‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 15 sur 199 · OBSEKVATIOXS AL SUJET DES ÉTATS DE SITUATIOX · texte numérisé non relu

OBSEKVATIOXS AL SUJET DES ÉTATS DE SITUATIOX

AU GKXKRAL nKISTHIKR.

Saint-Cloud, S floréal an XII ( 2S avril 1804).

Ce qui me porte, Citoyen ministre, à heaiironp me méfier de l'exactitude de l'état de situation du 15 germinal, indépendamment del'observationque je TOUS ai faite sur le 0" régiment de ligne, qui, certainement, n'est pas de 2,1)00 hommes, c'est que je l'ois à Paris le 4® d'infanterie légère porté à 1,608 hommes présents et 254 aux hôpitaux; le bataillon d'élite est porté comme déduit, ce qui ferait 2,iOO hommes : il y a erreur. Vous sentez cependant combien il est important que les étatsqui me sont remis ne contiennent pas d'erreurs de cette espèce. Il faut faire en sorte de ne me donner que des résultats sûrs. On doit s'être aperçu que je lis ces états de situation avec autant de goût qu'un livre de littérature. Faites-moi remettre un état où la situation de chaque corps soit vérifiée.

Bonaparte.

Dépôt de la guerre.

68 CORRESPONDAXCE MILITAIRE [1804]

504. — VOLOXTIÎS FORMELLES DU PREMIER COXSUL POUR LA RESTAURATIOM DE LA MARLVE FR,^\- ÇAISE.

AU COXTRE-AMIRflL DEGRES.

Saint-Cloud, 8 floréal a» XII (28 avril 1804).

Je signe aujourd'hui un arrêté relatif aux constructions. Je n'admettrai aucune espèce d'excuse. Faites-vous rendre compte deux fois par semaine des ordres que vous donnez, et veillez à leur exécution: s'il faut des mesures extraordinaires, faites-le moi connaître. Je n'admettrai aucune raison valable, car avec une bonne administration je ferais trente vaisseaux de ligne en France en un an, si cela était nécessaire. Dans un pays comme la France, on doit faire tout ce que l'on veut. Il ne vous échappera pas que mon projet est de commencer beaucoup de constructions, hormis à Brest, où je ne veux plus rien construire. Mon intention est d'avoir à l'eau, avant vendémiaire an XIV, vingt-six vaisseaux de guerre : bien entendu que ladite mise à l'eau dépendra surtout du cas où d'ici à ce temps-là nous aurions la paix. Alais désormais tous les vaisseaux de lA doivent être faits à Anvers. C'est à Anvers que doit être notre grand chantier. C'est là seulement que devient possible en peu d'années la restauration de la marine française.

[ISOiJ DE NAPOLEON I*'. 69

Avant l'an W nous devons avoir cent vaisseaux de guerre.

BoSiAl'AllTE.

Arcliives de l'Empire.

505. — DEMAXDK D'U.V RELEVE DES C.ASERXES DO\T L'EXTRETIEN DOIT ÊTRE À LA CHARGE DES VILLES.

AU MARÉCHAL BERTHIER. '

Aix-la-Chapelle, 23 fructidor an XII (10 septembre 1804).

Mon Cousin, les casernes des villes de Marseille, Bordeaux, Lyon, X'antes, la Roclielle, Bruxelles, Anvers, Bruges, Turin, Verceil, etc., et en général de toutes celles qui ne sont pas de véritables places de guerre, doivent, a. commencer de l'an XIII, être mises à la disposition de ces villes, entretenues et réparées par elles. Tel était l'ancien usage; c'est d'ailleurs le seul moyen de pourvoir à cette dépense. Faites donc dresser un relevé des casernes, magasins, etc., existant dans les villes de l'empire autres que les véritaliles places de guerre. Ajoutez à ce relevé toutes les notions que vous aurez recueillies sur le montant de la dépense d'entretien de ces casernes et bâtiments. Joignez-y un projet de décret par lequel il sera statué qu'à dater du 1" vende-

70 CORKKSPONDANCE MILITAIRE [1804j

miairo prnrhain ces villes doivent tenir en état nonseulement les rasernes, mais encore les lits, fournir les draps, etc. Par ce moyen, les frais de casernement et des lits militaires seront diminués de moitié. On ne peut, en général, se dissimuler que ces villes ne soient très-riches aujourd'hui, et il vaudra mieux les charger de ces réparations, qui les intéressent, puisqu'elles désirent avoir des garnisons sans loger les troupes chez les hahitants, que de prendre sur leurs revenu* pour pourvoir à cette dépense.

