‹ Correspondance mathématique et physiqueChapitre 14 sur 38 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

' f^pyage en . Saxe ; Dresde et Leipsig.

En quittant Berlin , je me dirigeai vers Dresde. Je passai pai Postdam , où je visitai les di£Përens palais royaux et les anciens appartemens du grand Frédéric^ encore pleins de souvenirs^ du roi philosophe et des savans qu'il avait rëunis autour dé"* lui. Je m'arrêtai peu de temps dans cette petite ville , et je me séparai à regret de M. Encke, avec qui j'avais eu le plaisir de faire cette partie de la route.

Dresde doit perdre beaucoup aux yeux du voyageur qui vient de visiter Berlin. Cependant cette ville mérite son attention^ et si elle ne se recommande pas autant que la capitale de la Prusse , par ses établissemens scientifiques , elle ' lui présente , sous le rapport des arts , des objets qu'on chercherait vainement ailleurs. Son riche musée de peinture est une preuve de la magnificence des souverains de la Saxe(*), et du moins ici l'admiration n'est pas attiédie par de pénibles réflexions comme lorsqu'on visite le trésor où reposent enfouis des capitaux immenses qui, pour satisfaire une vaine curiosité, ont peut-être coûté bien cher au peuple, tarmi les nombreuses collections que Dresde présente à la curiosité des étrangers, se trouve

(*} Pendant mon séjour à Dresde, j*qî m unf exposition de tableaux «le» peintres modernes; on y remarquait plusieurs portraits exécutes avec beaucoup d0 talent, ainsi que quelques lablesux de cbe valet , mais les tableaux d'histoire étaient presque nuls; il m*a paru que cette exposition était en général inférieure à celles que l'on voit Minuellement dans lyos villes. Tom. FI. II

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|6a COmiESPOHDAlfCE

& f ëtablissement du Zwinger^ une collection d'anciens instrumens de mathëmatiques et de physique , et une chambre de modèles oh Ton a dépose des machines de différentes espèces* Près de ce bâtiment on voit aussi un petit observatoire confié , ainsi que les collections précédentes , à la surveillance de M. Tinspecteur en chef Lohrmann , qui est encore chargé de la direction du salon math^atique où l'on exécute par la lithographie des cartes géographiques , des plans et d'autres objets d*art. Il parait qu'on a l'intention de bâtir un observatoire nouveau; M. Lohrmann fait actuellement ses observations chez lui avec des instrument qui lui iippartiainent. On sait que ce savant s'occupe de la publication d'une topoigraphie de la lune ( Topographie der sichtbaren mon4oberflâche , etc.) , dont la première partie a paru en i8a4« U a eu la complaisance de me montrer les cartes qui doivent entrer dans la seconde partie ; plusieurs déjà sont gravées^ Ce ti*avail sera sans contredit le plus complet et le plus remarquable qui aura paru sur oe sujet*

M* Lohrmann s'occupe aussi d'observations météorologiques , ^t publie en ce moment un recueil d'observations, précédé de dOGumens relatifs aux années antérieures à 1829. {'^nhang su den meteoFologischen heobachtungen ^ etc.) Je dois à son .obligeance les tableaux qui se rapportent aux sept premiers mois de cette année. Les observations se font à Dresde» à Leipsig, à Ghemnitz, à Weesenatein, à Freiberg, àZittau« au passage de Oberwiesenthat et a Lichtentanne, près de Zwickau; on observe L'état du baromètre, du thermomètre, des vent&9 du ciel et la quantité de pluie tombée; tous ces résultats sont compris dans lea tableaux. Malheureusement les observations ne se font pas tout-à-fait aux mêmes heures (celles de Dresde se font à 6, g, i a, 3 et 6 heures). Ce recueil sera sans doute accueilli avec reconnaissance par les amis de la météorologie. En voyant tant de travaux faits avec une aussi louable persévérance, on ne peut s'empêcher de re* gretter que 4a science n'en ait pas jusqu'à présent tiré plus .de profit.

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MATaÉMATIQVE ET PHYSIQUE. l63

Je ne voulus point quitter Dresde sans avoir vu les bords si pittoresques de l'Elbe , et sans avoir pris une idée de cette partie que Ton nomme la Suisse saxonne. Je dirigeai donc mon excursion par Lohmen et Bastey , vers le Lilienstein; et du haut de ce rocher escarpé, je pus découvrir sans peine toute la fameuse forteresse de Kœnigstein, et saisir le panorama de la Suisse saxonne , jusqu'à la montagne des Géans en Bohême. Je revins par Pirna, où se trouve un des plus beaux établissemens connus pour les aliénés ; c'est du moins ce que m'assura M. le docteur Lombard, de Genève, qui s'est beaucoup occupé de ces sortes d'établissemens , et qui faisait avec moi l'excursion dont je viens- de parler. Je quittai Dresde, 'non sans jeter un dernier regard sur ces champs fameux oh de si grands intérêts ont été mis en présence, et ' dans le voisinage desquels s'est préparée la sanglante catastro-* phe qui a été consommée dans les champs vers lesquels je me dirigeais alors.

