‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 17 sur 199 · OPI.VIOX DE L'EMPEREUR SUR LES AVOCATS · texte numérisé non relu

OPI.VIOX DE L'EMPEREUR SUR LES AVOCATS

A M. CAMBACIÎRKS.

Trêves, 15 vendémiaire an XIII (7 octobre 1804).

Mon Cousin, je reçois un projet de décret sur les avocats. Il n'y a rien qui donne au grand juge les moyens de les contenir. J'aime mieux ne rien faire que.de m'ôter les moyens de prendre des mesures contre ce tas de bavards, artisans de révolutions, et qui ne sont inspirés presque tous que par le crime et par la corruption. Tant que j'aurai l'épée au côté, je ne signerai jamais un décret aussi absurde. Je veux qu'on puisse couper la langue à un avocat qui s^en servirait contre le gouvernement.

On a beaucoup discuté, l'année passée, au Conseil d'Etat sur le droit de chasse, et on a fini par ne rien faire. Un individu, étranger au Conseil d'Etat, proposa un projet à l'instar du règlement anglais sur les chasses, et qui aurait rendu plusieurs millions. Faites rechercher ce projet, il a été imprimé.

Comm. par M. le duc de Cambacérès.

(En mioufe aat Arch. de l'Emp.)

[1804] DE XAPOLEOX 1". Ifl

5il. — RÉPRniAiVUli A ADRESSER A UN OFFICIER OFFRAXT SA DÉAIISSIOX.

DÉCISIOX.

Saint-Cloud, 25 vendémiaire an XIII (17 octobre 1804).

Le ministre de la guerre Le ministre delà guerre propose d'accepter la démis- j^^^^^^^ ^^^ officier. Il llli sion du capitaine Lebrun, aide ^

de camp du marécbal Davout. fera connaître que ce n est

pas en temps de guerre que l'on donne sa démission ; qu'il reprenne ses fonctions; et le faire ressouvenir que, lorsqu'on est en présence de l'ennemi , il est contre l'honneur de donner sa démission.

Xapgléox.

Archives de l'Empire.

512, — DECRET CREAX'T DEUX SECRETAIRES DU CADI- X'ET DE L'EMPEREUR ET RÉGLAXT LEURS ATTRIDU- TIOXS.

Saint-CIoud, 30 vendémiaire an XIII (22 octobre 1804).

11 y aura auprès de l'Empereur deux conseillers d'État, secrétaires du cabinet.

80 CORRESPONDAXCE MILITAIRE [1804J

L'un sera chargé du cabinet topographique de Sa Majesté et d'écrire lui-niémc, soit sous la dictée de l'Empereur, soit sur ses propres minutes, tout ce qui aura rapport à l'administration des affaires de la guerre ou de la marine, aux plans de cani])agne et à tous autres objets relatifs à ces départements que Sa Majesté voudra lui confier.

L'autre sera chargé de tenir la statistique des différentes puissances de l'Europe, et d'écrire luimême, soit sous la dictée de l'Empereur, soit sur ses propres minutes, tout ce qui aura rapport à l'administration des affaires de l'intérieur et des finances, aux plans de politique et à tous autres objets relatifs à ces départements que Sa Majesté voudra lui confier.

Ils ne pourront l'un et l'autre avoir aucun commis. S'ils ont un secrétaire particulier, ce secrétaire, sous quelque prétexte que ce soit, ne pourra prendre aucune connaissance du travail ci-dessus spécifié, ni y être employé en aucune manière.

Ils seront de service par semaine pour l'analyse et le travail des pétitions adressées à l'Empereur. Ils feront également ce travail sans le secours d'aucun commis.

Les cartes et plans qui seront nécessaires au cabinet seront dressés soit dans les bureaux de la marine, soit dans les bureaux de la guerre, soit dans ceux des ponts et chaussées, afin qu'il n'y ait

(1804] DE NAPOLÉO\ I". 81

dans le palais de l'Empereur aucun dessinateur ou aucun autre employé pour cet objet.

Kapoléoiw.

513. — OBSERVATIOXS SUR LES TRAVAUX TOPOGRA- PHIQUES DU DEPOT DE LA GUERRE.

