‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 17 sur 70 · IXSTRICTIOXS POUR LE ROI JOSEPH · texte numérisé non relu

IXSTRICTIOXS POUR LE ROI JOSEPH

Paris , 24 janvier 1814.

Le roi Joseph, en qualité de mon lieutenant général, commandera la garde nationale de Taris, comme je la commandais. Il transmettra ses ordres au maréchal duc de Conegliano , qui , en sa qualité de major général, les expédiera.

Le Roi commandera les troupes de la 1" division

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militaire et expédiera ses ordres au général Hulin, coniiiiandant cette division.

Il donnera ses ordres au général Ornano , commandant la Garde à cheval , la garde à pied et l'artillerie de la Garde. Ce général les fera exécuter.

Il est bon que les trois chefs de service militaire se rendent tous les jours chez le Roi.

Le maître des requêtes Allent, major du génie, sera placé à la tête du bureau du Roi et chargé de l'expédition de tous ses ordres. Il suivra tous les détails de la correspondance de l'armée, tout ce qui est relatif à l'organisation de la garde nationale et à la défense de Paris et des environs.

Le Roi aura avec lui quatre aides de camp, les généraux Strolz, Lecapitaine, Espert et Tascher, et quatre officiers d'ordonnance, ceux-ci lieutenants ou capitaines, pour expédier et porter ses ordres. Il se servira d'ailleurs des huit capitaines adjoints de la garde nationale pour tout ce qui est relatif à l'expédition des ordres de la garde nationale.

Garde nationale. — La garde nationale de Paris est composée de douze légions. J'ai ordonné qu'il fût formé douze compagnies de canonniers, trois à l'Ecole polytechnique, quatre ou six aux Invalides, et les trois ou quatre autres dans la garde nationale. Ces douze compagnies pourront servir chacune six pièces de canon, ce qui fait soixante et douze pièces de canon. Les batteries servies par l'École

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polytechnique seront les mieux soignées, parce qu'elles sont susceptibles d'aller à trois ou quatre lieues de Paris et de faire un service brillant. Il y a à rÉcole un colonel de la Garde qui organisera ces trois compagnies ; je pense qu'elles doivent l'être dans la journée de demain, ainsi que les Invalides. II faudra faire aller ces compagnies à Vincennes, où il y a un polygone, afin qu'elles tirent quelques coups de canon pour s'exercer. J'ai nommé le général Drouot commandant de l'artillerie de la garde nationale ; c'est un officier d'une très-grande distinction. Le colonel Villantroys sera directeur général du parc. On trouvera des officiers d'artillerie retirés qu'on pourra employer selon les circonstances.

La grande difficulté pour la garde nationale est les armes ; nous n'en avons pas. On essaye dans ce moment l'établissement d'un atelier pour la garde nationale. Elle doit s'armer de toift les fusils de chasse qu'on pourra trouver.

Le génie de la garde nationale sera commandé par le général Chasseloup.

J'ai ordonné qu'on fît des chevaux de frise et des palissades pour fermer les barrières de Paris. Il y a à Pans trente barrières principales; en y envoyant deux pièces de canon pour chacune, elles se trouveraient à Fabri de toute insulte des troupes légères. Sur ces trente barrières, il n'y en a guère

qu'une partie qui puissent être exposées, Paris étant trop grand pour que Tennemi puisse présenter des troupes légères à toutes les barrières, à moins qu'il n'ait des forces bien considérables.

Troupes de ligne. — J'ai donné Tordre au ministre de la guerre, et il faut le réitérer, que tous les généraux d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie qui ne sont pas employés en ce moment se rendent à Paris pour y recevoir du service selon les . circonstances.

Trente cadres de bataillon se rendent de différents points sur Paris pour y être sous l'inspection du général Fririon, qui doit les faire habiller par le magasin général, les armer, et en former une réserve de trente bataillons qu'il complétera avec des conscrits de 1815.

Il y a aux environs de Paris plus de soixante 5" bataillons ou dépôts, qui ofirent de grandes ressources en officiers, et successivement, à mesure qne les hommes sortiront des hôpitaux ou rejoindront, ces dépôts auront un certain nombre d'hommes disponibles.

