ORDRES EX VUE DE LA FORMATIOX DE QUATRE ARMÉES DE RÉSERVE
AU MARÉCHAL DAVOLT , PRINCE D*ECKMUHL , MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Paris, 3 mai 1815.
Mon Cousin, je pense qu'il est indispensable de lever 120,000 hommes sur la conscription de 1815; mais qu'il serait utile de retarder encore quelques jours, jusqu'à ce que l'opération des anciens militaires soit plus avancée. Je pense aussi qu'il faudrait faire cette levée partiellement. Mais il est indispensable d'avoir une réserve pour nourrir la guerre.
Il est probable que nous ne retirerons pas plus de 100,000 hommes de l'appel des vieux militaires; ce qui complétera tout au plus les 2"' et 3" bataillons. Les cadres des 4" et 5" bataillons resteront donc libres : je voudrais les destiner à recevoir la conscription de 181 5.
Lorsque cette conscription rejoindra, les opérations militaires seront en train et notre territoire peut-être entamé sur quelques points. Le plus prudent me parait de réunir cette conscription, 1° à Lyon, pour le Dauphiné et la Provence; on ferait venir à Lyon un nombre de cadres de bataillons nécessaire, et on y formerait un établissement
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crhabillement; 2" à Bordeaux ou toute autre ville Toisine, pour les IP et 20^ divisions militaires ; S"" à Toulouse, pour les 10' et 9^ divisions militaires, et enfin à Paris, pour tout le reste de la France,
Il serait donc formé quatre armées de réserve : une à Paris, une à Lyon, une à Bordeaux et une à Toulouse. L'armée de réserve de Lyon serait composée d'autant de 4'* bataillons qu'on pourrait tirer de conscrits des 8% 7" et 19' divisions militaires; l'armée de réserve de Toulouse, d'autant de 4' bataillons qu'on pourrait tirer de conscrits des 9' et 10* divisions; l'armée de réserve de Bordeaux, d'autant de 4" bataillons qu'on pourrait tirer de conscrits des 11' et 20' divisions; enfin celle de Paris, d'autant de 4" bataillons qu'on pourrait tirer de conscrits des 1", 2% 3% 4% 5% 6% 12% 13% 14% 15' et 16' divisions militaires.
Il serait formé quatre ateliers d'babillement dans chacune de ces quatre grandes villes, pour babiller ces quatre armées.
Faites-moi donc un projet qui me fasse connaître , 1° le nombre des bataillons dont pourra être composée chaque armée; 2" les corps qui les fourniront. On en formerait autant de divisions qu'il y aurait de fois douze bataillons.
Xapoléon.
D'après l'original comm. par M™e la maréchale princesse d'Eckmiihl.
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1675. — ORDRES POUR LA DÉFEXSE DE L'ALSACE ET LES GARXISOXS DES PLAGES FORTES.
AU MARÉCHAL DAV0:T, PRIXGE d'eCKMUHL, MINISTRE DE LA GUERRE , A PARIS.
Paris, 9 mai 1815.
