‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 46 sur 133 · L. Velillot · texte numérisé non relu

L. Velillot

Jl mesdemoiselles AGNÈS ET LUCE VEUFLLOT

Bordeaux, 24 février 1871.

Mignonnes^ notre établissement de Bordeaux ne va pas tout seul^ Le journal est logé, mais nous ne le sommes pas. Je cherche un lo.^ement; cela dit^ je n'ai pas besoin de vous décrire ma figure! D'ailleurs j'ai un peu l'envie de ne pas trouver^ car, viendrezvous? Eugène viendra-t-il? resterons-nous? Nous sommes donc tantôt sur un pied, tantôt sur l'autre, couchant à la cure de Saint-Louis % dînant chez la bonne Mme Compans, véritables oiseaux sur la branche^ et, ce qui est pire, oiseaux enrhumés. Mais en même temps quelle belle étude nous faisons de la charité chétienne et sacerdotale. On est pour nous ici, comme pour vous là-bas.

Plus nous avons d'ennuis et de mésaventures^ plus le bon Dieu nous fait admirer sa bonté. J'ai toujours dit que les seuls heureux, les seuls vrais riches de ce monde sont les fils de Sainte Mère l'Église. J'ai tous les jours quelque nouveau sujet de le dire plus haut.

Vous le dites aussi et j'en ai l'âme joyeuse. Vos lettres me charment. Je vois que vous discernez le bien et le beau et que vous vous portez amoureuse-

1. U Univers pendant la guerre a paru à la fois à Paris et à Nantes, })uis à Bordeaux. Mon frère partit pour Bordeaux dès que Paris tut ouvert.

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