La supérieure et fondatrice de Sainte-Marie des Bois
2 . Cet « honnête homme » et fervent chre'tien était M. Polidoro, père du R. P. Polidoro de la compagnie de Jésus.
garde. Il y a même des gens qui le nomment le gendarme de Testomac, n'osant nommer autre chose. Il dissipe les rassemblements qu'y forment une mauvaise constitution ou des humeurs irritées. Eh bien, pourquoi ce bon Aubineau, qui est si bon, ne se chargerait-il pasd un petit panier de pruneaux, qui mettrait à son arrivée la joie dans Babylone? Voilà tout pour ce soir, il est neuf heures et demie; et le pauvre frère quittant péniblement sa couchette, s'en va, par un temps de chien, corriger ses épreuves à V Univers^ pour la plus grande gloire de Dieu*.
A Mgr PARISIS, ÉVÊQUE DE LANGRES.
3 2 dccembre i843.
Monseigneur,
Je viens enfin de lire votre brochure '. Il faut bénir Dieu de vous l'avoir inspirée. Rien d'aussi sage pour les amis, rien d'aussi séduisant et d'aussi clair pour les ennemis n'a encore été publié. J'attends, j'espère un succès immense de cette parole si calme, si libé raie, si conciliante même, quoique placée à l'extrême
1. \J Univers paraissait le matin et, par conséquent, se faisait le soir ou plutôt la nuit. La dernière ccp'ie et les épreuves des premiers articles étaient rarement envoyées à l'imprimerie avant minuit, souvent plus tard.
2. Liberté D'ENSEiGJVEMEJîiT. Examen de la question au point de vue constitutionnel et social. Mgr Parisis traita cette question en trois brochures.
limite des exigences catholiques. lime paraît ])ieii difficile que l'Université ose vous attaquer : je redoute plutôt son silence; mais ses injures vous seraient d'autant plus glorieuses. Monseigneur^ qu'elles manqueraient davantage de tout prétexte. Quant au gouvernement^ il devrait vous féliciter. Il ne le fera pas, c'est son malheur et sa condamnation, je le crains bien. Oh! que je fais de vœux pour que l'Episcopat entre dans la voie que vous lui tracez. Il me semble qu'après votre écrit, et le Posl-scriptum du vénérable évêqae de Chartres^, il n'y a plus d excuse pour le silence : une route est ouverte où il y a place pour tous les caractères, pour toutes les positions, sécurité pour toutes les timidités. Je suis heureux de lajoie de nos frères que va charmer et fortifier cette intervention si puissante et si inattendue. Vous avez trouvé des arguments tout nouveaux, tout saisissants. Celui de l'industrie et des enfants qu'on peut asphyxier dans les manufactures, tandis qu'un prêtre ne peut les recevoir à la prière^ à l'étude et aux doux travaux de leur àge^ s'empare de l'esprit et du cœur avec une force invincible. Il n'y a rien à répondre. L'absence forcée des doctrines catholiques dans l'université mise en possession du monopole, 1" impuissance radicale de ce monopole à devenir chrétien, sont démontrées de la façon la plus claire et la plus irréfragable. Plaise à Dieu qu'on vous attaque afin de vous fournir l'oc-
I. Mgr Clausel de Montais. Il prit une part des plus actives à la lutte contre l'Université', dont il attaquait surtout l'enseignement philosophique. Son gallicanisme très accentué ne rempêcha pas d'être toujours des amis de Louis Veuillot.
CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUirXOT. 217
casion de revenir sur ces vues excellentes et de le > développer.
Ne craignez point d'avoir été froid, Monseigneur, partout le cœur de l'évêque bat visiblement sous ces déductions de légiste. Si votre calme était un artifice d'auteur, il serait admirablement conduit, car le lecteur s'indigne et s'émeut pour vous^ ce qui vaut beaucoup mieux. Tout à l'heure, en lisant, je m'interrompais, et j'applaudissais malgré moi, quoique je fusse seul.
Je veux que tous les députés, tous les pairs de France reçoivent un exemplaire de votre brochure. Nous les leur ferons distribuer.