J'arrivai à Leipsig, le 24 août. Cette ville , la plus impoi** tante de la Saxe après Dresde , possède une des plus anciennes universités de l'Allemagne. Sou voisinage des universités de Halle et d' Jéna a dû nuire à sa prospérité | il paraîtrait d'ailleurs ]ue son organisation est susceptible d'améliorations ; et qu'on se prépare à les mettre h exécution. L'appel de M. le baron De Lindenau au ministère de l'instruction, est du meilleur siugure ; et il n'est point de bon saxon , d'homme vraiment ittaché au bien de son pays , qui n'applaudisse à un pareil ^hoix. M. le baron De Lindenau est estimé depuis long-temps ronime savant , mais ceux qui connaissent ses écrits y ignorent [énéralement que dans des temps difficiles 5 il a été pour ainsi lire le génie tutélaire de la Saxe. Sa physionomie pleine de lablesse et de franchise , est l'interprète fidèle àes sentimens le son cœur, toujours ouvert aux idées grandes , aux pensées encreuses. ^

Leipsig comme Dresde , possède un observatoire , mais dont [ forme est peu avantageuse ; il renferme néanmoins plusieurs 3aux instrumens, et il est dirigé par un homme de mérite,

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par M. Mœbius , qui a publie plusieurs ouvrages estimes sur la géométrie.

L'observatoire a été construit de 1787 à 1790, au sud-ouest de la ville et sur la grande tour du château Pleissenburg» Cette tour présente au-dessus de la cour du château , sans y comprendre le bâtiment de l'observatoire , une élévation de 63 '/> aunes de Leipzig ; sa forme , h partir de plus de la moitié de la hauteur, est celle d'un cylindre qui a 3o aunes de diamètre, et des murs de 4 '/* aunes d'épaisseur. Ce n'est pas sans fatigue qu'on monte à l'observatoire par un escalier qui serpente en hélice le long des murs circulaires de la tour, dont l'intérieur est entièrement vide : on arrive alors à une salle cylindrique de- 23 aunes i4 pouces de diamètre et de 11 aunes 17 pouces 4e hauteur, de laquelle on peut passer par huit ouvertures dirigées vers les huit principaux points du ciel , sur une galerie extérieure de 3 aunes 8 pouces de largeur. Dans le pourtour de la salle sont établis six petits cabinets dont deux dirigés vers le midi , deux vers le levant et deux vers le couchant; les quatre derniers cabinets sont destinés à recevoir les grands instrumens astronomiques ; deux quarts de cercle , l'un dirigé au nord et l'autre au sud , un secteur zénital et une lunette méridienne. La salle est couverte d'une coupole sur laquelle on a bâti un petit pavillon de forme cylindrique | plus pour la vue que pour faire des observations. Le plancher de ce pavillon qui est le point le plus élevé de Leipsig, oîi l'on puisse se placer commodément , est de 94 aunes au-dessus la cour du château. Le plan de cet observatoire est de MM. les ipro£easeurs Borz et Hindenburg ; il a été exécuté par l'architecte Dauthe. J'ai puisé en partie ces détails et ceux qui suivent dans un ouvrage que je dois à l'obligeance de M. Mœbius {^Beobachtungen auf der K. universitâts stemwarte zu Leipzig ^ etc., von A.'F^ Mœbius, In-S®.)

Au commencement de 1794 9 l'observatoire fut attaché à l'université, et le professeur Riidigeren fut i^ommé directeur, on lui donna aussi deux adjoints; il fut remplacé, en 181 1, par le professeur Moliweide , auquel succéda , en 1817 , M. le professeur Mœbius.

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MATHÉMATIQUE ht PlIYSIQVK. Y 65

Ce dernier savant fut charge aussitôt après sa nomination , de mettre l'observatoire en état de remplir le but de son institution; et il fit exécuter ce qu'il croyait être le plus convenable d'après les conversations qu'il avait eues avec les principaux astronomes de l'Allemagne , pendant un voyage qu'il fit pour cet objet aux frais du roi de Saxe. Il mit donc en place, comme instrumens principaux, une lunette méridienne de Ramsden , et un cercle de Troughton , en employant toutes les précautions exigées en pareil cas. On peut se faire une idée de la disposition de ces instrumens par le dessin ci-joint pL ly. A et B sont des portions de mur du bâtiment , qui s'avançaient d'abord jusqu'en a et ^ , et formaient la porte de communication avec la galerie extérieure du côté du levant. G et D étaient deux cabinets dont les entrées étaient en c etd; ils composent h présent la salle d'observation avec la partie F, G, H, située au-dessus du mur jusqu'à la balustrade en fer. L'entrée de cette salle est en E ; le cercle de Troughton se trouve en R , et la lunette méridienne de Ramsden porte sur les piliers P, Q. Ces piliers n'ont aucune communication avec le plancher. La pendule est placée en B et fixée contre le mur. G , R , L ^ sont des fenêtres dont la première est située vers l'orient. Les ouvertures méridiennes n et s sont fermées par deux volets verticaux et par deux trappes qui font partie du toit, et qui s'ouvrent par un mécanisme de leviers et par des manivelles placées en k et /. Ces différens arrangemens ont été faits de 1818 à i8!ii.

