IX
Désignez aussi un officier général du génie. Il ne faut prendre ni Rogniat , ni Haxo, ni Marescot, qui seront nécessaires pour les armées.
Votre troupe d'infanterie se composera de 30,000 gardes nationaux, de 20,000 hommes des levées en masse, de 20,000 hommes de troupes de marine, et enfin de 20,000 hommes que donneront les dépôts des régiments qui doivent se grouper sur Paris; ce qui fera plus de 90,000 hommes.
Xapolégx.
D'après l'original comru. par M^^ la maréchale princesse d'Eckmùhl.
16Ô5. — ORDRES GOXCERXAXT LA MISE EX ETAT DE DEFEXSE DE CERTAIXES PLAGES ET DE GERTAIXS DÉBOUCHÉS SIR LES FROXTIÈRES.
AU MARÉCHAL DAVOIT, PRINCE d'eCRMLHL, MIXISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Paris, 30 avril 1815.
Alon Cousin, j'ai lu le mémoire du comité de défense. Il est indispensable de mettre Alontbéliard à l'abri d'un coup de main, et que vous fassiez armer et mettre en état, sous peu de jours, Pierre- Cbàtel, Salins, le passage des Échelles, le fort de l'Écluse. Cela me paraît de la plus haute impor-
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tance. Je suppose que lous vous en êtes occupé. Ec.oyoi des officiers du génie et d'artillerie, avec les commandants que vous destinez pour ces forts, pour ne pas perdre une minute. Je vous ai écrit pour le château de Font-Saint-Esprit et Sisteron. il faut qu'avant le 10 ou 15 mai tous ces forts soient en état de défense et approvisionnés pour trois mois. Envoyez-y des compagnies de vétérans que vous pourrez tirer des places où vont se rendre les gardes nationales. Alettez aussi dans tous ces forts des escouades d'artillerie. Dans l'état de distribution des gardes nationales, il y a pour chacun de ces forts des bataillons de grenadiers et de chasseurs, qui seront aidés par ces escouades d'artillerie et par ces compagnies de vétérans. Il est de ces forts qu'il faut protéger par des redoutes sur des hauteurs ou par des abatis. Faites faire ces travaux et donnez ordre au commandant de la division territoriale ou du dépaitenient de se rendre sur les lieux, et de ne pas bouger que tout ne soit en état. •Je dois vous avoir écrit pour les fortifications à faire à chacun des passages des Vosges. Je suppose que vous avez donné tous les ordres, et que le général Gérard veille à ce que tout s'exécute exaclement. Tous les officiers du génie de son corps doivent y être employés. On doit requérir lous les paysans qui sont nécessaires, et faire travailler avec activité.
Il est probable que la Suisse sera neutre; mais les alliés pourraient violer son territoire : il faut donc s'occuper de retrancber toutes les gorges du Jura. Le général Haxo connaît mieux que personne les défilés de ces montagnes. Des retranchements et des redoutes pourraient être -inutiles, si nous employions là de bonnes troupes; mais, comme nous ferons défendre le Jura par les gardes nalionales des 6^ et 18' divisions, qui ne sont flanquées à droite que par les chasseurs et grenadiers de la 19^ division, il faut les appuyer sur des ouvrages et faire fortifier toutes les gorges.
Il est indispensable qu'il y ait à Besançon des pièces de campagne et quelques pièces de montagne sur affûts de traîneau, qu'on puisse donner aux gardes nationales qui défendront les défilés.
Xapoléon.
D'après l'original comm. par M''-^^ la irarécbale princesse d'Eckmûhl.
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1666. — DISTRIBUTIOX DES BATAILLOXS DE GARDE XATIO.VALE EXTRE LES ARMÉES.
AU MARÉCHAL DAVOIT, PRiXCE d'eCKMLHL, MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Paris, I" mai 1815.
Mon Cousin, je vous ai envoyé l'état de distribution des bataillons de grenadiers et de cbasseurs des gardes nationales mises en réquisition jusqu'à ce jour. Il en résulte que Tarmée du Xord , qui emploie en tout ou en partie ce que la l""', la 2% la 14-% la 15* et la IG' division fournissent, aura cent cinq bataillons de garnison.
