AL PRINCE DE \EUCHATEL ET DE WAGRAM , MAJOR GKXÉRAL, A PARIS
Paris, 17 janvier 1814.
Alon Cousin, je viens de donner ordre au ministre de la guerre d'armer Troyes , Vitry, Soissons. Assurez-vous demain, avant la parade, que les dispositions nécessaires ont été prises, et du nom des officiers à envoyer dans ces places.
Ordonnez au général Montliion et au général Rogniat de mettre Cliàlons à l'abri d'un coup de main. S'il y a à Cliàlons des officiers du génie et d'artillerie dont on puisse disposer, que l'on en envoie sur-le-champ à Vitry pour accélérer et surveiller les travaux.
J'aurai demain parade à dix heures, et je ferai partir, après la parade, beaucoup de troupes pour Chàlons.
11 est nécessaire que vous partiez demain soir pour vous rendre dans cette ville. Assurez-vous que les ordres que j'ai donnés pour l'approvisionnement de Chàlons et pour l'établissement des ateliers de manutention sont exécutés. Envoyez, par l'estafette de ce soir, copie de mon ordre sur cet objet au
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général Rogniat et à l'intendant général Marchant. Il est nécessaire que ces ateliers et les magasins soient placés sur la rive gauche de la Marne. Quand j'ai parlé de Châlons , j'ai compris les fermes et les villages qui ne sont qu'à une lieue de cette place et qui seront jugés convenables à l'établissement de ces ateliers de manutention. Ordonnez que Châlons soit mis à l'abri d'un coup de main et en tel état que je puisse défendre cette place; faites abattre les arbres qui seront nécessaires pourformer des palissades; qu'on n'épargne rien. S'il se trouve à Châlons un officier du génie qu'on puisse envoyer à Soissons, qu'on le fasse partir sur-le-champ.
Faites reconnaître par des officiers d'état-major tous les ponts qui sont sur la Marne, depuis litry jusqu'à Cliarenton.
Ordonnez l'organisation de la garde nationale à Arcis-sur-Aube , afin qu'elle serve à la garde du ; ont.
Faites connaître aux différents généraux que vous vous rendez à Châlons et que mon quartier général ne tardera pas à y être transporté.
Recommandez au duc de Trévise, dans le cas où l'ennemi serait trop en force et qu'il ne pût pas tenir à Langres, de faire évacuer toutes les pif^ces qui sont dans cette place sur Vilry et surTroyes, et de se rapprocher lui-même de Châlons , mais lentement et seulement autant que cela serait nécessaire.
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Faites connaître au duc de Tarente que je vais porter mon quartier général sur Chàlons.
J'ignore où est le général Ruty. Je suppose qu'il n'est pas loin de Chàlons et qu'il aura transporté sur la rive gauche de la Alarne tous les équipages (lu parc. Il est nécessaire de prendre de promptes mesures pour atteler toutes les pièces de canon qu'il amène. Il est très-important qu'il y ait cinq cents pièces à Chàlons. Faites-moi connaître si tout le grand quartier général est à Chàlons. Il est nécessaire que les généraux Ruty et Rogniat, l'intendant général Marchant et le payeur s'y rendent sur-le-champ, pour pouvoir donner tous les renseignements ';ui pourraient être demandés.
Napoléon.
D'après 1 original comm. par le cabinet d^ S. M. l'Empereur.
1579. — IXSTRUCTIOXS POUR LA DEFEXSE DE TROVES, DE VITRY ET DE SOISSOXS.
AU GÉNÉRAL CLARKE , DUC DE FEUTRE MIXISTRE DE LA GUERRE, A PARIS
Paris, 1" janvier 1814.
Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre au général la Hamelinaye, qui doit commander la 2*
division de la réserve, de partir demain pour se rendre à Troyes ; il y trouvera le 3* bataillon du 122% qui est fort de 700 hommes. Il recevra dans peu de jours un autre bataillon du 121% et successivement d'autres bataillons.
Il prendra le commandement des troupes et fera mettre sur-le-champ la ville à Fabri d'un coup de main. Il formera et exercera la garde nationale.
Vous enverrez avec lui un officier du génie pour faire aux portes les travaux nécessaires pour mettre la ville à l'abri des Cosaques et des troupes légères.
Il est nécessaire que vous fassiez venir en poste six pièces de canon avec leurs caissons ; elles seront servies par des canonniers gardes nationaux qui seront formés à Troyes. Faites en sorte que ces pièces et un dépôt de 300,000 cartouches soient à Troyes avant le 24.
Vous nommerez un autre général, de ceux qui sont à Paris, pour aller prendre le commandement de Vitry. Vous lui donnerez un officier du génie et un officier d'artillerie. Il requerra les gardes nationales, les gardes forestiers, les gardes champêtres et les hommes de bonne volonté. Il fera couper, partout où il sera nécessaire, les arbres qui devront être convertis en palissades , pour mettre la ville à l'abri d'un coup de main.
Dirigez six yilces de campagne sur Vilry, et ordonnez, ijour les servir, la formation d'une com-
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pagnie d'arlillerie de gardes nationales , qui sera composée de tons les anciens canonniers qu'on pourra réunir.
Faites partir dans la nuit un officier général pour commander à Soissons. Donnez-lui un officier du génie et un officier d'artillerie. II aura les mêmes ordres pour mettre la place en état de défense.