Le logement de la gendarmerie coûte un million de loyer. Il convient de se débarrasser aussi de cette dépense, et de faire loger aussi la gendarmerie au compte des communes et des départements. Il est nécessaire pour cela d'avoir un état, dressé par départements, de ce que coûtent les loyers de la gendarmerie pour les maisons qui appartiennent à des particuliers, et les réparations des maisons nationales affectées à ce service. Je désire avoir ces états avant huit ou dix jours.

Napoléon.

Arcliives de l'Empire.

[1804] DE \'APOi.EO?J I". 7i

506. — AIDKS DE CAMP Kï ADJLDAXTS A FOiniES AU COMMA.\DE.\Ii:\ï DES BATAILLOXS.

AU MARÉCHAL BERXADOTTE.

Aix-la-Chapelle, 23 fructidor an XII (10 septembre 180-4).

Mon Cousin, l'aide de camp colonel Gérard m'a remis la médaille que vous avez fait frapper avec le produit des mines de Hanovre. J'agrée avec plaisir les sentiments que vous m'exprimez.

ProGtez de l'automne pour améliorer l'instruction, surtout celle des états-majors. Faites comn:ander les bataillons par les aides de camp et adjoints

pour (|irils se forment.

Napoléon.

Comm par le Gourernement de S. M. le roi de Suède.

507. — OBSERVATIONS SUR U.Y PROJET DE DECRET RELATIF A L'ORGAMSATIO.V GÉAÉRALE DE L'AR- MÉE.

AU MARÉCHAL BERTHIER

Mayence, 5 vendéiuiaire an XIII {'21 septembre 1S04}.

Lorsque j'ai présenté, Monsieur, à la signature de l'Empereur le projet de décret sur l'organisation générale de raruiée compris dans votre dernier tra-

vail, Sa Majesté m'a chargé de vous faire connaître les n.otifs qui l'ont déterminée à ne pas statuer sur cet ol)jet dans la forme que vous proposez.

L'Empereur a considéré l'usage de fixer fous les ans l'organisation générale de l'armée comme tenant à des idées qui ne peuvent plus exister et qui ne sauraient renaître et s'appliquer à un système fixe et régulier. L'armée est permanente. Lorsque des circonstances ou l'expérience exigent des modifications partielles, vous ne manquez pas, Monsieur, d'en faire le rapport à Sa Majesté, qui, après y avoir mûrement réfléchi, statue par des règlements particuliers. En adoptant la forme d'une organisation annuelle, il pourrait échapper à Sa Majesté, au milieu des détails dont elle serait composée, quelques objets qui n'entreraient pas parfaitement dans ses vues. 11 arriverait aussi, .Monsieur, que, peu de temps après avoir arrêté cette organisation, elle pourrait être altérée par des modifications dans une ou plusieurs de ses parties, à moins qu'on ne voulût se soumettre à différer jusqu'à l'année suivante des changements que les circonstances pourraient rendre indispensables.

Le projet que vous avez présenté suppose l'existence de seize maréchaux de l'empire, et il n'y en a que quatorze. Si l'on en portait quatorze dans l'organisation, elle pourrait devenir. également inexacte, si le nombre de seize était complété. Sous beaucoup

d'autres rapports plus importants, Sa Alajesté juge qu'une organisation générale est sans objet ; elle la croit même contraire au but qu'on se propose.

Mais autant il y aurait d'inconvénients à la consacrer solennellement par un décret, autant l'Empereur verrait-il d'avantages à ce que le ministre établît, dans une sorte de règlement ou de récapitulation, l'organisation existante conformément aux décrets rendus pendant le cours de l'année. Rien n'empêcherait d'adopter ensuite et successivement les changements dont l'expérience vous aurait fait reconnaître la nécessité, et que vous proposeriez à Sa Majesté i)ar des rapports particuliers.

Telles sont. Monsieur, les observations qui se sont présentées à l'esprit de l'Empereur en lisant le projet d'organisation de l'armée pour l'an Xill, et qu'il m'a chargé de vous communiquer.

