‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 116 sur 199 · AU MARECHAL SOLLT · texte numérisé non relu

AU MARECHAL SOLLT

Augsboiircj, 20 vendémiaire an XIV (l'2 octobre 1805), 10 heures et demie du soir.

Mon Cousin, je monte en voiture. Je serai avant le jour à Ueissenhorn. Le maréchal Bernadotte est entré à Munich aujourd'hui , à six heures du matin.

Il a fait 800 prisonniers, et courait après un parc de cent pièces de canon, qui se rendait à Lira. Le prince Ferdinand était à Munich hier au soir. A-t-il quitté son armée de l'Iller, ou bien son armée de riller a-t-elle déniché? Vous devez, à l'heure qu'il est, savoir à quoi vous en tenir. Je ne veux pas attaquer demain; cependant si j'avais des renseignements que l'ennemi eût commencé à évacuer, j'attaquerais ; je vous en ferais prévenir. En attendant, si vous entendez le canon, ne perdez pas votre temps. Si Memmingen n'est que fail)lement occupé, j'espère que vous l'aurez avant midi; s'il est défendu, il est tout simple que vous fassiez faire halte à vos troupes et que vous l'attaquiez en règle. Ecrivez-moi sur Weissenhorn. Je ne pense pas que le général Marmont soit avant la pointe du jour, avec sa cavalerie, à sa position. Cependant la cavalerie légère va vite, et je ne désespère pas qu'il ait 200 bons chevaux de bonne heure sur la ligne. Si l'ennemi avait commencé à s'en aller, nous en aurions notre part. Quand le diable y serait, il ne nous échapperait pas tout entier. Il ne pourrait s'en aller que par Kempten , Biberach , Stockach : dans ce cas, nous serions à Vienne quinze jours avant lui.

Je reçois à l'instant une lettre du prince Mural. L'ennemi est à Ulm , et y a 40,000 hommes. Il y a

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eu une sortie où la division Dupont a, seule, contenu l'ennemi , et lui a fait 4,000 prisonniers. Si l'ennemi n'est pas à Memniingen , descendez comme l'éclair jusqu'à notre hauteur. C'est vous qui ramasserez font, je le prévois; il ne doit pas nous en échapper un.

népôt de la guerre.

(Eo miuule aoi Arch. de l'Emp.)

6W. — 5«^ BULLF.TI.V DE L.\ GRANDE ARAIEE,

Augsbourg, 20 vendémiaire aa XIV (12 oclobre 1803).

Le maréchal Soult s'est porté avec son corps d'armée à Landsberg, et par là a coupé une des grandes communications à l'ennemi ; il y est arrivé le 19, à quatre heures après midi, et y a rencontré le régiment de cuirassiers du prince Ferdinand qui , avec six pièces de canon, se rendait à marches forcées à Llm. Le maréchal Soult l'a fait charger par le 26* régiment de chasseurs; il s'est trouvé déconcerté à un tel point, et le 26*" de chasseurs était animé d'une telle ardeur, que les cuirassiers ont pris la fuite dans la charge, et ont laissé 120 soldats prisonniers, un lieutenant-colonel, deux capitaines et deux pièces de canon. Le maréchal Soult, qui avait pensé qu'ils ronlinueraient leur route sur Mcmmingen, avait envoyé plusieurs régiments pour les cou-

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-per; maïs ils s'étaient retirés dans les hois , où ils se sont ralliés pour se réfugier dans le Tyrol.

Vingt pièces de canon et les équipages de pontons de l'ennemi étaient passés, dans la journée du 18, par Landsberg. Le maréchal Soult a mis à leur poursuite le général Sebasliani avec une brigade de dragons ; on espère qu'il sera parvenu à les atteindre.

Le 20 , le maréchal Soult s'est dirigé sur Memmingen, où il arrivera le 21, à la pointe d;i jour.

Le maréchal Bernadotte a marché toute la journée du 19 et a porté son avant-garde jusqu'à deux lieues de Munich, Les bagages de plusieurs généraux autrichiens sont tombés au pouvoir de ses troupes légères. Il a fait une centaine de prisonniers de différents régiments.

Le maréchal Davout s'est porté à Dachau ; son avant-garde est arrivée à Maisach ; les hussards de Blankenstein ont été mis en désordre par ses chasseurs, et, dans différents engagements, il a fait une soixantaine d'hommes à cheval prisonniers.

Le prince Murât, avec la réserve de cavalerie et les corps des maréchaux Xey et Lannes, s'est placé vis-à-vis de l'armée ennemie , dont la gauche occupe Llm, et la droite Memmingen.

Le maréchal Ney est à cheval sur le Danube, visà-vis Il ni.

Le maréchal Lannes est à Weissenhorn.

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Le général Marniont se met en marche forcée, pour prendre position sur la hauteur d'illertissen , et le maréchal Soult déborde de Memmingen la droite de l'ennemi.

La garde impériale est partie d'Augsbourg pour se rendre à Burgau , où l'Empereur sera probablement cette nuit.

Une affaire décisive va avoir lieu. L'armée autrichienne a presque toutes ses communications coupées. Elle se trouve à peu près dans la même position que l'armée de Mêlas à Alarengo.

L'Empereur était sur le pont du Lech, lorsque le corps d'armée du général Alarment a défilé. Il a fait former en cercle chaque régiment, leur a parlé de la situation de l'ennemi, de l'imminence d'une grande bataille, et de la confiance qu'il avait en eux. Cette harangue avait lieu pendant un temps affreux. 11 tombait une neige abondante, et la troupe avait de la boue jusqu'aux genoux et éprouvait un froid assez vif; mais les paroles de l'Empereur étaient de flamme; en l'écoutant, le soldat oubliait ses fatigues et ses privations, et était impatient de voir arriver l'heure du combat.

Le maréchal Bernadotte est arrivé à Munich le 20, à six heures du matin; il a fait 800 prisonniers, et s'est mis à la poursuite de l'ennemi. Le prince Ferdinand se trouvait à iMunich, 11 paraît que ce prince avait abandonné son armée de l'Iller,

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. Jamais plus d'événements ne se décideront en moins de temps. Avant quinze jours, les destins de la campagne et des armées autrichiennes et russes seront fixés.

Moniteur du 26 vendémiaire an XIV.

(En minute au Dépôt de la gaerre.)

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