Faites diriger du Xord huit ou dix pièces avec leurs caissons sur Soissons, et faites-y réunir un dépôt de 300,000 cartouches.
Il est important que ces deux points, qui doivent fianquer la droite et la gauche de Farmée, soient en hon état et à Tahri d'un coup de main.
Je fais partir de la cavalerie, de l'infanterie et de rartillerie pour Chàlons, où je compte porter incessamment mon quartier général.
X^APOLÉON.
D'après la copie. Dépôt de la guerre.
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1580 — DISPOSITIO-VS POUR RKUXIR A CHALOXS L'ARTILLERIE NÉCESSAIRE A L'ARMÉK.
AU GÉXÉRAL CLARKE , DUC DE FELTRE , Ml.VlSTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Paris, 18 janvier 1814.
Je reçois votre lettre du 16. Vous dites que vous faites venir quarante-cinq compagnies d'artillerie, dont trente à pied et quinze à cheval. Je ne comprends rien à cette lettre. Toute cette artillerie doit rester au parc, à Chàlons, pour servir les trois cents pièces de canon. En général, il me semble que Tartillerie saisit mal. La direction du dépôt est sur Vincennes et Paris. Les compagnies qui viendraient des cotes de l'Océan ou de l'armée d'Espagne peuvent se diriger sur Paris; mais toutes celles qui viennent du côté de l'armée doivent rester à Chàlons, au parc.
Il faut enfin m'organiser cent soixante pièces de la Garde et trois cent quarante de la ligne, de manière que j'aie cinq cents pièces à Chàlons. Les pièces y sont. Les caissons, on en fait à Paris, il y en a sur les côtes, et je suppose que vous avez donné des ordres pour les faire venir. Les soldats du train doivent exister à Douai et autres lieux.
J'attends un rapport sur les mesures à prendre
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pour les chevaux. Trois cents pièces de canon avec un approvisionnement simple n'exigent pas plus de 1,200 voitures ou G ou 7,000 chevaux. Il faut aussi avoir un double approvisionnement dans des caisses non attelées, qu'on aurait à Vincennes et qu'on ferait arriver en poste et par relais pour remplacer nos consommations.
Si à Leipzig j'avais eu 30,000 coups de canon le 18 au soir, je serais aujourd'hui le maître du monde.
Pour trois cents pièces, il me faut 3 ou 400,000 coups de canon. Je ne sais pas si l'artillerie s'est sérieusement occupée de cela. Sur ces 300,000 coups, je suppose qu'il en existe 100,000 confectionnés dans les caissons entre la Garde et la ligne; c'est donc 200 à 250,000 coups qu'il faudrait se procurer. En supposant l'un portant l'autre à 3 livres de poudre, cela ferait 700,000 livres de poudre. Essonne et la marine doivent les fournir.
D'après la minute. Archives de l'Empire.
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1581. — XOTES FAISAXT COXXAITRE L'EMPLACEMEXT DES TROLPES.
Paris, 19 janvier 1814^
L'ennemi n'a passé la Meuse qu'avec de Ja cavalerie; il faut l'attaquer et reprendre cette ligne. Si cela n'était pas possible, et que l'on dût se reployer , le duc de Raguse défendrait l'arrivée de lennemi sur Cbàlons en lui disputant la route de Verdun à Chàlons.
Le duc de Bellune et le prince de la Aloskova prendraient la position de Vitry-le-François, où ils se battraient.
Dans cette position, le duc de Raguse formerait la gaucbe , le duc de Bellune et le prince de la Moskova le centre, le duc de Trévise la droite.
Le général Dufour est à Arcis-sur-Aube avec quatre bataillons et seize pièces de canon.
Le duc de Trévise est à Cbaumont avec les deux divisions de vieille Garde, la cavalerie de vieille Garde et la brigade du général Bourmont, composée de trois bataillons du 113*. Deux bataillons aux ordres du général Curial sont à Chàlons; trois bataillons coucbent le 19 à Aleaux, se dirigeant sur Cbàlons.
^ Dale présumée.
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La division de jeune Garde commandée par le général Rottemboiirg est également en marche, se dirigeant sur Cliàlons ; tout cela avec un train d'artillerie de quarante pièces.
Le général de la Hamelinaye est à Troyes, où deux bataillons doivent déjà être rendus.
Tout le parc d'artillerie qui est attelé, ou qui peut l'être avec les chevaux que l'on attend, doit rester sur la rive gauche de la Marne. Tous les équipages militaires qui sont attelés doivent rester pour le service de l'armée.
Tous les dép(Ms de cavalerie doivent être dirigés entre Versailles et Rouen, d'après les ordres du ministre de la guerre, en ayant soin de ne pas suivre la route directe de Chàlons à Paris.
Si les événements devenaient pressants, il faudrait envoyer demander si l'on peut compter sur les Polonais qui sont à Reims ; alors on les ferait venir à Chàlons.
Faire fermer les brèches de l'enceinte de la ville ; la mettre à l'abri d'un coup de main; faire mettre des tambours aux portes; établir des batteries pour, en cas de besoin, se servir de la ville comme tête de pont.
D après 1 original comm. par e cabinec de S. M. l'Empereur.
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1582. — IXSTRUCTIOXS SLR LA DÉFEXSE DE LA BELGIQUE.