Par ordre de l'Empereur.

Archives de l"Empire.

508. — IMPORTANCE DE LA PLAGE DE MAYEXCE. — INSTRUCTIONS POUR DES TRAVAUX DE FORTIFIGA- TION ET D'ASSAINISSEMENT.

AU MARKCHAL BERTHIER.

Mayence , 7 vendémiaire an XIII (29 septembre 1804).

Je désire que le fort Hauptstein de Mayence

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porte le nom de fort Meunier. En général, faites- Tous faire par le génie un rapport sur tous les forts qui auraient des noms étrangers ou difficiles à retenir, pour y sui)stituer des noms français.

Mayence est une bonne place; elle est peut-être une des plus importantes sous le point de vue de l'offensive comme de la défensive. On doit la tenir consîamnient en bon état. Les Weux côtés les plus faibles sont les marais de Monbacli et du fort Cbarles : en construisant, vis-à-vis de Temboucbure du Mein et devant le fort Charles, un fort servant de réduit à l'espèce de camp retranché qui y existe, on renforcerait le fort et on obligerait de ce côté comme de tous les autres l'eunemi à prendre deux forts avant d'arriver à la place. Le côté de Monbach est, dans l'état actuel, le plus faible : convertir la redoute 103 en un bon fort, construire un fort permanent dans les îles Saint-Pierre et Saint-Jean, me paraissent les opérations les plus importantes et auxquelles je désire qu'on travaille sans délai. Avec le secours de ces forts, les marais de Monbach contribueraient réellement à la défense de la place. iMais il ne faut pas faire de forts casemates et se jeter dans des dépenses folles; aucun trésor ne saurait suffire à ce système de fortifications. Un petit tracé revêtu avec une contrescarpe mettra les îles Saint-Pierre et Saint-Jean à l'abri de toute attaque.

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L'ennemi ne s'amusera jamais à ouvrir la tranchée dans un terrain aussi étroit.

Le fort Hauplstein ou Meunier doit toujours être tenu en bon état; il s'en faut de beaucoup qu'il le soit. Ses galeries de mines sont écroulées; il faut les faire rétablir. Il y a à Mayence un grand nombre déniaisons et d'églises démolies ; on en mettra les matériaux à la disposition du génie. Les travaux des trois forts, le rétablissement du fort Hauptstein, le nettoiement des fossés de la place, voilà ce qui me paraît ne devoir souffrir aucun retardement.

La place de Mayence doit être approvisionnée d'une quantité immense de bois. Mis dans l'eau, ils durent cent ans. 11 faut s'y prendre pour cela en temps de paix. Le Rhin est praticable. Faites faire l'état des palissades et blindages nécessaires à la place de Mayence, on les fera couper dans les forêts de Porentruy, et oi; les fera descendre sur le Khin jusqu'à Mayence; car il ne faut pas attendre au dernier moment pour ce genre d'approvisionnement.

Le revêtement des fronts de Monbach est une bonne opération; mais ils sont tellement dominés par les coteaux et le fort Hauptstein, que je ne considère cette opération que comme secondaire. Les fossés doivent être entretenus pleins d'eau, soit par les eaux du Zahlbach , soit en y faisant couler les eaux qui vont aux égouts de la ville.

Mayence est très-malsain ; les marais de Alonbach,

76 CORRESPOiVDANCE MII.lTAIIîE [!S04]

les fossés de la place et les égouls en sont cause.

Quant aux marais de Monbacli, donnez ordre qu'ils

soientdesséchés en en faisant écouler l'eau, opération

à faire sur-le-cliamp, pour que l'hiver passe dessus et

ne fasse pas de tort à la ville. Faites acheter tout le

terrain de Monbach, et chargez le génie de veiller à

ce qu'il n'y soit fait aucune espèce de travaux. Vous

accorderez un fonds extraordinaire et 50 à 60,000 fr.

tout de suite pour nettoyer les fossés de la place

avant le 15 vendémiaire. Avant le 1" frimaire,

faites faire le revêtement de la redoute 104 et du

fort 10.3. Vous ferez acheter par le génie le terrain

qui va de l'extrémité de l'inondation de Monbach à

la rivière, entre les redoutes 103 et 105, de manière

que ce terrain et la redoute 103 soient de tous

côtés environnés d'eau

Napoléom.

Archives de l'Empire.

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