Si, dans les départements où la levée est difficile, il y avait quelque déficit, on pourrait tirer de la deuxième ligne de quoi y suppléer. Ainsi, par exemple , le Calvados fournit cinq bataillons à Abbeville; Seine-et-AIarne en fournit quatre à Meaux; l'Oise en fournit deux à Amiens : s'il y avait urgence, on pourrait tirer de ces diff'érentes garninisons pour envoyer sur les points de l'extrême frontière où il y aurait déficit.
La garnison importante de Lille se trouve, d'après cet état, formée de sept bataillons de l'Aisne, qui sont bons, de quatre de la Seine-Inférieure, qui
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sont également bons, et de la garde sédentaire de la place.
Indépendamment de cent cinq bataillons de garnison, Tarmée du Xord aura une division de réserve de grenadiers de gardes nationales qui prendra le nom de T^ division de réserve de grenadiers de gardes nationales. Cette division se réunira à Sainte-AIenebould et sera commandée par un lieutenant général , deux maréchaux de camp et cinq colonels ou majors en second , que vous enverrez pour commander chaque régiment, que l'on composera de deux bataillons. On organisera, pour cette division, à Sainte-AIenehould, une batterie de huit pièces de canon. Vous ferez comprendre la 1'^ division de réserve des gardes nationales dans l'étit de situation du 6^ corps, qui est la réserve de l'armée du Xord.
L'armée de la Moselle aura quarante-deux bataillons de gardes nationales, dont trente-deux tiendront garnison dans les places et dix fornicront une division de réserve, qui portera le nom de 2' division de réserve des grenadiers de gardes nationales. Cette division sera commandée par un lieutenant général, deux maréchaux de camp et cinq colonels ou majors. Elle aura également une batterie d'artillerie. Le général en chef de l'armée de la Aloselle se servira de cette division, qui doit se réunir à Nancy, s| écialement pour défendre les
Vosges et appuyer ses inruuemenls. .Mettez à li ïùie de cette division des généraux qui connaissent l3S Vosges.
L'armée du Rhin aura trente-cinq bataillons, dont vingt-neuf dans les places et six de réserve. Vn lieutenant général, deux maréchaux de camp, trois majors ou colonels commanderont ces bataillons. La réserve aura une batterie; elle se réunira à Colmar et sera sous les ordres du général commandant la 5*" division militaire.
Le corps d'observation du Jura aura quarantesix bataillons, dont vingt-deux dans la garnison et vingt-quatre en réserve. Ces vingt-quatre bataillons formeront deux divisions de réserve qui se réuniront, l'une à Vesoul et l'autre en avant de Besançon. Deux lieutenants généraux, quatre maréchaux de camp et douze colonels, majors ou lieutenantscolonels, commanderont ces deux divisions, qui prendront les noms de 3" et 4' division de réserve de gardes nationales. Elles seront spécialement chargées de la défense du Jura et de celle du débouché de Belfort. Si la Suisse reste neutre ou que l'ennemi ne viole pas sa neutralité, ces viugt-quatre bataillons se réuniront à Belfort, pour appuyer la droite des Vosges , couvrir le débouché de Belfort et tout le haut Rhin.
L'armée des Alpes aura cinquante-six bataillons, dont quatorze en garnison et quarante-deux en ré-
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serve. Ces quarante-deux bataillons de réserve formeront trois divisions, savoir : la 5% la 6* division de réserve de gardes nationales, qui seront composées des vingt-quatre bataillons de la 7* division militaire ; la 7' division de réserve de gardes nationales, qui sera composée des quatorze bataillons de la 19' division militaire. Ces trois divisions seront placées sous les ordres du général en chef de l'armée des Alpes : une au fort Barraux, une à Valence, et la 7% avec les bataillons de la 19' division militaire, dans une position entre le fort de FEcluse et Lyon , pour couvrir cette dernière ville contre une colonne ennemie qui viendrait de Genève. Il faut donc envoyer trois lieutenants généraux, six maréchaux de camp et vingt et un colonels ou majors, pour commander ces gardes nationales. Il faut également leur organiser des batteries.
11 faut donner pour instruction aux généraux commandant dans le Nord que les garnisons des places puissent se réunir et former des divisions actives, qui prennent position en avant des lignes. Cela doit s'appliquer à toutes les grandes garnisons. Metz, par exemple, qui a une excellente garde nationale, peut former ses grenadiers et chasseurs en une division de réserve , pour aller au secours de Tarmée active, assurer les convois, etc. Il est donc nécessaire que les généraux en chef connaissent bien les troupes qui doivent composer les garnisons.
