‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 50 sur 70 · SUR LES OPÉRATIOXS DU GRAXD DEPOT DE REMOXTE DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

SUR LES OPÉRATIOXS DU GRAXD DEPOT DE REMOXTE DE VERSAILLES

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRINCE d'eCKMUHL , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 2 avril 1815.

Mon Cousin, en attendant que le général Bourcier arrive à Paris, chargez le général Roussel d'aller dés demain prendre le commandement du dépôt de Versailles. iVommez quatre officiers supérieurs et quatre officiers inférieurs pour être attachés à ce dépôt. Faites mettre un million à sa disposition; ordonnez que, comme Tannée passée, il fasse des circulaires aux préfets et fasse imprimer des affiches, pour faire connaître partout que ceux qui veulent vendre des chevaux peuvent les conduire au dépôt, où on les achètera à un prix fixe et comptant. Ce moyen nous a déjà réussi, et nous procurera encore assez promptement les quantités qui nous sont nécessaires. Autorisez la Garde à cheval à acheter 500 chevaux, savoir : 123 pour les grenadiers, 94 pour les dragons, 115 pour les chasseurs , IDS pour les lanciers.

Le général Bourcier, et, en attendant son arrivée, le général Roussel, sera autorisé à acheter à Versailles 944 chevaux pour les cuirassiers, et vous

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donnerez ordre aux quatorze régiments de grosse cavalerie d'envoyer 944 hommes à Versailles pour prendre ces chevaux. Faites venir de Alézières , de Givet et de Paris à Versailles les 900 selles qui sont nécessaires. Par ce moyen , le général Roussel aura à Versailles 900 cuirassiers que les régiments lui enverront, 900 chevaux de grosse cavalerie qu'il achètera, et 900 selles qui arriveront à Versailles.

Les dragons ont besoin de 787 chevaux. Donnez ordre aux différents régiments de dragons d'envoyer à Versailles les 787 hommes, et que de Givet, de Mézières et de Paris on fournisse à Versailles les 787 selles. Par ce moyen , le général Roussel aura 787 dragons à monter, 787 chevaux de dragons qu'il achètera, et 787 selles qu'on lui enverra.

Donnez ordre que 1,084 hommes soient dirigés des différents régiments de lanciers sur Versailles; qu'on y envoie 139 selles et qu'on mette en confection à Paris le complément de selles qui manque. Par ce moyen, le général Roussel aura 1,000 lanciers, i,0G0 chevaux de lanciers qu'il achètera, et 1,000 selles de lanciers.

Donnez ordre que les quinze régiments de chasseurs envoient à Versailles 2,633 hommes; faites expédier de Givet et de Alézières sur Versailles 2,633 selles, afin que le général Roussel ait tout ce qu'il lui faut.

Donnez ordre que les régiments de hussards eu-

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voient 1,152 hommes à Versailles, et que le général Roussel achète les chevaux nécessaires pour les monter. Dirigez aussi sur Versailles la quantité de selles nécessaire.

Ainsi le général Bourcier acliètera à Versailles : 900 chevaux de grosse cavalerie, 787 chevaux de dragons, 1,084 chevaux de lanciers , 2,633 chevaux de chasseurs, 1,152 chevaux de hussards; en tout 6,556 chevaux. Ce qui exige à Versailles la réunion de plus de 6,500 hommes et de 6,500 selles.

L'elTeclif de notre cavalerie sera donc de 36,000 chevaux , sans y comprendre la Garde. Ecrivez aux colonels et aux préfets pour que, sous huit jours, les 3,200 chevaux pour lesquels il y a des marchés soient fournis.

Il peut vous paraître extraordinaire que je centralise cette opération à Versailles; mais, ne voulant pas faire la guerre et étant simplement sur la défensive, il faut prévoir le cas où les alliés nous attaqueraient. Ils pourraient le faire sous un mois, et, dans ce cas, tous les dépôts devraient sortir des places fortes et se centraliser entre Paris et la Loire.

Il reste la question de Thabillement. Faites-moi connaître la situation de Thabillement des régiments de cavalerie; ont-ils les draps qui leur sont nécessaires pour habiller les hommes à envoyer à Versailles? S'ils ne les ont pas, l'habillement de ces

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hommes se ferait à Paris, et ils arriveraient à peu près nus.

