G79. — 18<- BULLETIN DE LA GRAXDE ARMÉE
Lliiz, 14 brumaire au XIV (5 novembre 1805).
Le prince Alurat ne perd pas l'ennemi de vue. L'ennemi avait laissé dans Eheisberg 3 ou iOO hommes jiour retarder le passage de la Traun; mais les dragons du général U'allher se jetèrent dans des bateaux , et , sous la protection de l'artillerie , atla-
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quèrent arec impétuosité la ville. J.e lieutenant Biilamiel, du 13« régiment de dragons, a passé le premier dans une petite barque.
Le général U'alther, après avoir passé le pont sur la Traun , se porta sur Enns. La brigade du général Milhaiid rencontra l'ennemi au village d'Asten, le culbuta, le poursuivit jusque dans Enns, et lui fit 200 prisonniers, dont 50 hussards russes. Vingt hussards russes ont été tués. L'arrière-garde des troupes autrichiennes, soutenue par la cavalerie russe, a été partout culbutée; ni l'une ni l'autre n'ont tenu à aucune charge. LesH^ et 16' de chasseurs et leurs colonels Lalour-Maubourg et Durosnel ont montré la plus grande intrépidité. L'aide de camp du prince Murât , Flahault , a eu une balle dans le bras.
Dans la journée du L3 , nous avons pcssé l'Enns, et aujourd'hui le prince Murât est à la poursuite de l'ennemi. Le maréchal Davout est arrivé, le 12. à Steyer; le 13, dans la journée, il s'est emparé d.i la ville et a fait 200 prisonniers. L'ennemi paraissait vouloir s'y défendre. La division de dragons du général Beaumont a soutenu sa réputation. L'aide de camp du général Beauniont a été tué. L'un et l'autre des ponts sur l'Enns sont parfaitement rétablis.
Au combat de Lamhach , le colonel autrichien de Graff et le colonel russe Golofkin ont été tués.
[1805] DE \APOLEOX I". AOb
L'empereur d'AuLfiche, arrivé à Linz, a reçu des plaintes de la régence sur la mauvaise conduite des Russes , qui ne se sont pas contentés de piller, mais encore ont assommé à coups de bâton les paysans, ce qui avait rendu déserts un grand nombre de villages. L'empereur a paru très-aflligé de ces excès, et a dit qu'il ne pouvait répondre des troupes russes comme des siennes et qu'il fallait souffrir patiemment; ce qui n'a pas consolé les babitanis.
On a trouvé à Linz beaucoup de magasins et une grande quantité de draps et de capotes dans les manufactures impériales.
Le général Deroy, à la tête d'un corps de Bavarois, a rencontré à Lofer l'avant-garde d'une colonne de cinq régiments autrichiens venant d'Italie, l'a complètement battue, lui a fait -400 prisonniers et pris trois pièces de canon. Les Bavarois se sont battus avec la plus grande opiniâtreté et avec une extrême bravoure. Le général Deroy lui-même a été blessé d'un coup de pistolet.
Ces petits combats donnent lieu à un grand nombre de traits de courage, delà part des officiers en particulier.
Le major général s'occupe d'une relation détaillée où cbacun aura la part de gloire qu'aura méritée son courage.
L'Enns peut être considérée comme la dernière
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ligne qui défend les approclics de Vienne. On prétend que l'ennemi veut tenir et se retrancher derrière les hauteurs de Saint-Pœlten , à dix lieues de Vienne. IVotre avant-garde y sera demain.
Moniteur du 24 brumaire an XIV.
(Eu mioale au Drpot de la goerre.)