‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 30 sur 133 · AU T. R. P. DOM EUGÈNE GARDEREAU, PRIEUR DE SOLESMES · texte numérisé non relu

AU T. R. P. DOM EUGÈNE GARDEREAU, PRIEUR DE SOLESMES

Paris, 26 octobre i843.

Très cher Père^ je viens de faire un vilain métier. J'ai passé quinze grands jours à chercher un logement et à monter mon ménage, c'est à-dire à me fournir de torchons, cuillères à pot^ tahliers de cuisine, etc. Enfin^ c'est à peu près fini; nous sommes installés rue de Babylone, 21 ^ près delà rue Monsieur, et tout va bien jusqu'à présent. D'aujourd'hui je me remets à la besogne, avec les yeux que vous me connaissez, un peu améliorés depuis que je ne fais plus de remèdes. Je signale mon retour à la vie ordinaire en vous écrivant. Hélas ! très cher Père, que je suis loin de Solesmes et de vous, que j'étais heureux dans votre solitude, que j'y ai été bien traité! Quelques remords se mêlent à la douceur de ces souvenirs; il me semble que je ne vous ai pas assez remercié. Mais l'homme a beau faire, il est toujours moins éloquent que son cœur. Puissé-je un jour vous prouver ma reconnaissance, en allant de nouveau et pour longtemps taquiner le père Le Bannier.

Les affaires se remettent à chauffer (c'est le terme d'argot) extrêmement. Vous allez voir une lettre du bon évêque de Châlons* qui jettera de Thuile sur le feu allumé par Mgr le Cardinal de Donald, et un article des Débats que nous avons confié à la main

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