Me pardonnez-vous, Monseigneur, d'avoir tant tardé à vous écrire? J'ai de très mauvais yeux qui ne peuvent me servir que le jour, et le jour est bien court en cette saison. Ui-dessus, \ Univers prend beaucoup de temps, et je suis obligé, pour gagner mu vie et celle de mes sœurs, de faire quelques travaux en dehors du journal. Voilà mon excuse, je vous la donne tout naïvement pour que vous ne m'accusiez point de négligence envers vous. J'ose dire, Monseigneur, que j'ai pour Votre Grandeur tous les sentiments d'un fils. Je vous aime comme j'aime tant de saints évéques qui, après avoir défendu leur peuple sur la terre^ sont allés recevoir au ciel le prix de leurs combats; je me recommande à vos prières comme je me recommande aux leurs. Bénissez-moi donc, Monseigneur, de cette main qui s'est levée pour la cause de Dieu. Daignez vous souvenir de moi au saint sacrifice. Dieu m'a fait des grâces dont je suis
resté bien indigne; vous savez, comme directeur de« âmes^ que ce n'est point ici une façon de parler. Donnez-moi secours devant Dieu et que par vous j'obtienne la grâce d'une bonne vie, bien dévouée, bien abandonnée aux volontés célestes, bien indifTérenle aux choses d'ici-bas, une vie enfin qui me mérite la douceur et le bienfait d'une bonne mort.
Vous recevrez ma lettre avant de célébrer la messe de Noël. J'insiste pour que vous suppliiez le divin enfant couché dans la crèche de Bethléem de m'accorder surtout l'amour de la pauvreté.
Je suis, Monseigneur, voire très humble et très tendrement dévoué serviteur.
Louis Ycuillot.
A M. L'ABBÉ H. DELOR
Paris, i" janvier 1844»
Monsieur l'Abbé,
Je sais combien vous avez de bienveillance pour moi, je sais aussi combien j'y ai mal répondu. Il faut pardonner un peu de négligence involontaire au peu de temps qui me reste pour remplir toutes les obligations dont je suis chargé. J'ai, en outre, les yeux si malades que je ne puis écrire le soir et je serais forcé de me taire sur votre dernière lettre
comme sur la précédente, si je n'étais convaincu que vous me pardonnerez d'employer pour vous écrire la main d'une de mes sœurs.
J'ai été bien étonné d'apprendre qu'on lisait VHonncte Femme Ixàes rhétoriciens ; je n'avais point destiné cette bagatelle à un semblable public et je ne crois pas^ malgré le goût que vous avez pour mon style^ qu'il puisse jamais vous servir de modèle. Vous êtes meilleur juge que moi de l'efifet moral d'une pareille lecture; néanmoins, je sens qu'elle ne peut renfermer aucun danger s'il est vrai que vos jeunes gens aient le malheur de lire les romans à succès de ce tempsci. Quelles angoisses pour le cœur d'un prêtre et combien je vous plains des nécessités où l'état des mœurs réduit votre zèle ! Mais vous avez raison : il ne faut pas se borner à gémir; il faut lutter, se servir contre les vieux dangers des vieilles armes, forger des armes nouvelles afin de pourvoir à des dangers nouveaux.
C'est pourquoi des leçons de philosophie positives et pratiques, contenant un aperçu des réalités de la vie, me paraîtraient excellentes, pourvu, cela va sans dire, qu'elles fussent données avec toute prudenc? et mesure. Il faudrait tout particulièrement lairc^ sentira ces jeunes et ardentes têtes la beauté, la grandeur, la magnificence du rôle que le chrétien est appelé à remplir dans les plus vulgaires comme dans les plus grandes situations de l'existence humaine. Il faudrait leur inspirer ce fier sentiment que j'appellerais presque l'orgueil de croire en Dieu, d'être un enfant de l'Eglise, d'avoir sucé le lait austère dej
220 corresponda:nce de louis veuillot.
