‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la Guerre (volume 2)Chapitre 57 sur 70 · MEME SUJET · texte numérisé non relu

MEME SUJET

AU MARÉCHAL DAVOIT , PRLVCE d'eCKMUHL, MLVISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.

Paris, 2 mai 1815,

Mon Cousin, je viens de lire Tavis du comité sur la défense de Lyon. La mesure que vous avez prise d'envoyer le général Alontfort n'est pas suffisante. Ordonnez qu'on fasse un pont-levis au pont de la Guillotière; faites renforcer par une barrière le débouché du pont. Faites faire une tête de pont au pont des Brotteaux, afin d'avoir un point de ce côté pour l'offensive. Ordonnez la mise en état de l'enceinte, sur les hauteurs entre la Saône et le Rhône; faites établir plusieurs redoutes sur ces hauteurs, une, entre autres, en avant de la côte qui domine le Rhône; on y appuierait une floche qu'on construirait sur le chemin de halage, ce qui la joindrait au Rhône et protégerait les palissades dont on garnirait le rempart qui arrive au fleuve. Ces ouvrages ne sont pas d'une grande difficulté. Ordonnez que

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l'armement ait lieu en même temps. Il est nécessaire que ce soit fait avant le 20 mai. L'armement n'empêche pas de travailler en même temps à la mise en état des ouvrages.

C'est déjà un grand résultat que de mettre Lycn à Tabri de la manière que j'ai déterminée ci-dessus ; mais ce succès ne saurait être complet si Ton n'occupe également la rive droite de la Saône. Ordonnez donc qu'on y construise des redoutes : une qui remplace Pierre-Encise, ferme la ville de ce côté et la sépare du faubourg; l'autre qui couvre les hauteurs qui dominent le quartier Saint-Jean. Donnez ordre qu'une partie des sapeurs et des officiers du génie de l'armée des Alpes, ainsi que les officiers d'artillerie destinés à Toulon, se rendent dans la place sans délai.

On peut à la fois mettre en état le pont de la Guillotière, établir un second pont-levis au pont des Brotteaux, travailler à la tète de pont des Brotteaux, à la réparation de l'enceinte entre la Saône et le Rhône, et aux deux redoutes les plus importantes; Tune, comme je l'ai dit ci-dessus, en avant du côté du Rhône, de manière à appuyer une flèche qui longe le fleuve ; lautre du côté de la Saône, qui défende une flèche appuyée à la rivière. Il est nécessaire qu'au 5 mai les travaux soient en activité.

Pendant ce temps on reconnaîtra les hauteurs de Fourvières, sur la rive droite de la Saône, et on sou-

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lîiettra les projets des ouvrages au comité des fortifications.

Il sera nécessaire d'établir une barrière au pont de Perrache, afin qu'on soit maître de ne le couper qu'à la dernière extrémité.

Napoléon.

D'après l'original comm. par M"'^ la maréchale princesse d Eckmûhl,

1671. — ORDRE POUR HATER LE DEPART DES GARDES XATIOXALES ET POUR FIXER LES APPROVISIOXXE- MEXTS DE PAIX.

AU MARÉCHAL DAVOUT , PRIXCE d'eCKMUHL, MINISTRE DE LA GlERRE, A PARIS.

* Paris , 2 mai 1815.

.Mon Cousin, écrivez de nouveau pour que les gardes nationales se rendent en toute diligence dans les places fortes , afin que le 10 mai il n'y ait plus un bataillon de troupes de ligne dans nos places, et qu'à cette époque tous les corps soient cantonnés; ou, s'il en reste encore dans les places, qu'ils n'y fassent aucun service, qu'ils soient entièrement disponibles; que les chevaux de peloton soient achetés, les ambulances organisées, et que chaque général ait toujours à l'avance, pour son corps d'armée, six jours de pain, qui se renouvellera par la consom-

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Diation de chaque jour; de sorte qu'au premier ordre de départ le soldat emporte avec lui six jours de pain.

Napoléon.

L'après l'original comm. par M™e la maréchale princesse d'Eckmûhl.

1672. — ORDRES GOXCERXAXT L.^ RESERVE DES APPROVISIO.WEMEXTS.