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Vous devez donner des ordres pour que les grenadiers et chasseurs se rendent dans leurs garnisons respectives sans armes et sans leur habillement; et prenez des mesures pour que les armes et l'habillement leur soient fournis dans ces garnisons. Si, en exécution des ordres du ministre de l'intérieur, les préfets ont pris des mesures pour les ha})illGr, il faut qu'ils leur envoient des habits. En attendant, ils s'exerceront et rendront les troupes de ligne disponibles. Il est important que, du 10 au 15 mai, toutes les places soient occupées par les gardes nationales, et que les troupes de l'armée, se réunissant dans les camps , deviennent mobiles.
Cela fait, en tout, deux cent quatre-vingt-quatorze bataillons, sans y comprendre les garnisons de la 13' et de la 14' division. Sur ces deux cent quatre-vingt-quatorze bataillons , quatre-vingt-douze sontréunis en divisions deréserve et deux cent deux forment la garnison des places.
Chaque régiment de garde nationale sera composé de deux bataillons.
Le colonel ou major, le chef de bataillon, les adjudants-majors seront tirés des troupes de ligne.
Ayez soin d'envoyer en Alsace des généraux et officiers qui parlent allemand.
Xapoléon.
D'après l'original comm. par M""* la maréchale princesse d'Eckmûhl.
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1667. — IMSTRIGTIOXS A DOXXER AUX GÉXÉRAIX COM-MAXDAXT LES ARMÉES ET LES CORPS D'OBSER- VATIOX.
AU MARÉCHAL DAVOLT , PRINCE d'eCKMLHL^ .MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Paris , 1" mai 1815.
Mon Cousin, tous devez faire connaître aux généraux commandant en chef les armées du \ord, de la Moselle, du Rhin, des Alpes et le corps d'ohservation du Jura, le système que j'ai adopté pour la défense du territoire. Leurs armées se composent de troupes actives et de troupes de garnison. Les garnisons sont toutes composées de bataillons de grenadiers et de chasseurs de gardes nationales et de la garde nationale sédentaire de la place. L*armée active se compose des troupes de ligne de toutes armes, des divisions de réserve des gardes nationales, des corps francs ou de partisans et de la levée en masse.
Je ne dirai rien ici de l'organisation des troupes de ligne qui doivent être sous leurs ordres.
Pour Tarmée du \ord, il y a plusieurs chefs de corps d'armée qui ont chacun plusieurs divisions sous leur commandement. L'armée de la Moselle se compose de trois divisions d'infanterie déjà organisées,
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qu'il faut successivement renforcer, afln que chaque régiment ait ses quatre bataillons à Tarmée. Il faut renforcer de même les régiments de l'armée du Rhin et ceux de l'armée des Alpes. Le commandant du corps du Jura aura la division d'infanterie qui est actuellement à Belfort.
La garde nationale active se compose d'une division de réserve pour le Xord, d'une division pour l'armée de la Moselle d'une division pour l'armée du Rhin, de deux divisions pour le corps d'observation dn Jura, et de t-rois pour l'armée des Alpes.
Chaque général commandant en chef doit encourager la formation des corps de partisans dans son commandement. Il doit leur désigner les forêts, les ravins et les directions où ils doivent manœuvrer pour intercepter la ligne de communication, les convois et les courriers de l'ennemi. Vous devez faire imprimer le décret sur la formation des corps francs' et l'envoyer aux généraux et aux préfets, sans pour cela le faire insérer dans tout son contenu au Moniteur,
Les divisions de réserve de gardes nationales sont sous les ordres des lieutenants généraux. Les gardes nationales dans les garnisons sont sous les ordres des gouverneurs de place. Les partisans sont détachés et sous les ordres de ceux qui cooimaudent les corps francs.
1 Voir le dccret n'^ 21831.
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Les généraux commandants d'armée sont maîtres de donner la correspondance et la direction des corps francs aux lieutenants généraux des ailes, aux commandants des départements ou aux commandant des places sur lesquelles ces corps doirent s'appuyer. Mais il est important de ne pas les distraire de leur service et de leur laisser l'indépendance nécessaire dans leurs mouvements.