Cavalerie. — Il y a à Versailles un dépôt central où l'on doit monter 18,000 hommes; ce dépôt est sous le commandement du général Roussel. Jusqu'à celte heure le dépôt a fourni 1,000 hommes tous les trois ou quatre jours, il peut en fournir 2,000 d'ici au V' février; de sorte que, dans les dix

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premiers jours de février, on pourra avoir 7 à 8,000 hommes à cheval; et comme la plus grande partie des dépôts de cavalerie vient autour de Versailles, cela fournira un grand nombre d'officiers à employer utilement avec cette cavalerie.

Artillerie. — De tous les points des côtes Tartillerie se dirige sur Paris, qui est le principal point qui doit fournir à Tarmée. Quatre-vingt-dix ou cent pièces arrivent de Châlons, quatre-vingts arrivent de Bordeaux, d'autres de différents points. J'ai ordonné à la marine de former à Cherbourg quatre compagnies, composées de matelols-canonniers, qui viendront à Paris avec des officiers de marine.

Garde impériale. — Il y a à Paris les cadres de trente bataillons de la Garde, qui doivent recevoir 18,000 conscrits. J'ai ordonné qu'on tint toujours à la caserne Eugène et à la caserne Xapoléon quatre de ces bataillons, complétés à 400 hommes, lesquels feront le service de l'intérieur du Palais et formeront une réserve pour se porter partout où il sera nécessaire.

Quand les bataillons partiront pour l'armée, ils seront complétés à 600 hommes, mais de manière qu'il reste toujours quatre bataillons complets pour le service de Paris.

Il y a une compagnie de chasseurs et une com-

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pagnie de grenadiers faisant environ 300 hommes qui feront le service de l'intérieur du Palais.

Le général Charpentier, qui commande une division de ces trois bataillons, sera ici disponible à Paris avec deux généraux de brigade. Le général Cliarpentier est un homme vigoureux à la guerre.

Cavalerie de la Garde. — II y a à Paris de quoi organiser 3,000 hommes de cavalerie de la Garde. J'ai chargé le général Ornano des détails de Torganisation et de la surveillance de tous les dépôts. J'ai ordonné à Ornano de fournir tous les jours tous les hommes disponibles, de manière qu'ils puissent partir en une demi-heure de temps. Je suis certain que demain il y aura 500 hommes de montés, et qu'avant le P"^ février il y aura plus de 1,*2Û0 hommes disponibles.

Artillerie de la Garde. — Le général d'Aboville commande l'artillerie de la Garde. J'ai ordonné qu'on complétât les vétérans de la Garde qui sont à l'Ecole militaire, de manière qu'ils puissent servir huit pièces. Une batterie d'artillerie à cheval et une à pied, qui viennent d'Espagne, arrivent demain; j'ai ordonné qu'on les retint et qu'on organisât chaque batterie. La Garde aurait donc vingtdeux pièces de canon prêtes à agir.

Le général Deriot a le commandement des dépôts de la Garde. J'ai donné le commandement général au général Ornano, de sorte qu'en cas d'alarme il

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arrive au Palais avec sa cavalerie, ayant toujours une avant-garde de 2,000 hommes d'infanterie, de ],500 à 3,000 cbevaux, selon le moment, et vingt-deux pièces de canon, pour se porter aux environs de Paris.

Il y a à Paris 100 gendarmes d'élite et 800 gendarmes de la Ville, ce qui fait 900 hommes d'élite à cheval. Il faut donc éviter de mettre en activité la garde nationale, ce qui causerait de l'embarras et serait pour les citoyens une fatigue inutile.

Par la réunion de ces moyens, le gouvernement esi toujours le maître de Paris ; car, en cas d'événement, on ferait faire le service du Palais par les cadres des trente bataillons de la Garde. Chaque cadre étant de 100 hommes, rien que ces cadres formeraient 3,000 hommes d'élite.

La Garde aura donc toujours en cavalerie, infanterie et artillerie, plus de 8 à 10,000 hommes à Paris. Il y aura toujours plus de 25 à 30 cadres de bataillons dans les environs de Paris, puisque les dépôts affluent sur Paris. En réunissant tout cela en compagnies d'officiers et en compagnies de sousofficiers dans des cas urgents, le gouvernement rallierait autour de lui plus de 30,000 hommes.

Il n'y a donc rien à Paris qui puisse contrarier la volonté du gouvernement.

Dans une circonstance urgente, ce sera une véritable ressource que de faire venir aux différentes

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