A M. JULES BAUX
Paris, i8 novembre i856.
Cher monsieur,
Quoique votre aimable lettre date de près d'un mois, voici le premier moment que je trouve pour y répondre. Il me lardait cependant de vous dire avec quel plaisir je l'ai reçue ; mais je suis effroyablement occupé, les journées sont courtes, et j'ai de mauvais yeux, qui se refusent au travail du soir. Je ne voulais pas employer une main étrangère pour renouer avec vous.
Je ne vous avais pas du tout oublié. Je vois encore votre chambre de la rue des Saints-Pères; mais j'étais loin de soupçonner que le Jules Baux, archiviste, dont je lisais le charmant ouvrage sur l'église de Brou, était mon bienveillant ami de i83o. Je vous croyais avocat, et, dans mon esprit, je vous nommais Baud. Vous auriez bien dû me rappeler plus tôt ce souvenir. Le compte rendu de votre livre, que j'avais recommandé en son temps à mon collaborateur chargé de faire passer les Variétés, aurait moins attendu.