A M. JULES JANIN
Paris, 3o août 1871.
Monsieur,
Permettez-moi de vous offrir un livre fait vite et mal imprimé, qui est un peu contre le Journal des Débats et contre vous. Vous verrez, je l'espère, que ce ce Droit du seigneur » est une chimère, et vous conviendrez qu'il est ennuyeux de rencontrer des hommes de votre mérite chargés de ce vilain fagot. C'est ma réponse à un article que vous avez publié récemment, et je suis heureux de vous l'adresser sous cette forme pacifique, sans avoir à vous mêler dans ce tas de robins qui ont entassé là-dessus leur mauvais latin et leur mauvais français.
Nous sommes en un temps où certains hommes doivent, bon gré mal gré, faire partie du même corps de garde, et il leur est bon d'esquiver les heurts entre eux autant qu'ils le peuvent \
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble serviteur,
Louis Veuillot.
1. Mon frère et Jules Janin ne restèrent pas toujours sur le pied de guerre de 1842; ils échangèrent deux ou trois billets. Celui-ci a été communiqué à V Univers par un ancien secrétaire de Jules Janin, M. Cheruel.
2. Jules Janin fut si flallé de ce billet, qu'il le fit relier en léte du volume.
CORRESPONDA^'CE DE LOUIS VEUILLOT. klb