‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 18 sur 199 · TRAVAUX DE FORTIF'ICATIOIV · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE FORTIF'ICATIOIV

NOTE POUR LE MINISTRE DE LA GUERRE. Saiiit-Cloud, 20 brumaire an XIII (11 novembre 1804).

Tous les articles ci-après doivent être ajournés à Tannée prochaine :

Douai, Béthune, Valenciennes, IVord-Lihre, le Oiiesnoy, Boucliain, Cambrai, Givetet Charlemont, riiilippeville , Manheuge , Landrecies , Avesnes , Rocroy, Verdun, Plialsboiirg, Grenoble, fort Barraux, Mont-Lyon, Genève, Entrevaux et côtes, Colmar, Montpellier, Perpignan, Bellegarde, Mont- Louis, Prats-de-MolIo, fort des Bains, Villefranche, Bayonne et côtes, Navarreins, château de Lourdes, Montreuil et côtes, Amiens (citadelle), Doullens (citadelle), Saint-Omer et canal défensif. Aire et canal défensif, Ardres, Bergues, fort Lillo, Sas-de- Gand, Gand (citadelle), l'Ecluse et côtes, Ypres, Stevensweert, Turin (citadelle).

On ajoutera les sommes ci-après aux articles suivants :

(1804] UE \'ArOLEO\ I". 85

Luxembourg 00,000 francs.

Strasbourg 15,000

Fort-Vaubaii 10,000

Landau 20,000

Lauterbourg 0,000

Besançon 25,000

Fenestrelle 35,000

Il ne peut y avoir aux ajournements indiqués qu'une seule objection, celle des ponts, illais les ponts-levis, dont la dépense serait urgente cette année, peuvent être réparés par les villes, et , à cet effet, étançonnés. Il est bien suffisant, pour la sûreté de la plupart des villes, que les portes soient suffisamment fermées.

L'ennemi pouvant se présenter trois ou quatre mois après une déclaration de guerre devant les places de Luxembourg, Venloo, Maëstricbt, Juliers, Mayence, Landau, Strasbourg, Fort-Vauban, Neuf- Brisacb , Briançon et Fenestrelle, il est nécessaire qu'il n'y ait jamais rien à faire à ces places.

Mayence et Strasbourg doivent être plus amplement approvisionnés de bois, parce que c'est avec des bois que l'on défend les places; qu'à l'époque d'une déclaration de guerre les transports sur le Rbin sont impossibles, et que tous les autres moyens sont alors employés au transport des vivres. Cette observation est d'autant plus forte à l'égard de ces

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deux places, qu'au moment d'une déclaration de guerre il faut s'occuper aussitôt de relever les tètes de pont de Cassel et de KehI. Un approvisionnement non moins nécessaire est celui de trente mille outils pour le travail de ces têtes de pont.

Quant aux places neuves, il convient d'ajourner à une autre année Ostende et Anvers, et d'ajouter à l'état lenloo pour une somme de 100,000 francs.

Il ne paraît pas nécessaire de dépenser 9G0,000 fr. à Boulogne, les forts de la Crèche et de l'Heurt étant faits et ne devant point avoir de casemates; une partie de cette somme n'est pas destinée à acquitter les dettes de l'exercice écoulé; il faut réduire cette dépense à 500,000 francs.

Le montant de ces réductions, qui s'élèverait à 620,000 francs, serait ajouté à l'article d'Alexandrie.

Quant aux casernes , il est nécessaire de présenter dans un état le nom de toutes les casernes, le nombre des hommes et chevaux qu'elles peuvent contenir, les besoins de chaque place pour logement d'hommes et de chevaux. Une colonne fera connaître à quoi s'élèvent les demandes pour dépenses à faire. Cet état comprendra et distinguera en même temps les casernes que le département de la guerre tient à loyer.

Napoléon.

Archives de l'Empire.

[ISO'iJ DE XAPOLEO\ 1". 87

515. — ÉGOXOMIE A FAIRE POl R L'EMPLOI DES CHEVAUX D'ARTILLERIE TOUR LES TRAXSPORTS.

NOTE POUR LE ilIMSTRE DE L^ Gl ERRE.

Paris, 24 brumaire ao XIII (15 novembre 1804).

On est obligé d'entretenir seize bataillons du train sur le pied de guerre , et au moins huit sur le pied de paix, ce qui est une dépense très-considérable, puisque ces bataillons forment plus de 12,000 hommes.

On entretient en ce moment 14,000 chevaux d'artillerie, ce qui est une dépense encore plus considérable.

D'nn autre côté, les transports d'artillerie ont, en l'an XH, coûté trois millions.

Le ministre de la guerre est invité à se faire faire un rapport sur la question de savoir s'il serait possible d'économiser ces trois millions, en employant les bataillons du train et les chevaux d'artillerie au service des transports militaires.

Pour l'exécution de ce projet, il faudrait déterminer les points sur lesquels s'effectuent ces transports, et former des relais sur les routes qu'ils parcourent, de manière qu'un cheval ne fit jamais plus de deux ou trois journées au delà de la station.

«8 CORRESPO\DA\CE AlILITAIRE [18041

Le ministre fera examiner si l'on ne pourrait pas étendre ce système, et employer les bataillons de pontonniers au service des transports qui se font sur quelques grandes rivières.

