‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 59 sur 133 · A M. L'ABBÉ DAVID · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ DAVID

a décembre iSSî.

Mon cher abbé, je vous remercie de votre pieux et compatissant souvenir^ et je vous prie de vouloir bien exprimer ma reconnaissance à Mme la baronne de Mosfart.

La perte que je fais est incomparable. La joie et le repos de ma vie s'en vont en même temps, et je reste chargé de cinq pauvres petites filles, dont la plus âgée n*a pas encore accompli sa septième année. Que vont devenir ces enfants, privées d'une telle mère? Je sais que Dieu les assistera, mais je ne puis m'empécher de trembler. Cependant je ne suis pas sans secours. J'ai une sœur pleine de courage et

de vertu^ qui se jette dans ma pauvreté et dans mes soucis pour remplacer celle que Dieu vient de rappeler avant le temps. J'ai le cœur et la tendresse de mon frère. Priez Dieu pour nous tous. En mourant, ma femme m'a dit : Dieu le veut! Il faut baisser la tête et dire : Dieu Ta a^ouIu.

Je vous embrasse en N.-S.

Louis Veltllot.

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