Quant à l'armement, faites diriger sur Paris les sabres et les pistolets nécessaires.

Il faut que les selles qui sont à Paris soient transportées à Versailles. Vous pouvez mettre à la disposition du général Roussel le Grand-Commun.

En fîîant le prix des chevaux et en les payant comptant aux cultivateurs, on gagne la commission des fournisseurs. Recommandez aux commandants des dépôts, s'ils acceptaient des chevaux qui n'eussent pas toutes les qualités prescriles, mais qui leur paraîtraient cependant propres au service, de diminuer quelque chose sur le prix. Recommandez-leur surtout de ne pas recevoir de chevaux qui n'aient jeté leur gourme et qui ne puissent, quinze jours après, entrer en campagne.

Napoléon.

D'aprô» l'original comm. par M™* la maréchale princesse dEckmùbl.

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1647. — ORGAXISATIOX DU SERVICE DU GÉXIE.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRINCE d'eCKMUHL , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 2 avril 1815.

Mon Cousin, j'ai ordonné tout ce qui est relatif au mouvement de Tartillerie à Paris. Je pense qu*il faudrait renvoyer à Grenoble un des deux bataillons du génie qui sont arrivés de cette ville à Paris, et garder l'autre bataillon à Paris. L'n bataillon du génie est suffisant à Grenoble pour les Alpes, puisque dans aucun cas je n'ai le projet de passer les Alpes.

Présentez-moi un projet d'organisation du génie pour l'armée. Il faut d'abord mettre des officiers du génie dans toutes les places; il en faut à chaque division d'infanterie. Il faut une compagnie de sapeurs à chaque division; il faut aussi, à chaque division, un officier supérieur d'artillerie : que tout cela se rende aux divisions. Cette distribution faite, vous me ferez connaître ce qui restera disponible pour les parcs, quand je formerai l'armée. Il faut conserver à Paris cinq ou six compagnies de sapeurs; ce seront celles du 3^ régiment.

Xapoléon.

D'après l'original comm. par M™ la maréchale princesse dEckmâù!.

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1648. — ORGAXISATIOX DES 6% 7^ ET 8^ CORPS. — FORMATIOY DE GIXQ RÉGIMEXTS ÉTRAXGERS. — GOMPOSITIOX DE DîVISIOXS DE CAVALERIE.

AU MARÉCHAL DAVOIT , PRIXCE d'eCKMUHL , MIMSTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 3 arril 1815.

-Mon Cousin, le 6' corps sera composé de la manière suivante, savoir : de la 18^ division d'infanterie, commandée par le général Girard, qui partira demain de Paris pour Belfort, comme je l'ai déjà mandé, et qui sera composée des 5% 14% 20' et 24' régiments; de la 19' division, qui sera commandée par le général Brayer et composée des 7% 72% 11' et 27^ régiments (cette division restera à Paris); de la 20* division, qui sera composée des 5' léger, 88% 44* et 40' (cette division devra se réunir à Paris; vous ne la ferez venir que quand | on le pourra sans inconvénient) ; de la 21* division ; le 15' de ligne, le 26% le 61' et le 8' léger formeront cette 21' division, qui se réunira entre la Loire et la Dordogne; elle restera là jusqu'à nouvel ordre.

Ce corps sera sous les ordres du comte de Lobr.u ; il sera ainsi composé de seize régiments.

Le 2' et le 3* de hussards formeront une brigade

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de la 9' division de cavalerie; ils partiront aussitôt après que je les aurai vus pour se rendre à lîclfoit, où ils seront censés détachés de la 9* division et sons les ordres du général Girard. Le 13' de chasseurs fera partie de la 9' division et se rendra en Alsace.

Il sera formé une 5' division de réserve composée des 2% 7% 12* et 9' de dragons; cette division se réunira à Paris et sous les ordres du comte de Lobau. Donnez ordre au 9* de dragons de revenir à Paris sur-le-champ.

Le 13' de dragons ira compléter la 4' division de réserve. Vous pourriez le faire partir demain.

Le 35* régiment d'infanterie se rendra en Alsace et fera partie de la 15* division.

Le -41* se rendra au 4* corps et fera partie de la 14* division.

Le 46* se rendra au 4* corps et fera également partie de la 14* division.

Le 6' léger se rendra en Alsace et fera partie de la 17' division.