Les instrumens principaux que possède l'observatoire sont les sui vans :

ï^ La lunette me'ridienne de Ramsden^ qui a une ouverture de 3 pouces et une distance focale de 45,3 pouces , le réticule se compose d'un fil d'argent horizontal et de trois fils verticaux dont la distance est dé 39" en temps pour les étoiles qui décrivent l'équateur. L'instrument a deux oculaires dont l'un grossit 4^ et l'autre 73 fois f l'axe horizontal a 34 pouces de longueur et ses tourillons ont 0,8 pouce d'épaisseur; il est soutenu en partie par des contre-poids. On éclaire les

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fils par la partie de Taxe située à Torient, et du câtë oppose se trouve le demi-cercle sur lequel on lit, au mojen du vemier, à l' près , la distance polaire des astres. L'horizontalité de Ta&e s'observe avec un niveau à bule d'air.

ao Le cercle astronomique de Troughton est Tinstrument le plus beau de l'observatoire. Il se compose d'un anneau massif et horizontal de 6 pouces de diamètre; d'où partent trois doubles rayons très-solidés qui, à i5 pouces du centre de l'anneau , présentent trois vis sur lesquelles Tinstrument est porté} à ce système est attaché un cercle azimuthal de 20 pouces de diamètre sur lequel on lit let divisions de 10 en 10 minutes, et, au moyen de deux verniers, de 10 en 10 secondes.. La lunette qui a une ouverture de 2,2 pouces et une distance focale de 33 , est munie de trois oculaires dont les grossissemens sont de 100 , 5^ et 43« Le réticule placé au foyer a trois fils verticaux et trois fils horizontaux. Les étoiles sont mieux terminées qu'avec l'instrument de Ramsden. La lunette est fixée symétriquement entre deux cercles Ués entre eux par 34 petits rayonç de 3 '/4 pouces de longueur, et ce système porte sur quatre colonnes de cuivre. L'un des cercles est divisé de 10 en 10 minutes. Pour lire les minutes et les secondes, on a sousdivisé en deux parties égales chacun des intervalles précédens au moyen de points marqués frèsdélicatement« Puis avec deux micromètres microscopiques par lesquels on ne voit que les points dont il vient d'être question, on lit de 5 en 5 secondes. L'instrument est m»ni de deux niveaux.

3® Une pendule de Pp'ulliamy, qui a Téchappement à repos de Graham.lne compensateur est à grille et formé de trois verges d'acsîer et de deux de zinc. On remonte la pendule de cinq en cinq semaines.

L'observatoire possède encore i* une machine parallaetique de Troughton , qui donne de 3o en 3o secondes les déclinaisons et les ascensions droites; a* une lunette de quatre pieds de Dollond^ 3* une pendule de Naumann , et un compteur; 4® un cercle de lYoughton , de 1 7 pouces ; 5° un équatorial de

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Ramsden; les oercles ont la pouces de dinmiflref 6* un sextant de Troughton^ de 7 pouces; 70 deux lunettes achromatiques de Cury et Berge , de 4$ ^ 4^ pouces ; trois télescopes grégoriens de deux pieds de longueur, et un télescope newtonien de deux pieds également; 8* des baromètres, des thertnbmètres , etc.

Plusieurs de ces instrumens, et entre autres la lunette méridienne et le cercle de TroU^ton^ ont été donnés en présent à l'observatoire par M. le comte De Bruhl^ qui s'était occupé d'astronomie en Angleterre , ob il se trouvait comme envoyé de Saxe. On doit aussi à la générosité de cet ami des sciences une partie de la bibliothèque qui renferme de trèsbeaux ouvrages sur les science! ^ et particulièrement sur l'astronomie.

On découvre du haut de l'observatoire, une étendue immense; la vue embrasse vers le sud toute cette plaine de Leipsig, devenue si fameuse par les combats du 16, du 18* et du 19 octobre 181 3, qui ont décidé du sort de la France et de l'Europe entière, et par la mémorable victoire que Oustave ' Adolphe y remporta sur Tilly^ le 7 septembre i63i ; vers l'occident on aperçoit Lutzen , où Gustat^- Adolphe périt l'année suivante , et oti se livra la sanglante bataille du a mai i8f 3 , entre les Français et Tarmée des Russes et des Prusâiens.^ L'œil suit aussi dans la plaine le cours de l'Elster, petit ruisseau qui vient toucher le nord de la ville , è l'endroit où le prince Poniatowski trouva la mort avec tant d'autres guerriers.

