‹ CorrespondanceChapitre 11 sur 96 · TER · texte numérisé non relu

TER

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Imbert, soigneux de la gloire, avait pris le discours du curé. Le v'ià :

« S'inspirant de sa foi et de son amour pour la sainte Eglise, il a consacré son génie à la défense du vrai, du bien et du beau, sous toutes les formes du langage : tour à tour poète inspiré, moraliste profond, philosophe à la manière de de Maistre, écrivain tendre et suave; polémiste redouté et redoutable, surtout lorsqu'il combat les ennemis de la papauté.

« Dans des jours de disgrâces célèbres, il eut le bonheur de voir l'incomparable cœur de Pie IX se pencher vers le sien. Le saint Pontife voulut panser lui-même la blessure de l'infatigable lutteur; il le releva et l'encouragea dans son œuvre par quelques-unes de ces paroles qui sont pour toute la vie un charme, un honneur et une force, jusqu'au jour où, bravant les entraves d'une légalité mesquine et haineuse, l'Univers porta, aux quatre coins de la France et de l'Europe, la mémorable encyclique Quanta cura et fut enseveli dans cet immortel linceul. Un grand évêque ne craignit pas alors d'appeler la suppression de l'Univers une calamité publique. Après des loisirs forcés, mais non sans gloire, M. Yeuillot a repris de nouveau sa plume vaillante, encouragé par la bénédiction de Pic IX. Puisse cette bénédiction garder à sa plume longtemps encore sa fécondité et son énergie! car cette plume vaut mieux que dix mille épées. »

CCXLVIÏI

Poitiers, 1868, 5 heures du soir.

Ma Sœur,

Pas de neige, pas une minute de retard ; j'ai eu trop chaud aux pieds. Tout serait à souhait, si je n'étais en ce moment soumis à la plume de fer.

Je te pardonne tout.

Mon logement ici est superbe. J'ai trouvé un feu que je voudrais t'envoyer, si ta cheminée fume encore.

Adieu, ma chère grosse sœur. Tu me croiras si tu veux, mais je consentirais à revenir demain. Je t'embrasse de tout mon cœur, pour tout le inonde. Distribue cela de tous côtés. Je n'ai encore rien acheté, ni pour manger ni pour autre chose. Ça ne durera pas !

Le bon abbé qui est venu me recevoir en l'absence de Monseigneur, m'a dit délicatement, après m'avoir introduit dans mon magnifique appartement : « Vous serez peut-être content de connaître les êtres. » Et il m'a montré la porte que L*** connaît le mieux après celle du cœur d'A**\

J'ai trouvé cela gentil.

Je t'embrasse, mon gros. Que ce cher petit frère a bien fait de venir jusqu'au chemin de fer! Dis-lui que j'ai lu le Siècle en wagon. Quelles canailles !

GGXLIX

Poitiers, 30 septembre (Saint- Jérôme) 1868. Très chère Sœur,

Me voici chez moi. Voyage heureux; poussière, imbéciles seulement sur la fin, mais fort. Le lieu de l'abbé Louis1 est charmant, et lui plus charmant que son lieu. Seulement, pas de plumes d'oie !

On attend l'abbé Héline2, qui connaît Ligaudière et qui ne sera pas sourd ce soir. Dès qu'il sera présent, on se mettra à table et l'on dinera de fort appétit.

Si une petite marchande de journaux d'une petite station près d'Orléans ne vous a pas envoyé une lettre qui doit arriver tout à l'heure, , cette petite est scélérate.

Que je vous aime !

Voici la suite de la lettre confiée à la petite marchande :

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