dans toutes sortes d'inquiétudes au sujet du futur archevêque de Tours, puisque quelque chose de votre existence va dépendre de lui. Mais le bon Dieu vous donnera un bon pasteur; et le bon pasteur, malgré sa tendresse pour les brebis égarées, ne néglige pas les brebis fidèles. L'emploi que vous rem- ])lissez est si important, demande tant de mesure, il est si précieux d'y avoir de Texpérience, qu'on ne