Pendant mon séjour è Leipsig, je visitai aussi le cabinet de physique de l'université, confié aux soins de M. le professeur Brandès , qui s'est acquis une réputation bien méritée par un grand nombre d'ouvrages sur les différentes branchesdes sciences physiques et mathématiques. Ce cabinet, sans offrir une bien ample collection d'instrumens , en contient cependant plusieurs très-remarquables; je dois particulièrement citer un bel appareil de Fraunhofer^ pour observer les raies du spectre et les phénomènes que ce savant a désignés sous le nom de spectres de seconde classe, M. Brandis vient

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l68 COEAl»(K>firOAirCC

de publier tout récemment le 3* cahier de «es unterhaUungen Jiirfreunde der physik und astronomie, Leipsig » chez Barth* On y trouve des recherches intéressantes sur les débordemens qui ont eu lieu à St.-Pëtersbourg et sur. toutes les côtes de la mer du nord pendant Thiver désastreux de i8a4 à iSaS. On y lit aussi des observations curieuses sur di£Pérens phénomènes optiques que présente l'atmosphère. Il me fut agréable de faire la connaissance personnelle de ce savant, avec qui j'avais Thonneur d'être en relation depuis long-temps au sujet des étoiles filantes dont il s'est occupé avec beaucoup de succès , et dont j'ai eu occasion de m'occcuper ensuite , sans avoir jusqu'à présent publié mes résultats à cause de la longaenr des calculs que je n'ai pu terminer encore.

JVeimar, anniversaire de Goethe,

J'aurais désiré visiter Tuniversité de Halle , qui est peu éloignée de Leipsig ; mais des raisons particulières me déterminèrent à me diriger vers Weimar. J'arrivai dans cette ville à une époque mémorable; on s'apprêtait \l célébrer le 80* anniversaire de la naissance de Goethe^ le plus grand poète que possède l'Allemagne , et l'on peut dire que nous possédions actuellement. J'eus l'honneur de recevoir de cet illustre vieillard un accueil plein de bienveillance ; il voulut bien m'admettie à ses réunions particulières ; et je profitai avec empressement de cette faveur qui comblait tous mes désirs* Doué d'un esprit flexible , d'une imagination ardente , Goethe a porté son attention sur presque toutes les branches des connaissances humaines. Les lettres, la philosophie, les sciences naturelles, la plr^que, les beaux-arts ont été tour à tour l'objet de ses méditations Après s'être informé avec bonté du but de mon voyage , il témoigna le désir de voir l'appareil avec lequel j'observais l'intensité magnétique ; il eut même l'obligeance de m'ofii^r , pour faire mes expériences , le jardin qu'il occupe près du parc de Weimar, et qu'il a rendu célèbre a

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jamais par les brillantes compositions que son génie y à fait naître. J'acceptai avec reconnaissance , non moins , je l'avoue » dans un but scientifique que par un sentiment bien naturel de curiosité et de vénération. Le jardin est placé sur le penchant d'une colline d'oîi l'on découvre tout le beau parc de Weimar jusqu'au belvéder , qui est la résidence d'été du grand-duc. L'habitation est petite et ornée avec une simplicité extrême ; on pourrait dire de la maison et du jardin de Goethe , ce que ce grand poète met dans la bouche de Werther (*). m Le «jardin est simple ; et l'on sent d'abord en entrant, que le plan n'a point été tracé par un savant jardinier ; mais par un homme sensible qui voulait y jouir de lui-même. » Mes expériences , comme on peut le penser , ne furent pas faites avec tout le calme nécessaire ; il fallut retourner encore au jardin , et j'allai faire la troisième fois mes expériences dans un endroit isolé du parc. Lorsque M. Goethe sut que je m'occupais aussi d'expériences d'optique , il me montra avec une complaisance extrême ce qu'il avait fait sur cette partie intéressante de la physique : il eut même la bonté de me donner plusieurs verres pour les expériences de la polarisation et un ouvrage dans lequel il a consigé*ses idées sur les divers phénomènes qui en dépendent et sur la théorie des couleurs.

Je lui dois également deux cahiers d'observations météorologiques , pubhées sous ses auspices à l'observatoire de Jéna par M*'L. Sçhrùn (**); le dernier cahier pour 1827 , est le sixième de la collection : Mèteoroiogische beobachtungen , in-8<*. Ces observations se fout simultanément à Jéna , à Ilmenau et au château de Wartburg , près d*£isenaeh ; elles formeront avec celles de Dresde et de Berlin des collections précieuses pour la météorologie. Elles concernent l'état du baromètre.

(*) Dergartenist einfachy und man fiïhlt gleich bey dem eintritte^ dass nicht ein wissenschaftlicher Gartner, tondern ein fuklendea her% den plan gezeichnet , dos seinertelbst hier genietzen woUte.

{**) Le mmifière des artli a éié confie à M. De Goethe.

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T^O COHAESPONDANCE

du thermomètre , de l'hygromètre d'après De Luc , la direction et l'intensité du yent , Tëtat du ciel en gënëral, etc. Les obserrations se font à 8, a et 8 heures* Chaque cahier est accompagne de cartes ou l'on rend sensibles i l'œil les résultats numériques obtenus pendant l'année.

