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Correspondance

Par un excès de bienveillance dont je tire un grand honneur, M. Eugène Veuillot, dans la préface du premier volume des Lettres de Louis Veuillot à sa sœur, a voulu marquer la faible part qui me revient dans la préparation matérielle du livre. Il exige aujourd'hui qu'en tête de ce second volume, j'indique personnellement de qui sont les notes qui accompagnent le texte. Je m'y résigne, par un sentiment que comprendra le lecteur. En effet, si l'humilité de Louis Veuillot le portait, de son vivant, à empêcher ses collaborateurs de faire son éloge dans V Univers, une sorte de révérence fraternelle semble interdire aux siens de rien ajouter à la louange qui sort naturellement de ses œuvres. Cependant il était nécessaire, lorsque le texte réclamait quelque

vi AVANT-PROPOS

éclaircissement pour ce qui regarde les personnes et les faits, d'apprécier en deux mots le caractère de ces personnes et la portée de ces faits. Le public doit donc savoir que ces appréciations, où je ne me suis pas tenu de parler du fondateur de l'Univers avec l'admiration qui lui est due, m'appartiennent en propre. On jugera si, bien loin d'aller au delà, je ne suis pas constamment demeuré en deçà de ce que demandait la plus stricte impartialité.

Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'on retrouvera dans ce second volume tout l'attrait du premier. Résumant par avance l'expression des sentiments dont ces Lettres à sa sœur offrent au public l'émouvant témoignage, Louis Veuillot écrivait dans Cà et là ' :

(( J'esquisserai ici ton noble et doux visage, embelli à nos regards comme aux regards des anges par les soucis qui l'ont fatigué avant le temps, 6 toi qui, par amour de Dieu, t'es refusée au service de Dieu, et qui, par charité, te sèvres des joies de la charité. Tu n'as pleinement ni la paix du cloître, ni le soin des pauvres, ni l'apostolat dans le monde, et ton grand cœur a su

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