‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 12 sur 70 · MOYENS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

MOYENS DE LA FRANCE

Nous avons à Walcheren 4,400 hommes; dans l'île de Cadzand , 1,000; dans les forts de Bath, Lillo et Liefkenshoek, 1,600; à Berg-op-Zoom , 3,000; à Anvers , 12,000; dans les places ouverles, 7,400; total, 29,400 hommes. (Savoir les marins

et tout ce qu'on pourra se procurer du 1" corps.)

Nous avons , en outre, dans les villes ouvertes , à Gand, 2,900 hommes- à Bruxelles, 2,200; à Tournay, 900; à Mons, 900; à Atli , 500; total, 7,400 hommes.

Le général Maison sera donc disponible pour couvrir la Belgique avec la division Roguet, la division Barrois et la division de cavalerie de la Garde, ce qui lui fera un corps mobile de 15,000 hommes, arec lequel il peut couvrir Bruxelles, et au pis-aller nnir par aller couvrir nos places du \ord.

Nous avons dans les places du \ord, savoir : à Lille, 9,000 hommes; à Dunkerque, 800; à Bergues, 600; à Douai, 3,100 ; àCondé,600;à Valenciennes, 2,200; à Maubeuge, 800; à Landrecics, 2,100, au Quesnoy, 600; à Cambrai, 2,600; à Bouchain , 600^ à Arras , 2,700; à Gravelines, 1,500; à Calais, 700; à Saint-Omer,

2,200; à Bruges, 2,100; à Ostende , 900; à

600; total, 33,700 hommes.

Le général Maison pourra donc s'augmenter de beaucoup de troupes et être là supérieur à son ennemi.

Xoiis avons en outre, dans les places de la Meuse et de la Moselle, places ouvertes : à Wesel , 6,000; à Maestricht, 4,000; à Venlo, 1,200; à Juliers, 700; à Gr3ve, 1.200; à Bcis-le-Diic, 1,000, à Namur, 1,700; à Aix-la-Chapelle, 600 ; à Aletz,

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12,700; à Luxembourg, 3,000; àSarrelouis, 2,700; à Longuy, 2,000; à Thionville, 1,800; à Bitche, 1,100.

Il y a donc dans les places de la Meuse, 16,400 liommes; entre Meuse et Moselle, 23,300; total, 39,700 hommes.

Le duc de Tarente , avec le 1" corps de cavalerie et tout ce qu'il peut réunir, peut se porter sur Liège et Charlemont, menacer le flanc droit du général Blûcher, en gardant la Meuse. Ce maréchal, avec le général Sebastiani^ doit pouvoir réunir une dizaine de mille hommes avec quarante pièces de canon, et, si Tennemi marchait sur Paris, il serait en mesure d'y arriver avant lui.

Le duc de Raguse doit avoir une quinzaine de mille hommes de toutes armes;

Le duc de Bellune, une douzaine de mille hommes de toutes armes ;

Enfin le duc de Trévise, qui est àLangres , une douzaine de mille hommes de toutes armes.

Ces quatre corps, après avoir retardé l'ennemi, lui avoir disputé le terrain, si celui-ci marche décidément sur Paris, pourront arriver avant lui dansune position devant Paris, où ils seront joints par une soixantaine de mille hommes, soit de la Garde, soit autres, et nous pourrons avoir une centaine

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de mille hommes à Paris; on y joindrait 20,000 gardes nationales ; enfin on aurait à Paris assez de fusils pour armer une trentaine de mille hommes.

On pourrait donc avoir vers la mi-février, en avant de Paris, une armée de 120,000 hommes, en laissant une garnison de 30,000 hommes dans la ville.

Le mouvement national produit en \ormandie, Picardie, Champagne , dans l'Ile-de-France, donne des renforts considérables.

Si les affaires d'Espagne prenaient une tournure définitive d'ici à ce temps , nous aurions un poids immense dans la balance, qui ferait changer entièrement les affaires de face ; alors une partie des quatre divisions de réserve formées à Lyon, dans le Midi, et une partie de la cavalerie de l'armée d'Espagne, pourraient renforcer l'armée de Paris et porter l'armée de Lyon à une trentaine de mille hommes.

En tout état de cause, il faut prendre les mesures convenaljles, et dans aucun cas n'admettre l'abandon de Paris.

Il faut donc faire venir entre Paris et la Loire tous les dépôts, afin de les compléter à Paris, tous les cadres des soldats du train d'équipages militaires, ainsi que le matériel d'artillerie non armé, afin d'avoir une immense supériorité d'artillerie sur l'ennemi.

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Il faut compter sur soixante ou quatre-vingts pièces de canon pour défendre les barrières de Paris.

Il faut faire le relevé de la partie de la muraille de Paris qui n'est pas achevée, et commander en secret des palissades , chevaux de frise et barrières, qu'on placerait de manière à fermer l'enceinte.

Il faudrait faire reconnaître, par des officiers du génie discrets, toutes les hauteurs de Paris à occuper, ainsi que les ponts de la Seine et de la Marne, et étudier la position que devrait prendre l'armée. Par ce moyen, la garde nationale de Paris, avec soixante pièces de canon, assurerait la ville; la garde nationale de Saint-Cloud et de Versailles, les ponts de Saint-Cloud et de Sèvres; la garde nationale de AJeaux , les ponts de Aleaux , Corbeil et autres.

Une armée de 120,000 hommes, qui s'accroîtrait tous les jours, couvrirait la capitale; peut-être serait-il convenable que le munitionnaire fît entrer secrètement dans Paris jusqu'à 60,000 sacs de farine.

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