vertus. Cela n'empêcherait pas, je crois^ d'être humble et, en tous cas, j'aimerais mieux la vanité que la honte d'être chrétien. Je vois moins d'inconvénients à ce que le jeune homme soit un fier-à-bras catholique, que je ne vois de presque impossibilité à ce qu'il reste pieux^ lorsque toute sa piété se termine à baisser les yeux en récitant, chaque jour, un nombre donné de patenôtres. Quelques ouvrages comme V HonncLe Femme pourraient n'être pas inutiles au dessein que j'indique, mais il y faudrait plus de soin et détalent que je n'en pus mettre à celui-ci, commencé sans savoir de quelle façon il finirait^ repris, par force, après une interruption de près d'une année^ continué au milieu de mille préoccupations diverses et fini pour être livré à jour fixe comme un objet d'étrennes. J'admire les préventions amicales qui vous font supporter cela; tout le monde n'en juge pas comme vous.
J'apprends avec peine que vous avez quitté X Univers. Jamais ce journal n'a été plus entièrement, plus proibndément qu'aujourd'hui dans la ligne oii doivent désirer le voir les catholiques, comme nous, qui ont effacé devant les intérêts de l'Eglise tous les intérêts politiques quels qu'ils soient. J'ai travaillé plus de trois ans pour l'amener là, j'y suis parvenu, et je suis rédacteur en chef, j'ai tout pouvoir sur la rédaction et je vous garantis que personne ne se sert et ne se servira de moi, mais que tout le monde au contraire, du moins dans ce journal, sert l'Eglise comme je l'entends et ne sert point autre chose. ULnion est représentée dans V Univers par trois de
ses rédacteurs; l'un des trois ne s'occupe que des affaires étrangères, les deux autres marchent parfaitement avec moi. Revenez donc, monsieur l'Abbé, à V Unwers^ si aucune autre raison ne vous en éloigne. Soutenez ce journal comme une des bonnes œuvres les plus essentielles que la charité catholique ait à faire prospérer aujourd'hui. Je ne comprends pas ce qui peut vous porter à croire que nous sommes hostiles à Mgr l'Evêque de Tulle. J'ai eu Thonneur de voir et d'entendre à Paris M"r Bertaud : je l'admire comme orateur, je sais combien sa science est étendue et je me souviens encore de l'admirable lettre pastorale qu'il écrivit lorsqu'il prit possession de son siège. Depuis lors, il me semble que personne n'a plus entendu parler de lui et je ne vois pas, encore une fois, comment nous aurions pu lui témoigner de la mauvaise volonté. S'il s'agit de quelque récit de tournée épiscopale qui nous aurait été adressé de Tulle ou du diocèse, comme il nous en arrive souvent de beaucoup d'autres lieux, il se peut que nous l'ayons mis de côté. Ce n'est point malveillance, mais volonté prise de rectifier un abus qu'on nous a si justement reproché. Autrefois un évêqne ne pouvait sortir, éternuer ou tousser, que \ Univers aussitôt n'en informât le monde. Cela était ridicule alors et le serait davantage aujourd'hui. La gravité des circonstances exige que nous réservions la trompette pour des actions un peu plus notoires que toutes les actions ordinaires du ministère épiscopal. Cette attitude convient surtout à l'égard d'un évêque aussi éminent que l'est Mgr Bertaud, et de
qui les fidèles de France ont attendu plus que de beaucoup d'autres. Voilà, monsieur l'Abbé, une réponse qui vous ôtera tout scrupule sur la longueur de votre lettre ; vous me pardonnerez comme je vous ai pardonné. Veuillez croire à mes sentiments respectueux et dévoués.
Louis Veuillot.
Je réclame votre indulgence pour mon secrétaire qui s'est endormi deux ou trois fois en écrivant et que je sais être, en toute circonstance, très avare de virgules. Je n'ai point le temps de relire, vous devinerez.