Cependant arriva le a8 août ; et, avec lui, le 80^ anifiiversaire de G^sthe^ On avait craint d'abord que la succession d'émo<ions trop vives ne nuisit ^ la santé de Tillustre octogénaire, et qu'il ne fût forcée par son âgd , de se soustraire aux visites trop nombreuses de ses amis et de ses admirateurs. Il s'abstint néanmoins d'assister ati banquet qui lui fut offert , et se fit remplacer par son fils , qui , danâ une allo(iution touchante , se rendit l'interprète de ses sentimens. A cette fête , qili réunissait les littérateurs* , les savflus et les artistes de Weithar (*) , assistaient encore plusieurs étrangers , parmi lesquels on distinguait le poète dramatique i?b//e{ de Berlin , M. Mickiewicz , jeune poète polonais , qui a été pendant sept années exilé dans la Sibérie , pour avoir manifesté le désir de voir l'affranchissement de son pays ; et M. Dai^id , de l'iûstitut de France , qui venait de terminer un buste de Goethe , dont on s'accordait Ik louer la ressemblance et la parfaite exécution.

Le lendemain , on donna au théâtre une première représentation de Faust ^ d'après les modifications faites à l'original , avec lapprobation de l'auteur , par le célèbre littérateur Tieck. Je fus assez heureux pour passer presque toute la journée qui suivit cette représentation avec Goethe , qui continua à me montrer avec bonté ses expériences relatives à la lumière , ainsi que la collection d<e ses divers instrumens ; ce qui faisait que la chambre dans laquelle nous nous trouvions , ne ressemblait pas mal è celle du docteur Faust , comme l'observait en plaisantant

(*) Nous citerons en patticulier le savant philologue Riemer^ M. Mayer^ IVlève et Fëmnle do JVinckétmann y M. Peucer^ président du consistoire, M. Frorîep^ directeur de l'institut géographique^ etc. ; fhabile compositeur Hummel avait aussi afoutd au charme de cette fête par ses savans accords

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MATHÉMATIQUE ET PHYSIQtJE. I7I

sa belle-fille M*"* De Goethe. Ma mémoire n'a rien perdu de ses entretiens pleins de charmes , pleins d'abandon ; ils seront toujours prësens à ma pensëe -y mais la confiance même dont l'illustre vieillai*d a bien voulu m'honorer , me fait un devoir de ne point révéler au public les petites circonstances de sa vie privée* Trop souvent l'étranger en pénétrant sous le toit hospitalier d'un grand homme , nç se fait point scrupule d'y introduire le public avec lui , et d'exposer à tous les jeux ce qu'il devrait regarder comme sacré et commis à sa délicatesse.

Weiroar renferme plusieurs établissemens utiles ; l'un des plus remarquables est la bibliothèque , qui est confiée aux soins du savant philologue RUmer. On j trouve , outre la collection des livres qui est très-riche , plusieurs antiquités et des objets d'art qui méritent l'attention du voyageur* On y voit avec attendrissement le portrait du grand-duc Charles- Auguste , dont tous les gens de bien ont regretté la perte , et dont le règne sera à jamais célèbre par les chefs-d'œuvre de Goethe , de Schiller, de TVielandtl àtHerder. Les bustes' de ces illustres écrivains que l'amitié avait retenus auprès de lui , sont déposés dans la même enceinte*

L'institut géographique de M. le conseiller jFroriep, est aussi un des beaux établissemens de Weimar; outre la construction des cartes géographiques, on s'y occupe encore de tout ce qui concerne l'imprimerie en général. M. Froriep dont les connaissances sont très-étendues , et particulièrement dans les sciences médicales qu'il a professées avec distinction , est aussi éditeur d'un journal très-répandu qu'il publie sous le ti^*e : Notizen aus dem gebieie der natur^und Heilkunde • in-4° 9 P<^i* feuille.

Mon intention n'avait été que de m'arréter deux jours à Weimar afin de pouvoir visiter Jéna , avant la réunion de Heidelberg où j'avais le dessein de me rendre ; mais je me trouvai si agréablement retenu que je ne partis qu'au bout de huit jours et que , pressé par le temps , je dus me diriger directement vers Gotha. Je fis la route avec M. le professeur /{a^^ma/z/t de Gand, avec qui j'avais eu le plaisir de me retrouver successivement Il Berlin et à Weimar.

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T7^ COR&ESPONDANCR

Oiservatoire du Seeberg ; Gotha,

Malgré le temps le plus affreux , mon premier soin en arrivant à Gotha fut de me rendre à l'observatoire , situé sur le Seeberg , à une demilieue de la ville. Les chemins pratiqués sur les flancs de la colline sont si mauvais par les temps humides , qu'ils sont presque impraticables m^me pour les voitures* Je fus assez heureux pour rencontrer à l'observatoire M. Hansen , le directeur actuel , qui me montra avec beaucoup d'obligeance tout ce qui pouvait m'intéresser.