Mon Cousin, je vous renvoie les états du général Rapp. Vous lui ferez connaître que mon intention est qu'il ne reste pas un seul homme de troupes de ligne dans nos places fortes, qui doivent être abandonnées aux gardes nationales d'élite et aux gardes nationales sédentaires. Je suppose que vous me proposez un gouverneur pour Strasbourg et pour toutes les places de FAlsace. Il doit y avoir à Strasbourg un commandant d'armes, un maréchal de camp commandant des gardes nationales sédentaires et deux maréchaux de camp commandant les deux brigades d'élite de grenadiers de garde nationale. Indépendamment de ce, il doit y avoir des officiers d'artillerie commandants et des officiers commandant le génie. Les seules troupes de ligne qu'on puisse garder dans les places sont celles d'artillerie, mais dans le nombre déterminé par votre bureau d'artillerie, de manière que cela ne nuise en rien à l'armée du Rhin. Toutes les troupes
étant ainsi réunies au corps d'armée, mon intention est que la surveillance du Rhin, depuis Huningue jusqu'à Strasbourg, et depuis Strasbourg jusqu'aux lignes de Wissembourg, soit donnée aux gardes nationales qui font partie des garnisons. Les places se concerteront entre elles pour que leurs détachements puissent se croiser. On construira quelques redoutes, on crénellera quelques maisons, pour mettre le rivage à l'abri du passage de l'ennemi. Il doit y avoir dans les places des pièces de campagne qui seront attelées, dans le moment, par des chevaux de la ville ou des environs et que les charretiers du pays conduiront. On pourra, de cette façon, les conduire aux postes les plus importants. Le général Rapp doit ordonner la construction de ces ouvrages de campagne et de ces redoutes. Le quartier général doit se porter entre Strasbourg et Landau; toutes les divisions doivent être cantonnées aux environs des lignes de Wissembourg et de la Lauter, sans qu'aucun homme de — ^ cavalerie ni d'infanterie reste dans les places. On doit accélérer dans les dépôts, Tarmement et l'équipement de tous les hommes qui arrivent, et en augmenter sans délai les bataillons actifs. Au moment où les hostilités commenceraient, mais à ce moment seulement, les dépôts devront se diriger sur l'intérieur, conformément à ma lettre d'hier. Tous les officiers et soldats réformés ou jouissant de
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la solde de retraite doivent être réunis dans les places fortes, à moins qu'ils ne soient employés dans la levée en masse, et, dans ces places, ils serviront comme instructeurs et soutiendront le zèle des gardes nationales par leur expérience. Enfin il est convenable que les états-majors aient un nombre surabondant d'officiers. Je pense donc que le général Rapp doit, avant le 12 mai, avoir 20,000 hommes aux lignes de Haguenau. 11 se mettra en correspondance avec le général Gérard, qui réunira ses troupes dans la position qu'il jugera la plus convenable, près de Longxvy , ou de Thionville, ou de Sarrebruck. Ces deux généraux correspondront entre eux parBitche, en assurant tous leurs moyens de communication. Le général Gérard recevra le même ordre de faire évacuer par les troupes de ligne toutes les places fortes , en n'y laissant que le personnel d'artillerie que vous aurez désigné.
Les gardes nationales sédentaires et d'élite doivent seules former les garnisons des places; les dépôts resteront jusqu'au dernier mouient dans les places. On y accélérera les confections et on augmentera les troupes actives par tous les moyens possibles. On complétera d'abord les deux premiers bataillons à 500 hommes; après cela, on complétera le 3^ bataillon également à 500 hommes. Quand on aura ainsi complété les trois premiers bataillons à
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1,500 hommes, on s'occupera ensuite de les compléter chacun à 600 hommes. Les cadres du 4' hataillon et les dépôts, au moment de la déclaration de guerre, sortiraient des places pour se rendre dans l'intérieur, conformément à la lettre que je vous ai écrite. Il ne faut donc pas que, pour la garde des grandes places, on affaiblisse d'un seul homme les troupes de ligne.
Quant aux officiers et soldats réformés, on prendra pour les places de la Moselle les mômes mesures que pour les places du Rhin. Vous donnerez ordre qu'on fasse atteler deux batteries de huit pièces de garde nationale par des chevaux et des charretiers du pays; ces batteries seront attachées, Tune à la division de Colmar et l'autre à la division de réserve de la Moselle, qui se réunit à Xancy. Le général Lecourbe doit réunir tout son corps d'armée au camp devant Belfort, de manière à être protégé parla place, en occupant une bonne position. C'est là que toutes les gardes nationales qui ne sont pas destinées à la défense des places de la 6' division doivent se réunir, même les divisions qui se réunissent à Besançon et à Vesoul, si la Suisse reste neutre. Le général Lecourbe doit faire faire quelques redoutes pour protéger son camp, de manière à couvrir tout à fait cette trouée. Sur sa gauche se trouvera la division de réserve qui est à Xancy et qui doit garder les Vosges. Si, au contraire, la neu-
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tralité de la Suisse était violée, ou si elle se déclarait contre nous, une forte partie de ces gardes nationales devrait défendre le Jura.
