I. Le gérant de V Univers
moyen de me faire solder mon mois^ attendu qu^il n'y avait pas d'argent non plus à la caisse de ïaconet. — Pour donner quelque chose aux Suisses, j'ai été obligé de rattraper un vieux pantalon et un vieil habit qui penchaient déjà vers la conférence de Saint- Vincent de Paul, et queje porterai tout l'hiver, sans autre consolation que d'appeler le « Sunderbund* » cette alliance in extremis contractée avec des vêtements plus poétiques, je veux dire, plus râpés que les vôtres. — Allez! vous êtes bien heureux que j'aie un service à vous demander, sans quoi vous n'entendriez plus parler de moi.
Sur ce, je vous pardonne et je vous remercie. Faites de même.
Louis Yeuillot.
T. Le groupe des cantons catholiques alliés pour la défense de leurs droits contre les cantons révolutionnaires s'appelait leSundevbioid,
Les deux lettres suivantes, adressées, l'une au correspondant de tVni^'ers à Rome, l'autre à M. le comte de Coux, alors rédacteur en chef du journal, ont été publiées en 1860.
A la date de ces lettres (octobre et novembre 1847), des dissentiments existaient dans la rédaction de l'Univers^ longtemps si compacte : les uns, croyant à la bonne foi des libéraux italiens, voulaient pousser le Pape dans la voie des réformes ; les autres entendaient se borner à le suivre. Louis Veuillot, par suite de raisons et de combinaisons que je raconterai ailleurs, n'était alors que rédacteur en chef adjoint. Le premier rédacteur en chef, le comte de Coux, ancien disciple de Lamennais, condamné dans l'affaire de Vérole libre avec Lacordaire et Montalembert, était grand partisan des réformes ; et notre correspondant à Rome, choisi par lui, l'était comme lui : de là, des attaques contre les rétrogrades^ que Louis Veuillot regrettait et blâmait.