‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 15 sur 70 · AU GÉNÉRAL MAISON', COMMANDANT LE 1" CORPS, A LOIVAFN · texte numérisé non relu

AU GÉNÉRAL MAISON', COMMANDANT LE 1" CORPS, A LOIVAFN

Paris, 23 janvier 1814.

Dans l'absence du prince de Xeuchàtel, qui s'est porté aux arant-postes , Sa Majesté m'a chargé de la correspondance avec les généraux commandant les corps.

J'ai mis sous les yeux de Sa Majesté ros lettres des 12, 13, 15, 16 et 17 janvier. Sa Alajesté a vu avec peine la belle occasion que vous avez manquée de remporter une victoire importante sur l'ennemi, de débloquer Gorcum et d'attirer à vous les 4,500 liommes qui sont dans cette place et qui désormais seront inutiles.

Vous avez disséminé vos troupes; si le général Roguet s'était trouvé le 11 à Hoogstraeten avec la brigade Ayraard et tonte la division réunie, il n'est pas douteux qu'il eût battu l'ennemi complètement; et depuis, si, lorsque vous avez attiré à vous la division Barois, le 14, vous aviez continué à pousser l'ennemi, vous l'auriez complètement battu et obligé à se replier sur Breda.

Sa Majesté n'approuve point le projet d'une ligne

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(le vingt licuos; cela est bon pour la contrebande, mais ce système de guerre n'a jamais réussi.

Le projet de vous retirer sur Lille et d'abandonner toute la Belgique est d'autant plus funeste que les bataillons qui devaient composer votre armée ont été retenus dans les places. Vous avez de fausses idées sur les forces de Tennemi dans le Nord. Le général Bulow n'a que 12,000 bommes. Il n'y a dans toute la Hollande , y compris les Anglais, que 25,000 hommes, dont 5,000 devant Berg-op-Zoom, 5,000 devant Gorcum, Deventer et Naarden , partie devant le Helder, partie en garnison dans Breda. Vous n'avez pas été attaqué par plus de 10,000 hommes; vous pouviez en réunir 20,000, écraser l'ennemi et remporter une victoire éclatante. Au lieu de cela, vous avez compromis des corps qui ne s'en sont tirés que par leur intrépidité.

Le duc de Tarente est à Maestricht et à Liège, observant Tavant-garde des troupes qui assiègent Mayence et qui s'étendent sur Trêves.

Vous n'avez donc d'autre parti , pour défendre Anvers et la Belgique, que de réunir toutes vos troupes sur Anvers, comme l'Empereur vous l'avait déjà fait dire par le major général, en tenant de fortes avant-gardes, l'une sur la route de Turnhout (Lier est trop en arrière), et l'autre sur la route de Hoogstraetcn.

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Dans cette situalion, la Belgique ne court aucun danger et vos troupes sont toujours réunies. Jamais l'ennemi ne se jettera sur la Belgique tant que vous pourrez voas placer entre lui et Breda, et que vous pourrez marcher sur Gorcum. Le corps de Bùlow n'a qu'un but, celui de couvrir le siège de cette place importante. Cette position en avant d'Anvers, en occupant par des avant -gardes des postes à quatre ou cinq lieues en avant, est la seule qui assure la Belgique contre toutes les troupes qui viendraient par la ligne d'opération de Willemstad, Breda et Bois-le-Duc.

Quant aux troupes qui pourraient passer la Meuse entre les places de Grave, de Venlo ou de Juliers, elles sont loin de vous; vous n'avez du moins rien à en craindre. Avant de s'aventurer, elles viendront G2 réunir augénèial Bûlow pour vous battre devant Anvers, vous jeter dans la ville et vous empêcher de tenir la campagne.

Dans le projet que vous avez discuté pour occuper une grande ligne, vous n'avez rien contre une manœuvre de flanc; et, si l'ennemi débouche par la Meuse sur votre droite, votre ligne sera tournée. Ce projet n'est point raisonnalile. Il ne faut point abandonner la Belgique sans avoir livré bataille, et vous ne pouvez livrer bataille que devant Anvers, où vos forces seront réunies. Vous devez même faire concourir à votre plan la garnison de Berg-

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op-Zoom, qui organisera un corps mobile de 2,000 hommes avec deux pièces pour marcher dans la direction de Tholen et Willemstad , et occuper ainsi le corps anglais.

L'intention de Sa .Majesté est que rous rectifiiez sur-le-champ votre plan de campagne ; que vous choisissiez à une ou deux lieues d'Anvers une bonne position, sur laquelle vous puissiez replier vos avant-gardes et vos corps isolés et livrer bataille.

Si enfin les forces de l'ennemi devenaient telles que vous crussiez ne pouvoir livrer bataille, vous n'aurez qu'une lieue de retraite à faire pour vous trouver sous les murs d'Anvers.

Vous pouvez réunir de 20 à 23,000 hommes, y compris la garnison d'Anvers et le détachement actif et mobile de la garnison de Berg-op-Zoom. L'ennemi, obligé d'observer Deventer, Gorcum, Naarden, Berg-op-Zoom, est loin de pouvoir vous opposer de pareilles forces.

