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La cuisinière

2. Nom familier que Louis Veuillot donnait à sa sœur Annette.

caler. C'est comme pour les femmes: tout dépend du caractère et de la dot.

On trouve que le caractère est la force. Le t'ait est que ce fromage réunit ce que le roquefort a de plus impétueux, et le brie de plus renversant. Moi, je passe cela, et même je l'aime. Mais on objecte que nous ne sommes plus du temps de ces hommes de fer qui cherchaient partout des batailles, et qui préféraient l'ennemi qu'ils avaient plus de peine à terrasser. S'il y avait encore des rouliers, a dit Eugène, ce serait leur fromage. Malheureusement, ces hommes primitifs ont disparu. Il faut être de son temps, comme a dit Boniface, qui en est si bien. Ce fromage est un anachronisme : il ne devait pas naître sous Napoléon III!

Voilà le sentiment général. Ce n'est pas le mien. Je ne signale qu'un seul défaut: trop de sel ! Vous me direz que ce n'est pas le défaut de l'écrivain du Monde dont vous me parlez; d'accord. C'est un défaut pourtant. Otez-lui un peu de sel et ce suintement qui le recouvre ; allongez la chair, rebaptisez-le, et ce sera un fort et loyal fromage, qui tiendra bien sa place dans le inonde.

Persigny ne fait pas comme vous : il ne veut pas soumettre ses œuvres à ma censure. Je l'ai vu deux fois très longuement, nous avons beaucoup causé très franchement; il est très aimable, il m'a rendu mes papiers, et le papier blanc comme l'écrit; mais il n'a pas voulu m'autoriser à faire un journal, parce que ce journal serait l'Univers, et qu'il n'aimerait pas à le supprimer une seconde fois. Il a

pourtant voulu me laisser l'espérance. Je n'en ai guère ! Si Ton m'accordait un journal, il faudrait, quoique j'aie un droit particulier, en accorder d'autres, et cela ferait vite une presse vraiment indépendante, avec laquelle il faudrait compter plus qu'on ne veut et plus qu'on ne peut.

Adieu, Madame et très chère amie. Je vous souhaite une bonne année et beaucoup d'autres aussi très bonnes. C'est tout ce qu'il y a de mieux à souhaiter pour tout ce qui vous connaît.

Votre très dévoué et très reconnaissant,

Frère Loris.

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