Le 45* recevra sur-le-champ Tordre de retourner et de se rendre au 4* corps, où il fera partie de la 13' division.

Le 75* fera partie de la 10' division.

Le 74° fera partie de la 1 1 * division.

Le 73* fera partie de la 4* division.

Le 65' se rendra en Flandre et fera partie de la 9* division.

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Par ce moyen, toutes les divisions seront à quatre régiments.

Vous laisserez au général Morand et aux généraux qui commandent sur la Loire toute la latitude convenable pour ces mouvements.

8* corps. — Le 13« de ligne, le 63% le 10^ de ligne, le 69% le 70% le 3^ léger, le 78% le 56^ et le 62' formeront trois divisions, qui composeront le corps d'observation des Pyrénées ou le 8* corps, que le général Clausel commandera.

Les 3% 14^ et 15' de cbâsseurs formeront une 10' division de cavalerie légère et feront partie du corps d'observation des Pyrénées sous les ordres du général Clausel.

7^ corps. — Le 49% le 39% le 6' de ligne, le 58% le 83% le 87% le 82' , le 48^ , le 16' formeront trois divisions qui composeront le 7* corps. Présentezmoi la formation et le lieu de réunion de ces trois divisions. Vous réitérerez l'ordre que les trois régiments qui sont en Corse repassent à Toulon; ils feront partie du corps d'observation des Alpes.

Pour la cavalerie de l'armée des Alpes, il sera attaché au 7* corps les 3® et 4' escadrons du 4^ de hussards, dont le dépôt est à Vienne; les 3' et 4^ escadrons du 13' de dragons, dont le dépôt est à Lyon; et le 10' de chasseurs, dont le dépôt viendra à Avignon et dont le régiment quittera les Pyrénées pour se porter sur le Rhône.

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Ainsi j'aurai : au 1*' corps, quatre divisions d'infanterie ou seize régiments; au 2* corps, cinq divisions ou vingt régiments ; au 3* corps, deux divisions ou huit régiments; au 4* corps, trois divisions ou douze régiments; au 5' corps, trois divisions ou douze régiments; au 6® corps, quatre divisions ou seize régiments; au 7* corps, quatre divisions ou douze régiments^ au 8* corps, trois divisions ou neuf régiments; total, vingt -huit divisions ou cent cinq régiments, ce qui emploie la totalité des régiments de France.

Il faudrait organiser de plus cinq régiments étrangers. Le premier régiment étranger se composera des déserteurs piémontais et italiens; il se rt'unira à Chàlons-sur-Saône. Le second se composera des Suisses, qu'on pourra réunir du côté d'Amiens. Les Polonais formeront le troisième, qu'on réunira à Soissons. Le quatrième régiment se composera d'Allemands, qu'on réunira sur la Loire, du côté de Tours. Enfin le cinquième se composera de Belges, qu'on réunira sur la Somme, à Amiens.

Je pense qu'il faudrait préparer des cadres en officiers pour ces cinq régiments et les envoyer dans les différents lieux de réunion indiqués. Xous avons beaucoup d'officiers français qui ont servi en Italie : fermez-en le cadre du régiment des Piémontais. Les officiers suisses qui nous restent for-

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nieront le cadre du régiment suisse. Les officiers polonais que nous avons ici formeront le cadre du régiment polonais, et, en cas d'insuffisance, vous y placeriez de préférence des officiers français qui ont été longtemps en Pologne. Enfin vous prendrez des officiers flamands pour former les cadres du régiment belge, et des officiers de TAlsace et des bords du Rhin pour les cadres des régiments allemands. Les Polonais seront habillés à la polonaise, les Suisses en rouge, les Belges avec l'uniforme actuel des régiments belges, et les Piémontais en bleu, que je suppose être la couleur de l'uniforme piémontais, afin de pouvoir utiliser les déserteurs avec l'habit sous lequel ils viendront. Présentezmoi un projet de décret pour la formation de ces cinq régiments étrangers.