A Mgr PARISIS, ÉVÈQUE DE LANGRES.
i8 janvier i844»
Mo?; SEIGNEUR,
Je vois que l'esprit saint se mêle aussi de dicter des articles de journaux, et qu'il en attrape parfaitement la manière. Le vôtre a eu un très grand succès parmi nos amis; seulement, ils ne savaient à quel rédacteur en faire honneur, tant V Univers les a peu habitués à ce style ferme et plein. Par grâce, Monseigneur, quand il vous viendra une de ces bonnes inspirations, ne la repoussez point; c'est un bon
-coup pour la cause et un grand acte de ehai ilëpour nous* .
Je désire ardemment que votre seconde brochure ne tarde point à paraître. Mais peut-être la discussion actuelle vous fournira-t-elle Toccasion d'y ajouter un utile posl-scriptum, La séance d'hier^ sur laquelle j'appelle spécialement votre attention, a manifesté l'esprit de la Chambre. Cet esprit nous est hostile. M. Villemain a parlé au milieu d'une approbation générale. MM. Chambolle et Corne ont paru des aigles. Je désire que Votre Grandeur puisse lire cette séance dans le Moniteur, Elle y verra, surtout^ que la question n'est pas connue et que le gouvernement espère intimider les évêques Ml faut tenir bon, ne point nous départir de ce que nous avons demandé, et par une agitation constante forcer tous ces aveugles de s'informer et de voir clair, et tous les catholiques lièdes de prendre enfin parti. Si nous nous taisons, c'en est fait. INous ne serons même pas persécutés : nous serons avilis. Je pense qu'il vaut mieux aller en prison, et qu'il vaudrait mieux mourir. Par nos souffrances. Dieu sera glorifié : c'est sans doute assez le servir.
Daignez, Monseigneur, ne point m'oublier dans vos prières, et me croire toujours
Votre très humble et très tendrement dévoué serviteur et fils en Notre-Seigneur Jésus- Christ.
Louis Veuillot.
1. Cet article avait paru dans VUnivcrs du 14 janvier. 11 portait sur la question de renseignement et reprochait vivement aux journaux universitaires leur mauvaise foi.
2. Il s'agissait d'un débat sur l'enseignement ; il avait été soulevé par M. de Tocqueville, à propcs de l'adresse au roi.
22k CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOT.
A Mgr PARISIS, ÉVÊQUE DE LA^XRES,
2 5 janvier i844«
Très cher et vénéré Seigineur^
J'ai su le chagrin que vous avait fait éprouver la perte de madame votre mère, et vous voulez bien que je vous dise combien je m'y suis associé. Mais elle est bien morte, et Notre-Seigneur a reçu avec joie la mère d'un tel fils; aussi, en priant et en gémissant, il nous est facile de glorifier Dieu. Qu'il nous fasse la grâce de laisser les mêmes consolations à ceux que nous aurons aimés.
Vous recevrez, en même temps que cette lettre, l'exécrable discours de M. Villemain. La Chambre l'a écouté avec une grande faveur et il la débité avec un rare talent*. Le pauvre M. de C *** a fait de son mieux. MaisDieune lui a donné que la bonne volonté. H a libéralement départi ses dons à celui qui se fait l'ennemi de son Eglise. Sur le premier momen!, lorsqu'on assiste au combat, cet avantage est dur pour un pauvre chrétien; il souhaiterait que le partage eut été tout autre, mais bientôt on se rassure, et la force apparente de l'athlète antichrétien n'est qu'un signe du mépris céleste et qu'une plus grande preuve
I. Discussion de l'Adresse à la Ciiambre des De'putes. Paragraphe sur la liberté de l'enseignement.
Peut-être convient-il de rappeler que sous le régime parlementaire la session des chambres s'ouvrait par une adresse au roi, à propos de laquelle on discutait au long toutes les questions du jour et du temps.
de la force de Dieu. Nous triompherons donc encore une fois, quoique nous ne soyons rien et parce que nous ne sommes rien. Quand triompherons-nous? Quand l'opiniâtreté de notre foi aura accumulé assez de forces invisibles pour arracher la montagne. Mais que fais-je ici, très cher et bien aimé Seigneur? Estce que je vous prêche ? Non^ je vous ouvre mon cœur afin que vous remerciiez Dieu de ce qu'il ne permet pas que ses faibles soldats se sentent ébranlés. Que d'actions de grâces il faut rendre à ce bon maître^ lorsque, vaincus et terrassés aux yeux du monde, nous sentons que notre âme est debout et peut tout en Celui qui la fortifie !
