AL PRL\CE DE NEUCHATEL ET DE U'AGRAM, MAJOR GÉNÉRAL, A FISMES
Fismes , 5 mars 1814, onze heures du matin.
Mon Cousin, envoyez sur-le-cbamp ordre au général Corbineau de prendre le gouvernement de la ville de Reims. Il organisera les gardes nationales et défendra la ville. Lorsque la division Laferrière partira, il gardera avec lui 100 chevaux. Il fera connaître le nombre d'hommes qui se trouvent dans la ville, armés soit de fusils de chasse, soit d'autres fusils. Il aura plein pouvoir pour l'organisation de la garde nationale. Il réunira tous les gardes forestiers et tous les anciens militaires, et défendra la
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ville envers et contre tous. Envoyez ordre au général Laferrière de rester à Reims la journée, de faire venir sa batterie de canon et d'aider à l'organisation de la ville, sous les ordres du général Corbineau, (]ui en est nommé gouverneur. Il enverra de gros partis et deux pièces de canon au pont de Berry-au- Bac, pour conserver ce pont. On doit ramasser les armes des hommes qui sont aux hôpitaux et des prisonniers qu'on a faits, pour armer la garde nationale de Reims. Le général Corbineau fera surle-champ une proclamation pour faire connaître aux habitants de la ville de Reims qu'ils doivent réparer la tache qui pèse sur eux pour s'être rendus à 150 malheureux Cosaques.
Napoléon.
D'après l'orijinal comm. par le cabinet de S. M. lEmpereur.
1622. — AVIS DU MOLVEMEXT SUR LAOX. — OBSERVA- TIOXS AU SUJET DE LA MALADIE DE MACUOXALD.
AU ROI JOSEPH, LIEITENAXT GÉNÉRAL DE l'eMPERELR, A PARIS.
Berryau-Bac, 6 mars 1814. midi.
Mon Frère, si le duc de Tarente est malade, il faut qu'il remette le commandement au duc de
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Reggio et que le général Sebastiani prenne le comniantiemeit du IP corps. On m'assure que dans ce moment ils ont évacué Troyes. Je ne puis croire à cette ineptie. Il n'y a pas de plus belle position que celle de Troyes, où l'ennemi est obligé de manœuvrer sur les deux rives. Je vais pousser aujourd'hui l'ennemi sur Laon. Après cela, je marcherai par Chàlons-sur-Arcis. Il est indispensable qu'on tienne cinq ou six jours la position de la Seine à Nogent, Bray et Alontereau.
On ne peut pas être plus mal secondé que je le suis ; j'ai laissé à Troyes une belle armée, une belle cavalerie, mais il y manque l'àme. Certainement cette armée, en bataille rangée, est |)lus forte que tout ce que le prince de Schuarzenberg peut lui opposer. Voyez le ministre de la guerre. Le pire de tout, c'est un commandant malade. Le ministre de la guerre donnera le commandement au duc de Reggio et le corps du duc de Tarente au général Sebastiani.
Napoléon.
D'après l'original comm. par le cabinet de S. M. l'Empereur.
1623. — OBSERVATIOXS SUR LA RRDDITIOX DE SOISSOXS.
AU GÉNÉRAL CLARKE , DUC DE FELTRE , MLVISTRE DE LA GUERRE, A PARIS
Berry-au-Bac , 6 mars 18li.
La relation du général Moreau ne le justifie point. Ce n'était pas à lui à raisonner; puisqu'on lui avait donné Tordre de tenir à Soissons, il devait tenir. Il était trop évident que Soissons n'était pas une place forte, mais seulement un poste militaire, gardant le pont de l'Aisne, où il devait tenir jusqu'à la dernière extrémité, comme on doit tenir gardant un défilé, jusqu'à extinction. Pourquoi n'avait-on pas fait sauter le pont de l'Aisne ? Son excuse ne peut être admise; il fallait soixante livres de poudre pour faire sauter ce pont, c'est-à-dire la valeur de vingt gargousses. Ayant tout le temps nécessaire, il pouvait le couper. J'avais ordonné qu'on le coupât et qu'on en établît un provisoire pour maintenir la communication; j'avais ordonné qu'on brûlât les faubourgs et surtout les auberges, qui nuisaient à la défense, comme il résultait dn rapport du général Verdun, qui se justifiait de l'évacuation de la ville après la mort du général Rusca. Comment le conseil de défense n'a-t-il pas vu , par les propositions
qu'on lui a accordées, que Tennemi était dans une situation extraordinaire, et qu'il attachait une importance de circonstance à la possession de Soissons? Enfin lu question se réduit à ceci : Si le conseil de défense avait su que l'Empereur était à six lieues de Soissons et que de la défense de ce pont dépendait le salut de l'ennemi, auraient-ils pu le garder jusqu'à quatre heures du soir? S'ils disent oui, ils se trouvent jugés, un poste n'étant qu'une machine de guerre qui doit jouer tout son jeu. Comment est-il possible que de Soissons ils n'aient pas entendu le canon le 2, et comment est-il possible, n'ayant été cernés que le 2, qu'ils n'aient pas su le mouvement de l'Empereur et le mouvement rétrograde de Bliicher? Ils savaient aussi que Bliicher était engagé entre Meaux et Soissons.
D'après la minute. Archives de l'Empire.
1624. — ORDRES A DOXXER AUX GARXISOXS DE L'ALSACE ET DE LA LORRAIXE DE REJOLXDRE L'ARMÉE.