GO. — AU PRI.YGE MURAT
Quartior impérial, Augsboiirg, 20 vendémiaire an XIV (1-2 octobre 1805). 9 heures du malin.
Mon Cousin, le maréchal Soult s'est porté à
[1805] DE NAPOLEOM 1". 321
Landsberg , où il est arrivé hier à midi. Il a fait la bonne rencontre du régiment de cuirassiers de Ferdinand. Il l'a fait sur-le-champ charger, lui a fait 120 prisonnicMS, dont un lieutenant et trois capitaines, et lui a pris deux pièces de canon. Vingt pièces de canon et trente pontons étaient passés de Landsberg sur Alemmingen, quinze heures avant. Les dragons et les chasseurs se sont mis à leurs trousses ; j'espère qu'ils les auront atteints hier, ou qu'ils les atteindront aujourd'hui. D'un autre cùté, aujourd'hui même le maréchal Soult marche sur Memmingen, où il ne pourra arriver que demain au soir fort tard. Mon intention est que, si l'ennemi continue à rester dans ses positions et se prépare à recevoir la bataille, elle n'ait pas lieu demain, mais après-demain, afin que le maréchal Soult et ses 30,000 hommes en soient, qu'il déhorde la droite de l'ennemi, l'attaque en la tournant, manœuvre qui nous assure un succès certain et décisif. En attendant, faites jeter un pont sur le Danuhe, le plus près possible de votre ligne, vis-à-vis d'Albeck, de manière que le corps qui est à Albeck se trouve en communication et lié avec le reste de l'armée, et que, si l'ennemi agissait trop vivement, ou se trouvait obligé de se réfugier sur la rive gauche, je puisse, «hins le jour même, tomber dessus. Ordonnez aux généraux de faire l'inspection des armes et de cartouches, de réunir tout leur monde, tout ce
qui serait détaché aux bagages; de renvoyer les l)agages et les voitures au delà de Burgau parquer dans les prairies, de sorte qu'il n'y ait rien dans les grands chemins. Désignez l'emplacement où doivent se mettre les réserves d'artillerie des corps d'armée des maréchaux Lannes et Ney, et de la réserve de cavalerie. Assurez-vous que les réserves des trois armées contiennent assez de cartouches et qu'elles n'ont pas été gâtées par la pluie. Voyez également de désigner le lieu des grandes ambulances pour chacun des corps d'armée. Que le premier chirurgien de chaque corps d'armée, un médecin, un commissaire des guerres et des gendarmes y soient établis. Prenez des mesures pour qu'il y ait du pain, du vin et même des lits pour les blessés de la journée. Je ne parle pas des ambulances, qui doivent suivre la ligne à quatre cents toises en arrière, tout au plus. Ceci n'est pas une échauffourée , ce n'est pas même l'attaque d'une colonne pendant qu'elle marche : c'est celle d'une armée qui peut être plus nombreuse que vous ne croyez, et du succès de laquelle dépendent les plus grands résultats. J'y serai de ma personne. Faites arranger mon quartier général oii vous le croirez le plus convenable. Je partirai dès que j'aurai donné mes ordres pour ma droite. Je serai demain matin au quartier gérerai que vous m'aurez marque.
Napoléon.
Dans votre lettre, vous ne mettez ni l'cnclroit d'où vous écrivez, ni la date, ni l'heure ; c'est un
oiiMi Irôs-capitiil.
Archives de l'Kiiipire.