C82. — AU PRI.VCE MURAT
Linz, 16 brumaire an XIV (7 novembre 1803), 11 heures du soir.
Je ne sais où vous axez été chercher que j'ai été mécontent du combat d'Amstetten; je l'ai été de ce que vous ne m'aviez pas écrit. Il faut prendre des mesures, car dans une affaire pressée vous perdriez bien du temps. Je peux être parti, mais j'attends cette nuit l'électeur de Bavière.
Recommandez aux maréchaux Lannes et Davout de ramasser le plus de bateaux possible. Les ordres que j'ai donnés ce matin sont-ils exécutés ?
Le maréchal Mortier, qui est sur la rive gauche du Danube, va s'élever à votre hauteur avec' les divisions Klein et Gazan, et sera joint demain pai la division Dupont et la division batave ; il a emmené 14bateaux avec lui; mais il m'en faut '\ ou 400 pour qu'il n'y ait point de Danube et que je puisse le passer prompîement. Les Russes, qui ne s'attendent pas à cette manœuvre, pourront en être les victimes, puisqu'ils croiront n'avoir affaire qu'au maréchal Mortier, et que je pourrai leur en mettre un plus considérable sur le corps.
Je désire beaucoup que votre manœuvre pour enlever l'artillerie et les bagages réussisse.
Je vous rejoindrai aussitôt que possible. Le mare-
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chai Davout a décidément pris la route de Lilienfeld , d'où il aura une grande chaussée qui le mènera droit à Vienne; mais je compte qu'il n'arrivera à Lilienfeld que demain soir. L'ennemi se trouvera alors débordé et tourné par sa gauche.
J'espère que le général Klein parviendra à prendre un ramassis de 2,000 recrues sur la rive gauche, qui m'ont surpris 20 dragons il y a huit jours; 2 ou 300 dragons qui arriveront dessus leur feront poser les armes ; ce sont des recrues qui ont trois semaines et qui ne sont pas même habillées.
J'ai reçu une lettre de la princesse Caroline, qui jouit de tous les honneurs du gouverneur de Paris et qui m'en paraît très-satisfaite.
JVapolégx .
Archives de l'Empire.