La levée en masse se compose de l'organisation de la garde nationale, de tous les gardes forestiers, de toute la gendarmerie et de tous les bons citoyens et employés qui voudraient s'y joindre. Elle doit être organisée par département et être sous les ordres d'un maréchal de camp, soit de celui qui est chargé de l'organisation des gardes nationales, soit de celui qui commande le département. Cette levée en masse doit se réunir au son du tocsin, et les généraux commandants en chefs des armées doivent indiquer les points de ralliement qu'elle doit occuper en masse, tels que les défilés des ponts, les gorges des montagnes, ou lui donner des rendezvous un jour d'affaire pour^venir soutenir l'armée et tomber sur les flancs et les derrières de Tennemi. Les généraux en chef seront les maîtres de charger un général de l'état-major de toute la correspondance et de la direction des levées en masse. Dans chaque déparlement, le général en chef indiquera les ponts, défilés et villes fermées que les le-
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vées en masse doivent plus spécialement défendre. Il doit donner des ordres pour que les habitants travaillent sur-le-champ à mettre en étal de défense leur ville, leurs portes, leurs ponts, par des barrières, des palissades ou des tètes de pont, selon les localités ; de sorte que la cavalerie légère ennemie, les officiers porteurs d'ordres, les convois, les fourrageurs ennemis, ne puissent se répandre nulle part. Le grand nombre de places fortes que nous avons sur la ligne du \ord, les défilés qui sont sur la droite, les grandes forêts d'alentour, comme celle de Alormal et autres, sont propices aux mouvements des partisans et des corps francs, et même pourraient servir de retraite à une portion de la levée en masse. Les gorges des Ardennes, la forêt de TArgonne, les différentes lignes de rivières et un grand nombre de petites places fermées, qui sont à l'abri des incursions des troupes légères, doivent servir de points d'appui aux levées en masse pour la défense du pays. La défense du passage du Rhin, la défense des Vosges, celle des gorges de la Franche-Comté, les défilés du Jura et tous les défilés des Alpes, sont extrêmement favorables aux opérations des autres armées.
Il sera nécessaire que les généraux en chef fassent connaître par des circulaires aux villes de leur commandement que sera réputée lâche et traître envers la patrie toute ville qui ne se défendrait pas contre IX. 21
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des troupes légères, qui obéirait à des réquisitions ou se soumettrait à des sommations que Tennemi n'aurait pas appuyées par des forces supérieures en infanterie; qu'en conséquence, chaque ville doit réparer ses portes, son enceinte, la défense de ses ponts, afin que la gloire acquise par les villes de Chalon, de Saint-Jean-de-Losne et de Tournus soit partagée par toutes les villes de France, et que Texemple donné par Dijon et Màcon ne se renouvelle plus.
Je pense qu'une circulaire bien faite, que vousmême vous adresseriez aux préfets et aux maires des villes, serait utile. Vous leur ferez sentir d'abord combien du succès de cette guerre, si elle a lieu, dépendent le salut de la France et son indépendance; combien notre cause est juste et sainte; que j'ai une forte armée que je commanderai moimême, et que nous battrons l'ennemi ; mais combien il est nécessaire que partout on soit prêt à Concourir à la défense de Thonneur de la nation, et que partout l'ennemi ne trouve qu'obstacles et des Français animés par le plus pur patriotisme.
Des officiers du génie devront parcourir les localités et donner leur avis.
Le comité de défense donnera des instructions pour défendre en deuxième ligne la Somme, la Meuse, les Vosges, la Saône et le Rhône.
Ces travaux faits, il nous restera à organiser,
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dans les meilleures provinces du centre, une quarantaine de bataillons pour occuper Bordeaux, Toulouse, les principaux débouchés de la Loire, \antes, et contenir les malveillants qui voudraient exciter la guerre civile.
11 restera aussi à s'occuper du corps d'observation du Var et de celui des Pyrénées. Alais il ne faut pas perdre un moment pour organiser les armées du Nord, de la Moselle, du Rhin, du Jura et des Alpes.
Ainsi il y aura pour chaque armée un général en chef, un adjudant général, qui correspondra avec les partisans et en aura la direction, et un général qui correspondra avec les commandants de département pour les levées en masse et qui en aura la direction. Les généraux en chef seront Tàme de tout.
Je n'ai pas nommé de général en chef pour le \ord, parce que je me réserve ce commandement ; mais vous chargerez le comte d'Erlon de faire l'organisation dans la 16' division militaire, et le général Vandamme dans la Meuse et les Ardennes,
Xapgléox.