Vous devez donner les mêmes ordres au général Vandamme, et j'espère que, du 10 au 15, il n'aura plus un seul homme dans les garnisons, qu'elles seront toutes abandonnées à la garde des gardes nationales d'élite et des gardes nationales sédentaires. Le général Vandamme doit réunir son corps, comme je l'ai déjà prescrit, du côté de Rocroy et de Philippeville. Vous lui ferez connaître qu'il fait partie de Tarmée du \ord ; qu'il doit pouvoir s'y réunir sur la Sambre, où je me trouverai probablement moi-même, afin d'agir avec de grandes masses. Il faut presser le départ des gardes nationales dans les P' et 15* divisions, afin d'occuper toutes les places du \ord , et que, du 10 au 15, si cela est possible, nous n'ayons plus un seul homme de troupes de ligne dans les places du Xord, hormis les dépôts, qui recevront l'ordre de se rendre successivement sur la Somme. Il faut que les généraux, le comte d'Erlon pour le Xord, le général Vandamme, le général Gérard pour l'armée de Ja Moselle, le général Rapp pour l'armée du Rhin, fassent faire des revues par leurs aides de camp et pressent de tous leurs moyens l'arrivée des soldats; que ceux-ci rejoignent et augmentent les corps Pourvu qu'ils aient un fusil, une capote et une
tournure militaire quelconque, cela est suffisant. Le principal est d'accroître le nombre et la force de nos bataillons.
Donnez la même instruction générale aux généraux commandant le corps d'observation du Jura et l'armée des Alpes.
Je ne saurais trop vous recommander la mise en état de défense de Lyon, de Grenoble et de tous les petits forts qui défendent les débouchés de la Suisse. Le général Lecourbe et le commandant de l'armée des Alpes doivent, chacun de son côté, envoyer des officiers d'état-major pour presser la mise en état de leurs places.
Je vous recommande qu'il y ait un chef de bataillon de ligne pour chaque bataillon de gardes nationales en activité, un major ou colonel pour chaque régiment de gardes nationales de deux bataillons, un maréchal de camp pour chaque brigade de deux régiments de gardes nationales, et enfin un maréchal de camp pour commander les gardes nationales sédentaires dans les villes des frontières qui ont plus de 2,000 habitants organisés en garde nationale, et seulement un colonel dans les places fortes dont la garde sédentaire serait au-dessous de ce nombre.
Dans une autre dépêche, je vous ferai connaître ce que doivent faire les généraux commandant les divisions militaires, ainsi que les maréchaux de
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camp SOUS leurs ordres, pour ne pas être renfermés dans les places.
Vérifiez si partout il y a des gouverneurs, des officiers d'artillerie, des officiers du génie, et le nombre d'officiers de ligne nécessaire pour les places. Napoléon.
D'après l'original comm. par M""* la maréchale princesse d'Eckmùhl.
1676. — IXSPECTIOX ET IXSTALLATIOX DES DEPOTS DE CAVALERIE.
AU MARÉCHAL DAVOIT , PRLVCE d'eCKMIHL, MINISTRE DE LA GUERRE, A PARIS.
Pari», 9 mai 1815.
Mon Cousin, il y a dans la 16* division, le 20' de dragons qui a 300 chevaux et pas d'hommes, d'autres qui ont des hommes et pas de chevaux, d'autres qui ont des selles et pas d'habits, d'autres enfin qui ont des habits et pas de selles. Je désirerais qu'un officier général de cavalerie qui se trouverait déjà sur les lieux reçût de vous la mission spéciale de parcourir ces dépôts, avec pouvoir de disposer des chevaux d'excédant en faveur des dépôts de même arme qui auraient des hommes habillés non montés, de prendre des selles où il y en aurait de trop pour en donner à ceux qui en manqueraient; enfin de pla-
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cer les habits où sont les besoins : tout cela dans le but de rendre un plus grand nombre d'hommes disponibles pour les escadrons de guerre. On partira du principe que c'est aux régiments qui ont des holnmes qu'on devra remettre les chevaux et les selles d'excédant, vu qu'il y aurait de l'inconvénient à changer les hommes de corps.
Cette première opération faite, il serait utile de faire un dépôt central de tous les dépôts de la 16^ division, sans attendre les mouvements de Tennemi. Ce dépôt central serait bien à Amiens. Le même officier général qui se remlrait aux dépôts correspondrait avec le général Bourcier pour activer le départ du plus grand nombre d'hommes possibles.
La même opération pourrait être faite par les soins du général Rapp dans la 5* division, dont il ferait parcourir les dépôts par un officier général. Elle pourrait se faire également dans les 3* et 4* divisions. Enfin le général Bourcier pourrait la faire dans la V' division. Le but serait toujours le même, avoir, en cinq ou six jcurs, un plus grand nombre d'hommes disponibles, ce qui est la grande affaire.