AU MARÉCHAL BERTHIER

Saint-Cloud, 4 brumaire an XIII (26 oclobre 1804).

Mon Cousin, j'ai lu avec attention le rapport que vous m'avez remis sur le dépôt de la guerre. Ce rapport ne peut être imprimé. Il est inutile de publier que vous faites faire la carte de la Morée, celle de la Bavière, etc.

Je crois que les ingénieurs géographes travaillent, mais je ne suis pas certain qu'ils travaillent sur de bonnes bases. On leur fait faire des cadastres, et non des cartes militaires; d'où il suit que dans vingt années on n'aura rien. J'ai eu occasion de m'en assurer dans les départements du Rhin ; on m'a présenté de grandes cartes très-inutiles. On a employé quatre années, et je ne sais quel nombre d'ingénieurs et quelle somme d'argent, à ne faire qu'une partie du département de la Roër, et Ton n'a rien des déparlements de Rhin-et-Moselle et du Mont-

Tonnerre, qui sont véril-ihlenient importants. Mettre vingt années à terminer des certes et des plans, c'est trop travailler pour la postérité. Si l'on s'en était tenu à faire des cartes sur l'échelle de Cassini, on aurait déjà toute la frontière du Rhin. Combien de circonstances peuvent se présenter d'ici à vingt ans où nous les regretterons! Que d'événements peuvent arriver, même pour cet amas de papier, avant qu'on ait tiré quelque avantage de tout ce travail ! Je ne sais pas pourquoi la guerre veut faire des cadastres. Les ingénieurs avaient commencé en Corse un cadastre, qui dans le pays était regardé comme très-mal fait; il n'y avait de bien et de trèsutile que la grande carte qui s'est perdue et qui ne devait pas coûter plus de cent mille écus, tandis que le cadastre coûtait plusieurs millions.

Je vois dans votre rapport qu'on a levé sur l'échelle de "7^ les biens sénatoriaux enclavés dans le département de la Roër. Qui a donné cet ordre? On perd ainsi à des futilités un temps qu'on pourrait employer à des choses vraiment intéressantes. Le fait est que je n'ai eu, dans mon voyage du Rhin, aucune carte où je pusse prendre quelque connaissance du pays. Nous avons à faire lever le Mont-Blanc, le Piémont, la République italienne, la République ligurienne et les États du pape. Il ne manque donc pas de travail pour les ingénieurs géographes. Mais si Ton suit pour le Mont-Blanc, où je vois que depuis l'an X

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les trianyles ne sont pas encore faits, et pour Ir Piémont, la marche qu'on a suivie pour les départements du Rhin, rien ne sera fini de nos jours. Les ingénieurs sont trop maîtres de faire ce qu'ils veulent. Je n'avais pas demandé autre chose que de compléter la carte de Cassini. Assurez-vous que les opérations ne sont pas dirigées pour de trop vastes projets. L'expérience prouve que le plus grand défaut, en administration générale, est de vouloir faire trop ; cela conduit à ne point avoir ce dont on a besoin. Faites-moi donc un rapport positif sur le temps où les départements réunis seront placés sur la carte de Cassini. Donnez des ordres et prenez des mesures pour que ce travail soit terminé le plus tôt possible. Quant au cadastre, s'il était nécessaire, ce ne serait point à la guerre à le faire; et, au lieu de s'occuper d'abord des départements de la frontière, il serait beaucoup plus naturel de commencer par les départements qui avoisinent Paris. Depuis cinq ans je ne vois encore aucun résultat de la carte d'Italie. A quelle époque me présentera-t-on enfln quelques feuilles achevées? Votre rapport présente un résultat pour la carte de la Souabe. S'il y a quelques parties terminées, je désire que vous me les fassiez apporter. Ordonnez surtout de bien marquer la nature des différents chemins, afin de distinguer ceux qui sont praticables ou impraticables |iour l'aitillerie. Si tous les débouchés des montagnes Noires

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sont exactement placés , cette carte sera une des plus essentielles que nous puissions avoir.

Napoléon.

Artliivos de l'Empire.

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