D'après l'original comm. par M"'* la maréchale priuces^e d'Eckmùhl.
3(.4 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE [181^1
1668. — OUVRAGES A GOXSTRtTRE POUR LA DÉFENSE. DE PARIS.
AU MARÉCHAL DAVOIT, PRINCE d'eCKMUHL , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Paris, I" mai 1815.
Mon Cousin, lous donnerez Tordre au général Haxo et au général Rogniat, accompagnés d'un colonel du génie et de deux capitaines, de se rendre demain sur les hauteurs de Montmartre, d'y tracer quatre redoutes de 60 à 80 toises de côté intérieur et battant les différents débouchés de la montagne. Le colonel et les deux capitaines seront chargés de la suite des travaux. Dès demain ces deux généraux feront placer les jalons. Dès mardi, le colonel et les officiers du génie monteront les ateliers et mettront 50 travailleurs à chaque redoute, de sorte qu'avant jeudi il y ait là 1,000 ouvriers qui travaillent. Mardi, les généraux continueront de visiter les hauteurs ; ils feront placer des jalons sur celles de Ménilmontant pour le tracé de tous les ouvrages qu'ils jugeront indispensable d'occuper. Ils ne perdront pas de vue que mon but est de favoriser des troupes inexpérimentées et de les mettre en état de tenir contre de vieilles troupes. Quand ils auront tracé les ouvrages de Ménilmontant et de Belleville,
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ils suivront, par Saint-Denis et antres points, la reconnaissance des positions à fortifier pour compléter la défense de Paris.
J'ai deux buts, l'un de faire voir que nous ne nous dissimulons pas le danger, l'autre de profiter du moment pour avoir ces ouvrages, qui, si nous avons la paix, se trouveront faits et pourront, dans de différentes circonstances, être utiles.
Vous autoriserez cette commission à se faire aider par un détachement de l'Ecole polytechnique.
Xapglégx.
D'après Toriginal comm. par M"« la maréchale princesse d'Eckmîii.l.
1669. — ORDRES POUR LA DEFEXSE DE LYOX.
AU MARÉCHAL DAVOUT , PRIXCC d'eCKMUDL , MINISTRE DE LA GlEBRE, A PARIS.
Paris, 2 mai 1815.
Mon Cousin, je vous ai mandé que je voulais trente batteries d'artillerie sans attelages ni personnel, pour le service de la défense de Paris. Mon intention est que vous fassiez sur-le-champ disposer un parc de dix batteries pour défendre Lyon ; il n'y aura également ni personnel ni attelages. Ces batteries auront un double approvisionnement. Xommez
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un général pour commander cette artillerie, qui sera servie, 1* par un bataillon d'artillerie de marine de Toulon, qui servira six batteries; 2° par la compagnie de l'École vétérinaire, qui servira deux batteries; et par deux compagnies de gardes nationales qu'on formera et qui serviront les deux autres batteries. La compagnie d'ouvriers militaires qui sera attachée à l'armée des Alpes pourra travailler aussi aux fortifications de Lyon.
Les troupes chargées de défendre la ville consisteront dans la division des grenadiers et chasseurs delà 19* division militaire, qui se réunissent d'abord du côté du fort de rÉchise, et se reploieraient sur Lyon; dans 8 ou 9,000 hommes de gardes nationales sédentaires de Lyon et des faubourgs; enfin dans les dépôts de troupes de ligne et détachements qui arriveraient de l'armée des Alpes.
Le général Curial, qui commande la division, commanderait cette place. 11 faut lui donner un maréchal de camp actif et vigoureux, comme commandant d'armes, et lui organiser le service du génie et de l'artillerie, afin que tout cela ait l'ensemble et l'activité nécessaires.
Les dix batteries doivent être suffisantes pour défendre cette ville. Dans ce nombre, il est indispensable qu'il y ait au moins trente à quarante pièces de 12; et, quand les ouvrages seront plus avancés, il sera nécessaire d'y envoyer huit ou dix pièces de
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siège pour tirer d'un bout de la rivière à l'autre. Je suppose que vous avez donné des ordres pour rarmement et la mise en état de Grenoble.
Napoléon.
D'après l'original comm. par M"'« la maréchale princesse d'Eckmùhl,