On fait que l'observatoire du Seeberg a été construit en 1788 parle duc Ernest, qui en confia la direction au baron De Zack (*). Ce célèbre astronome dont la longue carrière a été constamment consacrée aux sciences , a fait des observations nombreuses qui ont répandu beaucoup d'éclat sur l'établissement qu'il dirigeait ; en quittant l'observatoire , il eut pour successeur son digne ami le baron de Lindenau , à qui l'on doit des observations et des tables généralement connues et estimées par les astronomes. M. Nicolaï ^ qui se trouve actuellement à Mannheim, prit la direction de l'observatoire en 181 6, et eut à son tour , pour successeur M. Encke^ qui ne tarda pas à être appelé à Berlin. M. Hansen , comme j'ai déjà eu occasion de le dire , avait été précédemment adjoint de M. Schumacher^ à l'observatoire d'Altona. Cet astronome s'est fait connaître avantageusement par ses observations et par un écrit sur l'héliomètre Ausfiihrliche méthode mit dem fraunhofer^ schen heliomeier beobachtungen anzustellen , etc. Il s'est occupé dans ces derniers

(*) Voici comment M. le baron De Zach s'exprime dans V Annuaire de Bode pour i789 , en parlant des soins que le duc prit lui-même de la coustruc tion de son observatoire : So hahen sie erst neuiich selbst die beriihmtesten temwarten in England besucht, die werkstddte besehen , ,.Mnd selbst die herrUchen undfiirstlichen instrumente fur ihre kiÀnstige stemwarte bestelU^ wovon kûnftig ein mehrers meîden werde , etc. Le plan de Pancien obser- Yatoire se trouve dans V Annuaire pour i795.

temps des inégalités de Jupiter ; il a bien voulu me montrer différens résultats remarquables par leur élégance ; du reste , ce travail doit paraître dans les Astronomische nachrichten. L*obervatoire du Seeberg, plus généralement connu sous le nom d*observatoire de Gotha 9 ne se distingue pas seulement par la succession des astronomes habiles qui Tout dirigé , mais encore par la simplicité de ses formes et la commodité de sa distribution , qu'on a plus ou moins imitée avec raison dans les divers établissemens de même nature qui ont été construits depuis.

Le III* volume de la Correspondance Mathématique , p. 87 , contient sur l'observatoire du Seeberg une notice qui m'a été communiquée en même temps qu'un plan de cet édifice , par M. Lohrmann de Dresde. Malheureusement il s'y trouve quelques petites erreurs qu'il sera facile de redresser. L'observatoire avait été construit primitivement avec ses deux ailes , comme l'indique le plan , ou plutôt comme l'indique le plan de l'observatoire de Gœtingue , construit sur le même modèle et représenté avec plus d'exactitude sur la même planche ; mais on s'aperçut au bout de quelque temps que l'aile située h l'est avait éprouvé un dérangement. On prit donc le parti de la démolir, dans le dessein de la rétablir ensuite d'une manière plus solide ; mais ce projet n'a pas encore reçu son exécution. On enleva aussi la tourelle à toit mobile qui se trouvait au milieu de l'édifice comme à l'observatoire de Gœtingue, et qui était destinée aux observations à Fhorizon , parce qu'on crut remarquer que la voûte éprouvait un affaissement. On voit encore l'escalier qui y conduisait. Les salles d'observation ne sont pas tout-h-fait distribuées comme dans le plan. Le mur de séparation indiqué à la bibliothèque , est plus rapproché d'une fenêtre, de la demeure du directeur ; de sorte que celui-ci en passant de chez lui dans l'observatoire, se trouve d'abord dans une chambre longue et étroite, fermée a chacune de ses extrémités par une seule fenêtre; c'est l'emplacement actuel de la bibliothèque. Il passe de là dans une seconde chambre ayant deux fenêtres vers le nord et deux vers le sud. De ces quatre fenêtres deux diagonalement opposées , ont au-dessus d'elles des demi-

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coupes méridiennes , auxquelles devaient correspondre deux quarts de cercle , pour observer au sud et au nord. On voit sur le dessus de la façade la coupe vers le sud , représentée telle qu'elle est effectivement : cette seconde chambre renferme encore les rayons de l'ancienne bibliothèque , ainsi que plusieurs lunettes et télescopes, et un héliomètre semblable à ceux de Hambourg et de Berlin : l'objectif qui a été coupé en deux parties égales pour répondre à sa destination, a une distance focale de 4' pouces lo lignes, avec un diamètre de 34 lignes. Cette chambre est voisine du vestibule et de l'escalier qui occupent la partie centrale de l'observatoire , comme je l'ai déjà dit.

La seconde partie de l'observatoire est construite symétriquement à la première et renferme aussi deux chambres, dont celle du fond est la moins grande • on y trouve divers instrumens anciens , et entre autres un quart de cercle mobile , une aiguille d'inclinaison , des boussoles , des télescopes et les mesures dont le hsLTonDç Zach s'est servi pour sa base. La chambre attenante présente une coupe méridienne assez étroite , qui la partage en deux parties égales , et renferme deux instrumens de passage : l'un est une lunette méridienne de Ramsden , qui a une distance focale de 8 pieds , et comporte uù grossissement de 8o fois. L'autre est une lunette méridienne avec cercle , qui sort des ateliers de Munich. Le cercle est divisé de 5 en 5 minutes ; avec les verniers on lit de 4 en 4 secondes ; et , à l'aide des microscopes , on lit les secondes et même les parties de la seconde. Le grossissement est de i5o fois. L'oculaire porte plusieurs fîls , et entre autres cinq au milieu, dont les distances estimées selon l'équateur ne sont que de6 à 7 secondes en temps. L'instrument est muni de contrepoids ; la pendule est placée à égale distance des deux instrumens disposés l'un derrière l'autre dans la direction du méridien , et se trouve vers la gauche de l'observateur quand il se tourne vers le sud.