L'on pourrait peut-être aussi réunir sur \ancy tous les dépôts de la 5' division, une fois que cette opération serait laite ; ce qui dégagerait nos places d'Alsace; et, aux premières hostilités, ce dépôt de \ancy s'approcherait de l'Aube.
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Chargez les généraux qui commandent les régiments de cavalerie de seconder ces mesures de tous leurs efforts, afin d'avoir le plus tôt possible un plus grand nombre d'hommes prèls.
Napoléon.
D'après l'original comm. par M™* la maréchale princesse d'Eckmù^il.
1677. — IXSTRUCTIOXS A RENOUVELER AUX GENERAUX POUR LA DÉFEXSE DES VOSGES, DE L'ARGOXXE, DU JURA ET DES ALPES.
AU MARÉCHAL DAVOIT , PRIXGE d'ECKMLHL, MINISTRE DE LA GlERRE, A PARIS.
Paris, 9 mai 1815.
Mon Cousin, dans le moment actuel, je pense qu'il est convenable de ne rien changer à l'organisation des armées. Il est mieux de s'en tenir à ce qui est fait que de détacher les Vosges de leur division militaire pour les mettre dans l'armée du Rhin; si cela est jugé nécessaire, car il y a du pour et du contre, cela pourra se faire plus tard. Il est des cas où les Vosges sont la retraite de l'armée du Rhin ; mais il en est d'autres où les Vosges menacent les derrières de l'armée de la Moselle. J'attends donc que la nature de la guerro qu'on devra IX. 22
faire soit mieux déterminée. La même chose devra se faire pour la forêt de l'Argonne.
-Mais il est important que, pour Tune et l'autre de ces deux positions, il y ait deux lieutenants gêné-: raux et quatre maréchaux de camp qui commandent les divisions de réserre de gardes nationales, et qu'il y ait avec eux des officiers du génie et de l'artillerie, et qu'ils soient chargés de reconnaître et de fortifier tous les défilés. J'ai cru que cela était fait depuis longtemps; il n'y a donc pas un moment à perdre.
Il faut également un général pour commander la division de réserve de Colmar, et deux lieutenants généraux et le nomhre de maréchaux de camp nécessaire pour commander les réserves de Vesoul et de Besançon, et enfin également les généraux nécessaires pour commander celles de Lyon, de Valence et le fort Barraux.
11 est urgent que ces généraux se rendent à leurs postes, et que les généraux de la Moselle, du Rhin, du corps d'observation du Jura et de l'armée des Alpes sachent ce dont ils sont chargés.
Je croyais avoir nommé ces généraux; s'ils ne Tétaient pas, le général Flahault m'apporterait les décrets à signer. Prenez des généraux qui sont à Paris.
il est nécessaire que le général Gérard veille luimême à la mise en état des Vosges; le général
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Vandamme, à la mise en état de TArgonne ; le général Rapp, aux redoutes et points fortifiés à éta])lir le long du Rhin; et le général Lecourbe^ à Belfort et à tous les passages du Jura, et surtout à la mise en état, armement, approvisionnement et commandement des places fortes de la 6' division.
Enfin il faut également que le général des Alpes surveille la mise en état des places fortes et toutes les positions à prendre pour couvrir Lyon du côté de la Suisse, la mise en état de la ville importante de Lyon et les fortifications de campagne à établir sur les cols des Alpes.
Je pense que le général des Alpes doit être aussi chargé de surveiller la mise en état, Farmement, Tapprovisionnement et le commandement de la forteresse de Sisteron.
C'est donc une instruction particulière qu'on doit faire rédiger pour chacun de ces généraux ; ils chargeront de l'exécution les généraux commandant les réserves, chargés de la défense de ces différents points, et les officiers du génie qui y sont attachés.
Le général Flahault s'assurera que les places fortes du Rhin, du Xord et des 6^ et 7' divisions ont leurs commandants.
D'après l'original non signé comm. par M™« la maréchale princesse d Eckiniibi.
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1678. — ORDRE D'ACTIVER L'EXTOI DES FOX'DS AUX CORPS POUR LA COXFEGTIOX DE L'HABILLEME.VT.