ORDRE GENERAL DE L'ARMEE
Camp impérial d'Augsbourg, 30 vendémiaire an XIV (22 octobre 1805) '.
Tous les soldats restés en arrière ou sortant des hôpitaux, qui rejoindraient l'armée, seront dirigés sur Augsbourg.
Il y aura dans cette ville un adjudant-commandant de l'état-major et deux adjoints. Tous les individus des différentes armées qui arriveront à Augsbourg se rendront chez cet adjudant-commandant, qui les fera loger dans la maison qui aura été désignée pour recevoir les dépôts du corps d'armée auquel ils
* Date présumée.
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appartiendront. Ils n'en partiront pour rejoindre leurs corps que lorsqu'il y aura 50 hommes du même corps d'armée, et sous la conduite d'un officier. Le major général instruira chaque jour cet adjudant-commandant du lieu où se trouvera chaque corps d'armée.
Les maisons qui seront désignées pour servir de dépôts aux difl'érents corps d'armée seront assez considérahles pour que -400 hommes au moins puissent y loger, la volonté de l'Empereur étant qu'elles servent en même temps d'hôpitaux de convalescence, de manière que les hommes trop fatigués de la route ou convalescents puissent s'y reposer quinze jours et reprendre des forces.
Il y aura un médecin attaché à chacun de ces dépôts.
Comme l'artillerie a des armes et des cartouches à Augsbourg, les commandants des dépôts veilleront à ce que les hommes partant pour l'armée soient armés et aient les 45 cartouches que chaque homme doit avoir.
Tous les détachements venant de France pour rejoindre l'armée auront un jour de repos à Augshourg, et l'officier chargé de la surveillance des dépôts les passera en revue, pour s'assurer qu'avant de quitter Augsbourg leur armement est en règle et qu'ils ont le nombre de cartouches nécessaire.
Napoléon.
Dépôl de la guerre.
6G3. — 10« BULLETIX DE LA GRAXDE ARMEE.
Augsbourg. 30 vendémiaire an XIV (22 octobre 1805).
Lors de la capitulation du général Werneck près Kœrdlingen , le prince Ferdinand, avec un corps de 1,000 chevaux et une portion du parc , avait pris les devants; il s'était jeté dans le pays prussien, et s'était dirigé par Gunzenhausen sur Nuremberg. Le prince Murât le suivit à la piste et parvint à le déborder, ce qui donna lieu à un combat sur la route de Fiirtli à Nuremberg, le 29 au soir. Tout le reste du parc d'artillerie, tous les bagages sans exception ont été pris. Les chasseurs à cheval de la garde impériale se sont couverts de gloire; ils ont culbuté tout ce qui s'est présenté devant eux ; ils ont chargé le régiment de cuirassiers de Alack. Les deux régiments de carabiniers ont soutenu leur réputation.
On est rempli d'étonnement lorsqu'on considère la marche du prince Murât depuis Albeck jusqu'à Nuremberg. Quoique se battant toujours, il est parvenu à gagner de vitesse l'ennemi , qui avait deux marches sur lui. Le résultat de cette prodigieuse activi lé a été la prise de 1 , 500 chariots, de 50 pièces de canon, de 16,000 hommes, y compris la capitulation du général Werneck , et d'un grand nombre de drapeaux; 18 généraux ont posé les armes, 3 ont été tués.
Les colonels Morland, des chasseurs à cheval de la garde impériale, Cochois, du 1" régiment de carabiniers, Rouvillois, du 1*^ régiment de hussards, et les aides de camp Flahault et Lagrange se sont particulièrement distingués. Le colonel Cochois a été blessé.
Le 29 au soir, le prince Murât a couché à Nuremberg, où il a passé la journée du 30 à se reposer.
Au combat d'Elchingen , le 23 vendémiaire , le 69* régiment de ligne s'est distingué. Après avoir forcé le pont, en colonne serrée, il s'est déployé à portée du feu des Autrichiens avec un ordre et un sang-froid qui ont rempli l'ennemi de stupeur et d'admiration.
Un bataillon de la garde impériale est entré aujourd'hui à Augsbourg. Quatre-vingts grenadiers portaient chacun un drapeau. Ce spectacle a produit sur les habitants d'Augsbourg un étonnement que partagent les paysans de toutes ces contrées.
La division des troupes de Wurtemberg vient d'arriver à Geislingen.
Les bataillons de chasseurs qui avaient suivi l'armée depuis son passage à Stuttgart sont partis pour conduire en France une colonne de 10,000 prisonniers. Les troupes de Bade , fortes de 3 à 4,000 hommes, sont en marche pour se rendre à Augsbourg.
L'empereur vient de faire présent aux Bavarois de
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20,000 fusils autrichiens , pour l'armée et les gardes nationales.
Il vient aussi de faire présent à l'électeur de Wurtemberg de 6 pièces de canon autrichiennes.
Pendant qu'a duré la manœuvre d'Llm , l'électeur de Wurtemberg a craint un moment pour l'Electrice et sa famille , qui se sont rendues alors à Heidelberg; il a disposé ses troupes pour défendre le cœur de ses Etats.
Les Autrichiens sont détestés de toute l'Allemagne, bien convaincue que, sans la France, l'Aulriche la traiterait comme ses pays héréditaires.
On ne se fait pas une idée de la misère de l'armée autrichienne; elle est payée en billets qui perdent quarante pour cent; aussi nos soldats appellent-ils très-plaisamment les Autrichiens des soldats de papier. Ils sont sans aucun crédit ; la iVIaison d'Autriche ne trouverait nulle part à emprunter 10,000 francs. Les généraux eux-mêmes n'ont pas vu une pièce d'or depuis plusieurs années. Les Anglais, du moment qu'ils ont su l'invasion de la Bavière , ont fait à l'empereur d'Autriche un petit présent qui ne l'a pas rendu plus riche; ils se sont engages à lui faire remise des quarante-huit millions qu'ils lui avaient prêtés pendant la dernière guerre. Si c'est un avantage pour la Maison d'Autriche , elle l'a déjà payé bien cher.
Moniteur du 6 hruniairo an XIV.
(Eo mioate aa Dépôt ùe la gu;;rre,)
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