Le dernier instrument est établi sur une voûte qui s'appuie sur la roche ; les fenêtres des coupes méridiennes s'ouvrent d'une seule pièce : on a établi dans le lointain une mire en échiquier, d'après la méthode indiquée par BesseL

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Vers le pied de la montagne du Seeberg est l'habitation de M* le conseiller Von Hoff ^ qui s'occupe avec succès de différentes parties de la physique et particulièrement d'observations météorologiques. Ce savant observe régulièrement le baromètre , le thermomètre et la direction des vents ; les heures qu'il a choisies à cet effet sont 6 heures du matin , 8 heures ; 2 heures de laprès-midi et 8 heures du soir. Son baromètre qu'il a eu la complaisance de me montrer , est d'une construction particulière. Le tnbe qui renferme la colonne barométrique est enchâssé dans un cylindre de fer qu'on ferme en voyage , par un robinet dans lequel est une petite ouverture, contre laquelle s'applique un bouchon à ressort , pour empêcher le tube de crever par la dilatation du mercure. L'échelle avec le thermomètre qui y est attaché et qui descend dans le mercure , peut s'abaisser par une vis jusqu'à un niveau constant.

M. le professeur F, Kries , à qui l'on doit des ouvrages élémentaires estimés , fait aussi àts observations météorologiques ; mais ses nombreuses occupations ne lui permettent que d'observer une fois par jour. J'ai profité d'un instant de beau temps pour m'occuper avec ce savant , de déterminer l'intensité magnétique dans son jardin.

On a pu voir avec quel soin la météorologie est cultivée dans le nord de l'Allemagne. On doit aussi beaucoup aux travaux de M. le professeur Brandès de Leipsig , et au savant du même nom qui habite à Salsuffel , et qui a présenté à la réunion des naturalistes à Heidelberg , les résultats de ses observations barométriques et thermométnques , faites heure par heure pendant Tannée 1827. IVf. le professeur Kâmtz de Halle , que f ai eu le plaisir de rencontrer aussi plus tard à Heidelberg , m'a dit qu'il préparait de son côté la publication d'un journal de météorologie.

Observatoire de Gœtingue.

L'observatoire de Gœtingue , dont la construction ne date que de 18 ans environ , est bâti sur le plan que l'observatoire de

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î-jG ' COnnESWÏfDANCE

Gotha avait d*abord , du moins quant aux principales distribu* tiens (voyez ie plan dans le 11I« vol. de la Correspondance) ; l'extérieur est orné avec beaucoup d'élégance. 11 est situé hors des murs , vers la partie méridionale de la ville. Les deux ailes servent de demeure aux directeurs MM. Gauss et Harding. La partie centrale > comme au Seeberg , présente quatre chambres, indépendamment du vestibule et de l'escalier qui correspond à la tourelle , destinée à recevoir un instrument parallactique. Les plus beaux instrumens de l'observatoire se trouvent dans la grande salle d'observation , située du côté de la demeure de M. le conseiller Gauss (les deux chambres situées du côté de la demeure de M. le professeur Harding , renferment une assez belle lunette méridienne qui est en place , ainsi que des télescopes et les différens instrumens avec lesquels l'astronome Schrœter observait a Lilienthal). Dans la salle oii M. Gauss observe habituellement et dans la même direction méridienne sont établis deux beaux instrumens de passage, dont Tun est muni d'un cercle et rappelle , quant à la forme et aux dimensions , rinsti*ument analogue que j'ai vu chez M. Schumacher. Une mire placée dans le lointain , aide à vérifier la position des intrumens qui se vérifient encore mutuellement par la méthode indiquée par M. Gauss ^ dont j'ai déjh fait mention en parlant de l'observatoire d'Altona. On trouve encore dans la même salle un bel héliomëtre semblable à ceux de Gotha , de Hambourg et de Berlin.

En me détournant de ma route pour me diriger vers Gœtingue , j'avais en vue autant de visiter l'observatoire que les deux célèbres astronomes qui l'habitent. Je me rendis donc à ^cet édifice aussitôt après mon arrivée. Chemin faisant , j'eus le bonheur de rencontrer M. Gauss , et de le reconnaître d'après un portrait que j'en avais vu quelques mois auparavant* J'eus le plaisir d'entendre parler cet illustre géomètre de ses travaux scientifiques et des ouvrages dont il prépare la publication. L'un de ceux qui ne tarderont pas à paraître , concerne la théorie mathématique des actions capillaires ; il sera intéressant pour le monde savant , de voir en présence ceux qu'on a surnommés

