‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 47 sur 133 · Chez M. l'abbé Donis · texte numérisé non relu

Chez M. l'abbé Donis

ment vers cette splendeur, en général si affreusement méconnue. L'épreuve du siège de Paris a été pour nous bien dure; elle a été l'absence, l'attente remise, prolongée, sans terme connu, mais elle a été aussi l'espérance soutenue et certaine, l'accroissement de la lumière et de l'amour. Dieu a fait tomber dans nos cœurs une manne de joie qui les assistait merveilleusement. Nous avons toujours vu les Anges autour de nous et ils nous font sentir réciproquement le battement de nos cœurs. Que nous sommes heureux de vivre dans ces miracles ignorés des gentils !

Écrivez toujours, fillettes. Quoique nous puissions supporter le silence quand Dieu l'exige, ce courant de baisers fait du bien. Nous formons mille projets pour le temps de la réunion. Courir au Mans, remercier enfin de tout notre cœur les Mères et le Père, revenir ici, recomposer le ménage, revoir le pays, se reraconler tout comme si l'on ne savait rien de rien, reprendre le grabuge \.. Oh! comme le cœur bat rien que d'y penser !... On nous appelle ici et là. Le Médoc nous attend le verre à la main. Déjà on veut remettre la nappe à Soulac, et le l)on curé de PauillacMemande qu'on aille choisir des chambres; mais le beau moment sera Fenlrée au pays manceaii. Je savoure déjà le rire charmant de l'abbé Boulangé', je baise la main paternelle de Moiiseigneur^

1. Jeu de patience que mon frère aimait à jouer le soir poui rej)oser ses yeux qui ne lui permettaient ni d'écrire, ni de lire à la lumière.

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