A M. LÉON QUID'BEUF
Paris, 24 septembre 1871.,
Mon cher Moksieur, Je viens d'écrire à jNIgr l'évéque du Mans, à IM. de
Vanssay et à M. Gallienne, pour appuyer votre caiididature^ Soyez tranquille, je l'ai fait fortement mais discrètement. Maintenant laissons l'affaire au bon Dieu. Nous nous sommes aidés : il aidera, si c'est bon.
Je voudrais savoir pourquoi vous m'appelez si long « Monsieur le Rédacteur en chef» . Si c'est à cause de la grandeur de cette dignité^ alors pourquoi ne me donnez-vous pas tout de suite de l'Excellence ? Devrai-je vous le rendre^ quand vous serez aussi monsieur le rédacteur en chef? Laissez ce formalisme. Il est bon d'être poli^ mais il faut éviter l'emphase de la politesse, et tout ce qui sent l'obséquiosité. Cela esta fuir, comme la familiarité incongrue. Je ne suis pas d'ailleurs votre rédacteur en chef, et cette qualité ne me suit nullement dans la vie privée. Vous me devez le Monsieur^ ni plus ni moins.
Élevez-vous au-dessus des alarmes de Mme Quid'beuf, et faites-lui voir sur la carte que le Mans est sa patrie, tout comme le Neubourg. Ajoutez que le pays chrétien est celui où Dieu nous donne une besogne plus utile et où nous gagnons mieux le pain de nos enfants.
Votre bien dévoué,
f . A la lédactioii en chef du Journal du ^Jans,
CO^lRESPO^'DA^XE de louis VEUILLOT. 421