J'avais oublié, au milieu de tous mes tracas^, que Votre Grandeur m'avait demandé le Moniteur, J'ai pensé que vous en aviez seulement besoin pour les discussions et que nous pourrions vous envoyer les numéros qui les renferment sans faire les frais d'un abonnement. Cela sufTit-il?
Daignez, Monseigneur^ vous souvenir quelquefois devant Dieu, de votre très humble^ très obéissant et très tendrement dévoué serviteur.
Louis Veuillot.
J'ose vous prier de vouloir bien faire mes compliments à M. l'abbé Vouriot. Mes sœurs se joignent à moi pour vous demander votre bénédiction.
A Mgr PARISIS, ÉVÈQUE DE LANGRES.
TO mars 1844*
Très cher et vénéré Seigneur,
Que Dieu vous comble de ses bénédictions pour l'admirable courage avec lequel vous servez sa cause. J'ai lu hier votre troisième brochure et je n'ai éprouvé de pareils sentiments de joie qu'en assistant dans l'histoire de l'Eglise aux grandes luttes de ces vrais évêques qui ne craignaient rien lorsqu'ils voyaient la foi en péril ; bravant alors et la colère des puissants et l'ingrate fureur d'un peuple stupide. Oui, Monseigneur^ votre main a dû trembler quand vous avez écrit certaines paroles ; je connais cette émotion^ mais je sais, quand la main tremble ainsi^ ce que Dieu verse de résolution et de sainte paix dans le cœur.
Un de mes bons amis, M. de Dumast, me dit que vous songez à réunir en un seul petit volume à bon marché vos trois brochures. C'est une excellente idée, qu'il faudra réaliser au plus tôt. Je voudrais que vous y ajoutassiez votre mandement qui nous enseigne si bien à nous revêtir de la force des armes spirituelles. Vos brochures nous apprennent à combattre^ votre mandement nous apprend à ne rien craindre. Après vous avoir lu, le soldat catholique se trouvera équipé au complet.
Nous tirerons^ je l'espère^ grand profit du procès
et de la condamnation de l'abbé Combalot ; si nous avions eu cinquante mille francs à payei% on nous les aurait fournis en deux jours. Le compte rendu des débats est une excellente pièce à répandre ; vingt mille exemplaires en seront distribués en quelques jours. M. Henri de Riancey a été fort bien; tout le monde^ à commencer par le procureur général^ l'a félicité. Cest quelque chose, au commencement des persécutions judiciaires où nous allons entrer, d'avoir un bon avocat. Riancey n'a que 28 ans ; il est pieux comme un ange, laborieux^ dévoué^ très déterminé à donner à la cause toute sa vie : il acquerra promptement ce qui lui manque encore.
Le mémoire des évéques de la province de Paris a produit une vive, profonde et heureuse sensation. Je ne me repens pas du tout d'avoir pris sur moi de le publier sans consulter Monseigneur, et j'espère que Monseigneur me le pardonnera ^ Je voudrais bien avoir maintenant celui de la province de Rheims. Voilà ce qu'il faut pour forcer le public à étudier la question. Il est positif que le Roi garde ces mémoires sans les communiquer à ses ministres. M. Villemain et M. iNIarlin du Nord^ ont eu connaissance de celui de Paris par V Univers.
Voilà, Monseigneur, les nouvelles d'aujourd'hui.
1. C'était un mémoire au roi contre l'enseignement et le monopole de l'Université. Mgr Affre, inquiet d'abord de cette publication, trouva très bon ensuite qu'on se fut permis de la faire. Un blame officie) fut infligé à rArchevêque par une lettre du garde des sceaux imprimée dans le Moniteur. Cette lettre déclarait que le Mémoire blessait gravement les convenances et méconnaissait la loi du i8 germinal an X.