Pour compléter ce projet, vous devez tenir des corps mobiles, infanterie et cavalerie, lancés fort loin sur votre droite qui empêchent les partisans de pénétrer dans la Belgique; mais ces partis doivent être en observation et ne jamais passer la nuit où ils ont vu coucher le soleil.

Ce n'est que par un projet ferme, bien concerté, et de la décision, qu'on garde les provinces.

Les gardes nationales de la Belgique doivent

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mettre les villes à l'abri de quelques partis de Cosaques.

Faites rejoindrelesbatailloiis destinés au P'corps, car TEmpereur a besoin de la division Barrois pour couvrir Paris. Tout en vous disant de réunir vos forces sur Anvers, il serait cependant convenable de diriger la division Barrois sur Mons , si vous n'étiez pas trop pressé, comme tout porte à le penser, aOn qu'on puisse, au besoin, la diriger sur Paris. Envoyez des officiers dans les places duXord, pour faire rejoindre huit ou dix bataillons du P"" corp.^, qui remplaceront la division Barrois.

Levez des chevaux dans la Belgique, de gré ou de force, pour monter tous les hommes de cavalerie qui sont à pied.

Dans ce projet, vous ne devez vous séparer d'Anvers qu'autant que l'ennemi manœuvrerait devant vous avec 30 ou 40,000 hommes, ce qui en nécessiterait plus de 60,000 de son côté.

Général Bertrand.

P. S. Vous sentez bien, mon Général, que cette lettre est dictée par l'Empereur.

D après la miuule. Bibliothèque impériale.

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1583. — ORDRES POUR LE MOLVEMEXT DES TROLPES AU DÉPART DE L'EMPEREUR POUR CHALOXS

AU PRINCE DE NELCHATEL ET DE WAGRAil , MAJOR GÉNÉRAL, A CHALOXS.

Paris, 23 janvier 1814.

Je reçois votre lettre du 21 au soir. Je serai le 25 au matin à Chàlons.

Xotre armée s'est renforcée à Lyon , et l'ennemi s'en est éloigné.

Des patrouilles ennemies sont entrées à Châtillon-sur-Seine , venant de Langres.

Le 24 doit arriver à Chàlons le général Lefebvre- Desnoëttes avec 2,400 hommes à cheval de la Garde, y compris le 1" de lanciers, qui est arrivé à Reims le 23 et rejoindra le 2i le général Lefebvre-Desnoëttes à Chàlons. Je donne ordre à ce général de prendre deux batteries à cheval de la Garde à Chàlons. Il prendra sous ses ordres la division Rottembourg , de la jeune Garde , qui arrive à Chàlons le 24, les bataillons du 2* et du 4' léger qui sont à Chàlons, la brigade du général Belair qui y arrive le 24, composée des 15% 135' et 155% et seize pièces de canon : ce qui fait cinq bataillons de la division Dufour.

Le général Lefebvre-Desnoëttes sera donc à Vilry

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le 25 arec 2,400 cheraux , 8,000 hommes d'infanterie et vingt-huit pièces de canon. II prendra en outre arec lui soixante pièces de canon , appartenant à la Garde , qui doivent se trouver à Chàlons, et entre autres les deux batteries de 12; ce qui portera alors son artillerie à quatre-vingt-huit pièces de canon.

Je serai à Vitry en même temps que le général Lefebvre-Desnoëttes.

Mon intention est que la 2' division de jeune Garde, qui est avec le duc de Raguse, vienne avec le prince de la Moskova -, je vous en ai déjà donné Tordre hier; de sorte que le prince de la Moskova aura deux divisions ou environ 16,000 hommes et trente-deux pièces de canon.

Le général Gérard est à Brienne avec sept bataillons ou environ 5,000 hommes et huit pièces de canon.

Le duc de Trévise est à Bar-sur-Aube avec 9,000 hommes de vieille Garde, 2,400 chevaux et soixante pièces de canon.

En réunissant donc les deux divisions du prince de la Moskova, la troupe du général Gérard, la division Rottembourg, le général Lefebvre-Desnoëttes, le duc de Trévise, je compte avoir une trentaine de mille hommes d'infanterie, 5,000 chevaux, cent quatre-vingt-huit bouches à feu. J'aurai de plus les 10,000 hommes , les 5,000 chevaux du

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duc de Bellune , les li,0(JO hommes d'infanterie du duc de Raguse , ses 4,000 chevaux , ses soixante houches à feu. Je me trouverai donc avec 50 à r>0,000 hommes d'infanterie, 12 à 14,000 de cavalerie, trois cents bouches à feu, c'est-à-dire avec une armée de 80,000 hommes.

Il faut que tout cela ait ses cartouches et du pain , car dès le 2G je veux reprendre l'offensive et porter le désordre dans toutes les colonnes ennemies.

Faites-moi connaître au juste l'état de situation de tous les corps.

D'après la minute. Archives de l'Empire.

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