Faites-moi connaître s'il reste quelques régiments de cavalerie dont je n'aie pas disposé. Il faudrait un régiment de cavalerie légère pour compléter la division des Alpes. J'ai formé neuf divisions de cavalerie légère aux armées du \ord et du Rhin. Ces divisions, à quatre régiments chacune, feraient trente-six régiments ; mais je n'ai que vingt-sept régiijients de cavalerie légère; sur ces vingt-sept, quatre sont employés dans le Alidi, c'est-à-dire aux Alpes et aux Pyrénées; il ne me reste donc que vingt-trois régiments : ainsi le déficit est de treize régiments, illais j'ai formé cinq divisions de réserve

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de cuirassiers et de dragons, qui n'emploient que vingt régiments; or j'ai vingt-neuf régiments de grosse cavalerie; c'est donc neuf de plus qu'il ne faut, ce qui réduit le déficit, pourrorganisation de la cavalerie légère, à quatre régiments. Il faudra donc que l'organisation des neuf divisions de cavalerie légère comprenne neuf régiments de dragons. Je pense qu'il faut placer les dragons en brigades, en attachant quatre brigades à quatre divisions de cavalerie et le régiment de dragons restant à une cinquième division. Des neuf divisions de cavalerie légère, cinq seront à quatre régiments et quatre à trois régiments. Je pense que vingt-sept régiments de cavalerie légère ne sont pas assez; il laudrait en former trois autres, et alors il n'y aurait plus qu'une division qui ne serait composée que de trois régiments.

Ayant ainsi éclairci mes idées sur les régiments de cavalerie qui doivent rester dans le Midi , je pense qu'il conviendrait que le 4* de hussards, le 13' de dragons, les 3% 14% 15' et 10' chasseurs, ce qui fait six régiments, n'envoyassent personne à Versailles, et que vous donnassiez l'autorisation à ces régiments, qui ont leurs dépôts loin des frontières, de compléter eux-mêmes leurs remontes à un prix fixe. Il serait nécessaire aussi de les autoriser à faire faire leurs selles, pour éviter le transport dispendieux des selles que nous avons dans le

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Xord. Ce qui est relatif à ces régiments sera donc une modification apportée à ce que je vous ai écrit hier pour le dépôt de Versailles.

Xapoléoiv.

D'après l'original comm. par M^^e la maréchale princesse d'Eckmûhl.

1649. — BASES DE L'ORGAXISATIOX DES GARDES XATIOXALES.

AU GÉNÉRAL COMTE AXDRÉOSSV , PRÉSIDENT DE LA SECTION- DE LA GUERRE AU CONSEIL d'ÉTAT.

Paris , 3 avril 1815 . au soir.

Je vous envoie un rapport et un projet de décret sur les gardes nationales. Je vous envoie aussi un projet de tableau et un travail fait par Ailent, qui était à la tète de la garde nationale.

Je désire que vous réunissiez les sections de la guerre et de l'intérieur, afin de me proposer un projet définitif dans le plus court délai possible.

Pour organiser les gardes nationales de France, je voudrais que toutes les gardes nationales eussent pour uniforme une blouse gauloise bleue, qui ne coûterait que 10 ou 12 francs ; il y aurait une broderie pour les officiers. Les chasseurs et grenadiers qui auraient le moyen de s'habiller en gardes nationaux, et les officiers qui voudraient porter un habit

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en seraient les maîtres ; mais la blouse serait l'uniforme général, et cela coûterait peu de chose.

Je voudrais obtenir trois buts :

1° Organiser toutes les populations des frontières sous leurs officiers, de manière qu'elles puissent défendre leurs propriétés. \os départements de France sont, l'un portant l'autre, de 300,000 habitants. Je voudrais, dans un département de 300,000 habitants, avoir 30,000 gardes nationaux, ce qui ferait quarante-deux bataillons de 720 hommes, à six compagnies, et chaque compagnie de 120 hommes, officiers compris. Ces quarante-deux bataillons seraient divisés en autant de légions qu'il y a de sous-préfectures, et il y aurait, par sous-préfecture, un colonel nommé par moi. Ces quarantedeux bataillons fourniraient leurs compagnies de grenadiers et de chasseurs, ce qui ferait quatrevingt-quatre compagnies ; ces quatre-vingt-quatre compagnies auraient un effectif de 10,000 hommes et un présent sous les armes de près de 8,000. On réunirait les compagnies de grenadiers et de chasseurs en bataillons de six compagnies, de sorte que ces quatre-vingt-quatre compagnies formeraient quatorze bataillons.

Le département du \ord, qui a une population égale à deux départements, aurait ainsi 60,000 hommes de garde nationale, et vingt-huit bataillons ou 20,000 hommes de chasseurs et de grenadiers.

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