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MATHEMATIQtJE ET faYSIQVE. |^^

le Newton français et VArchimède allemand. M. Gauss a repris la théorie des actions capillaires par une analise et des considérations qui lui sont particulières ; il parvient par la marche qu'il a suivie ,. à vérifier les résultats du géomètre français et à détruire les objections qui y ont été faites ,' en même temps qu'il présente beaucoup de résultats nouveaux qui agrandiront, le champ de la science. M. Gauss possède aussi un travail inédit sur .l'analise et sur les fonctions elliptiques en particulier , dont les belles recherches de MM. Abel et Jacobi , ne formeraient que des cas particuliers. J^avais ouï dire que M. Gauss s'était laissé prévenir par ces deux jeunes savans dans la publication des découvertes dont nous venons de parler ; mais il paraît qu il reste encore au géomètre de Gœtiegtte de quoi se consoler de cette contrariété. Ce qui Tempéche de mettre en ordre et de publier les travaux importans qu'il possède , provient surtout de la multiplicité des travaux que lui imposent la triangulation du Hanovre , qui se fait sous sa direction , les leçons qu'il donne comme professeur à l'université , ainsi que ses observations astronomiques et particulièrement celles qui concernent les petites planètes dont la théorie l'occupe depuis long-temps. Je dois h lobligeance de ce grand, géomètre un exemplaire àesDisquisitioues générales circa superficies curvas^ qui ont paru Tannée dernière à Gœtingue , ainsi qu'un exem plaire d'un bel ouvra-ge devenu très-rare aujourd'hui et publié à Helmstadt , en 1799 y sous le titre : Demonstratio noifa theO' rematis omnem Jïinctionem algehraicam radonalem intégrant unius variahilis in Jactores reaies primi vel secundi gradus resolifi posse. Je ne lui dois pas moins de reconnaissance pour la bonté avec laquelle il m'a montré les beaux instrumens dont il se sert , et pour la part qu'il a bien voulu prendre aux expériences que j'ai faites dans le jardin de l'observatoire , sur l'intensité magnétique. La presque identité de nos résultats m'a été d'autant plus agréable que nous arons observé simultanément , chacun d'une manière un peu différente. Je commence , comme M. le capitaine Sabine , à compter les. oscillations , à partir du point de plus grand écart de Taiguille , soit à droite Tome FL il

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1^8 GORRESl*ON1>AN€E

soit h gauche. Mais cmnme Faiguille ralentit son mouvement vers ces points , et panât un instant stationnaire , M. Gauss me faisait observer qu'on obtiendrait peut-être plus de précision en comptant les oscillations , h partir de l'instant oh l'aigaille a sa plus grande vitesse , et se trouve au milieu de l'arc qu'elle décrit y ce qui d'ailleurs est un point qui ne varie pas avec l'amplitude des oscillations et qu'on peut reconnaître facilement sur le limbe au-dessus duquel se meut l'aiguille .L'instant que m'indiquait M. Gauss est en effet mieux détermina , et le seul motif qui me fait préférer l'autre, est qu'on peut se tenir pendant l'observation à une plus grande distance de l'instrument , et éviter ainsi des erreurs d'une autre espèce qui naîtraient de la présence de quelques parcelles de fer qu'on pourrait avoir sur soi , malgré toutes les précautions qu^on aurait prises peur les éloigner. Les chronomètres mêmes qu'on emploie dans ces sortes d'observations ^ renferment toujours quelqu'acier.

M. le professeur Harding , que je m'empressai également de visiter , eut la bonté de me montrer la collection des instrumens qui avaient appartenu à l'observatoire de Lilienthal. Le hasard voulut que le jour de ma visite coïncidât avec l'anniversaire de la découverte de Junon , que l'on doit à ce respectable et habile astronome. On sait que la science lui est encore redevable d'un bel atlas céleste ; M. ^Harding a été aussi l'un des premiers à répondre à l'appel que l'académie de Berlin a fait aux astronomes de concourir à présenter une revue des différentes parties du zodiaque.

Pendant le court séjour que fai fait à Gœtingue , je me félicite d'avoir aussi fait la connaissance du célèbre professeur Heeren et du grand naturaliste Blumenhach , qui , malgré son âge avancé , continue à s'occuper de ses études favorites ; sa belle collection de crânes des différentes races d*hommes et des diverses espèces d'animaux , est un des objets tes plus curieux que renferme Gœtingue , oh l'on trouve d'ailleurs des collections scientifiques du plus haut intérêt.

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Résume des observations météorologUjttes faites h Maestricht pendant Vannée 1829 , par M. Grahay , professeur de physique à TAthenëe royal de Maestricht*

Les températures sont exprimées en degrés de Féchelle centigrade; les hauteurs du baromètre , réduites à la température de la glace fondante , et corrigées de Teffet de la capillarité , sont éDoncées en lignes des Pays-Bas ( millimètres ). La cuvette du baromètre est placée k Ss"", 5i au-dessus du niveau de la mer.

Enfin les hauteurs des eaux de la Meuse sont observées à l'entrëe de la grande écluse du bassin à Maestricht , et rapportées à la moyenne hauteur du niveau dans ce bassin , laquelle est fixëe à 4i« 9^ aunes (mètres) au-dessus du téro de l'échelle d'Amsterdam (peil^schaal ).

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