Mon frère et moi
tendres amitiés. Rappelez-nous tous au bon souvenir des dames de Lavalelte.
Bien à vous en Notre-Seigneur^ très cher ami.
A M. L'ABCÉ MOllISSEAU.
19, avril 1844»
Mon bon abbé,
Je devine très bien vos inquiétudes, et je voudrais vous écrire tous les jours; mais bien loin de diminuer mes occupations s'accroissent ^ Enfin, je viens pourtant de terminer YHonnète femme^ qui depuis longtemps ennuyait les lecteurs du Correspondant^ et m*ennuyait moi-même encore plus ; j'ai aussi mis en ordre un pauvre petit recueil de nouvelles déjà imprimées, mais qu'il fallait nettoyer^ Jusqu'à présent M. de Riancey, mon avocat, s'est mêlé seul de mon affaire, et il y a mis un zèle pour lequel je le recommande aux A^e Maria de l'Église de Tours.
Combien j'ai été touché, bon ami, de l'offre que vous m'avez faite ! Grâce au bon Dieu, mon fidèle caissier, je n'ai point besoin d'argent, mais je tiens pour reçu celui que vous vouliez me donner. liaissez
I. Les inquiétudes de l'abbé Morisseau provenaient du procès intenté à Louis Veuillot et au gérant de V Univers ^ M. Barrier, pour une introduction an compte-rendu du procès de l'abbé Combalot. Cette introduction avait été revue avant d'être publiée par un conseiller Ix la cour de cassation, M. Rives, qui l'avait déclarée irréprochable légalement.
a. Les Nattes^
CORRESPONDANCE DE LOUIS VEUILLOr. 231
le oii il est et n'ayez point d'inquiétude. Si jamais quelque chose me manque, je sais que mon devoir est de m'adresser à vous. Quand je serai condamné, vous contribuerez pour votre part de pauvre; sans loucher à la réserve, vous donnerez ce qui se trouvera dans votre bourse, rien de plus.
Dites au cher Aubineau qu'il est trop bon de m'offrir sa tète et celles des autres signataires. Hélas ! le procureur général n'en voudrait point. Néanmoins, je la tiens pour reçue, et le bon Dieu aussi. Qu'elle reste sur ses robustes épaules comme vos mille francs à l'épargne, et qu'elle produise de bons intérêts. Quand nous enverra-l-il son Eustelle ? Il y va de son honneur.
Adieu, bon abbé; j'ai pris l'air, je retourne aux carrières. Mes très humbles respects à Mme et à Mlle de Lavalette, avec une bonne pensée d'affection fraternelle pour celle-ci. Que vous êtes bon de prier pour moi !
Continuez, continuez, veuillez dire à Mme deLignae que je compte sur son secours ; que Mlle Henriette ne me laisse pas oublier de Mme C***.
Bien à vous en INotre-Seigneur.
Mon frère et mes sœurs vous font leurs tendres amitiés. Toutes les santés sont bonnes, même la mienne.
Priez Aubineau d'envoyer au plus vite ce qu'il a recueilli pour l'abbé Combalot.