AU MARÉCHAL DAVOIT, PRINCE d'eCKMUHL , MLMSTRE DE LA GUERRE , A PARIS.

Paris , 3 mai 1815.

Aïon Cousin, je réponds à votre rapport du 27 arril. Faites votre répartition des 8,000 chevaux entre les différents départements. J'ordonnerai qu'on les paye en bons admissibles en payement des biens des communes et des forêts.

Je pense que Tapprovisionnement de siège pour trois mois est suffisant; faites-moi connaître à combieii celte dépense se montera, ainsi que celle pour la réquisition des chevaux.

Je voudrais prendre sur-le-champ des mesures pour ces deux fournitures. Faites-moi connaître l'argent que vous avez avancé. 11 faudrait éviter les réquisitions pour le service de l'armée ; il me semble que c'est facile; les consommations consistent en

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pain, eau-dc-vie, légumes, fourrages et viande; le pain, Teau-de-vie, les légumes, les fourrages, sont fournis par le munitionnaire ; il est tenu d'avoir trois mois d'avance ; or la consommation de Tarmée au 1" mai était pour 250,000 hommes et 40,000 chevaux : a-t-il pour 250,000 hommes et 40,000 chevaux pendant trois mois? Le munitionnaire général est tenu , à la fin de février, d'avoir pour six mois. Je pense qu'il faudrait traiter avec lui pour que, au lieu de février, il soit tenu d'avoir cette réserve à la fin de mai; alors on aurait pourvu à tout. En cas de réquisition , comme cela doit nécessairement avoir lieu, les munitionnaires seraient tenus de les payer, conformément à la circulaire qu'ils ont faite. Ils seraient également tenus des constructions extraordinaires de fours et de fournir les boulangers et employés nécessaires dans toutes les divisions de l'armée. Il s'agirait donc de s'assurer, 1° que le munitionnaire avait, au 1" mai, pour 250,000 hommes et 40,000 chevaux pendant trois mois, etc. ; 2'' qu'une partie de cela était dans les places fortes, comme magasin journalier.

Dans cet état de choses, les approvisionnements de siège, déjà formés pour trois mois, se trouveraient assurés pour six mois en pain, fourrages, eau-de-vie et légumes. Le reste des trois mois serait réparti dans les différentes divisions militaires, pour le besoin des troupes.

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Si rons exigez du munitionnaire qu'il fasse des magasins de réserve depuis Paris jusqu'à Meaux, Soissons, Laon, Guise et Avesnes, qu'il en fasse à \ itry, à Langres, à Strasl)Ourg, à .Metz, il les prendra sur les trois mois qu'il va être obligé d'avoir pour porter sou avance à six mois. Vous vous procurerez facilement de cette manière une réserve de 23 millions de rations et -4 millions de fourrages. Il n'est donc plus question que d'obtenir du munitionnaire d'accélérer son approvisionnement pour six mois, en réalisant aujourd'hui ce qu'il ne devait réaliser qu'en février.

Il me semble que cet arrangement doit lui être avantageux, puisque le blé est à meilleur prix aujourd'hui qu'il ne le sera on février. Cependant, comme il serait possible qu'il n'eût pas les fonds sufGsants, je ne vois pas de difficulté à lui accorder un crédit de quelques millions sur les receveurs généraux, crédit qui se réaliserait, un million en juin, un million en juillet, un en août: et, si vous jugiez devoir lui avancer quatre millions, le dernier million serait réalisable sur septembre. La retenue de cette avance se ferait par un sixième chaque mois à commencer en avril. Par ce moyen, le trésor ne serait pas constitué en avance réelle, le munitionnaire serait suffisamment garanti en ayant une avance de crédit, les services seraient assurés partout, on pourrait faire des magasins de réserve

autant qu'on voudrait, puisqu'on aurait une réserve d'approvisionnement portée à six mois, et pourtant toutes nos places fortes se trouveraient aussi approvisionnées pour six mois. Alors Tarmée vivrait sans réquisitions; il n'y aurait que le premier approvisionnement des places, pour trois mois, qui serait fait par réquisition. On n'aurait plus qu'à s'occuper de la viande ; ce qui va être le sujet d'une autre lettre.

Napoléon.

D'après l'original comm. par M^" la maréchale princesse d'Eckmùhl,

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