Napoléon.

Archives de l'Empire.

516. — IMSTRIJCTIOXS POUR U.\ OFFIGII^R CHARGE D'ÉTUDIER LES MOUVEMENTS DE TROUPES EN SOUABE ET DANS LE TYROL.

AU MABÉCHAL lîEnTHHCR.

Paris, 9 nivôse an XllI (30 décembre 1804).

Mon Cousin, vous ferez partir l'adjudant commandant Romieu pour une mission secrète dans laquelle il prendra la couleur de voyageur. Il se rendra droit à Constance, de là à Lindau et dans toutes les possessions autrichiennes dans la Souabe. Il prendra une note exacte des corps d'infanterie et de cavalerie, de leur force et des généraux qui s'y trouvent. Il se rendra de là à Inspruck, Botzen, Villach , Klagenfurt , Gratz, Laybach , Goritz et Trieste. Il prendra note de toutes les troupes qui ont passé depuis trois mois pour se rendre en Italie. Il aura, soin de noter aussi les bruits relatifs à des troupes qui seraient attendues. Il vous écrira sou-

vent pour vous instruire des mouvements des troupes et de tout ce qui viendrait à sa connaissance, en remettant ses lettres à mes ministres en Suisse et à i\Iunich, et au général qui commande à Vérone. S'il s'apercevait d'un mouvement de troupes considérable, tel que plus fort que 30,000 hommes, il vous en préviendrait par un courrier extraordinaire. Il doit mettre la plus grande discrétion dans sa mission et se souvenir qu'il voyage pour ses plaisirs.

A'afoléox.

Archives de l'Empire.

517. — ORDRES ET RECGMMAXDATIGXS POUR EXVOYER SECRÈTEAIEX'T DES CHEVALX EX ITALIE.

AU MARKCHAL lîKRTHÎKR.

Paris, 11 nivùse an XIII (l" janvier 1805).

Mon Cousin, les 500 chevaux que vous avez envoyés en Italie seront précomptés sur les 1,200 que je veux y envoyer. Faites partir les 232 qui restent au cantonnement de Saintes, ce qui fera 700, et faites-en partir 500 de Paris de ceux de ma Garde. Mettez le plus grand ordre dans ces envois. Faites marcher les chevaux à très-petites journées et donnez-leur de fréquents repos. Rien n'est pressé.

C'est une mesure de prudence pour n'être point obligé de faire des mouvements précipités. Quant aux 162 qui sont à Turin, laissez-les-y ; il sera à temps de les envoyer où Ton voudra. Concertez-vous avec le vice-président Mclzi et le ministre Alarescalchi sur les mesures à prendre pour ramasser les 1,300 chevaux qui sont en Italie, car l'ariillerie est toujours ce quij-etarde la formation des armées. Mettez tle la prudence et de la lenteur dans ces mouvements, afln de ne point porter d'alarmes, et que les chevaux et leurs harnais ne soient point fatigués. Les hommes de la Garde qui iront à Milan avec les chevaux y resteront jusqu'à nouvel ordre. Recommandez que ces chevaux soient tenus en bon état, qu'ils ne soient point fatigués et point éparpillés. Je vous recommande encore une fois beaucoup d'ordre et de lenteur dans leur marche.

Napoléon.

Archives de l'Empire.

518. — ORDRES POUR OPPOSER UNE DIVISIOX FR.^N- ÇAISE A U\' CORDO.V DE TROUPES AUTRICHIENNES SUR L'ADIGE.

AU MARKCHAL BERTHIER.

Paris, 5 pluviôse an XIII (25 janvier 1805).

Mon Cousin, mon intention est que le maréchal

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Joiitdan réunisse à Vérone les 1", 10% 52' et lOP régiments de ligne, et les 3* et 15* régiments de chasseurs, avec douze pièces d'artillerie attelées, sous les ordres du général de division Gardanne et de deux généraux de brigade ; qu'il mette à Legnago un des deux bataillons suisses qui sont à Forli , pour former le fonds de la garnison de cette place, sans que le commandant puisse distraire aucun homme du service habituel de la place, et que l'autre bataillon soit mis àFei rare pour le même objet; que le général Gardanne tienne réunies, le plus possible, ses forces à Vérone et villages environnants, pouvant cependant s'étendre à Villcfranche, Peschiera et Bussolengo ; qu'il tienne quelques détachements de cavalerie aux principales communications de l'Adige jusqu'au canal Blanc; que le 2* de hussards italiens, également sous les ordres du général Gardanne, se cantonne à Rovigo et fournisse des détachements depuis le canal Blanc jusqu'à la mer. Vous ferez connaître au maréchal Jourdan que, pour aujourd'hui, ces dispositions me paraissent suffisantes, jointes à l'armement que j'ai ordonné des places et à un premier approvisionnement. Cette division du général Gardanne portera le titre de contre- cordon. Ce général doit d'ailleurs se comporter avec la plus grande urbanité, ne témoigner aucune méfiance et ne pas laisser penser que cela vienne du Gouvernement; il se bornera à

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dire, dans la conversation, que ce sont de simples mesures de précaution qui cesseront dès que le cordon autrichien sera dissous. Vous lui recommanderez de porter par-dessus tout la plus grande attention sur Legnago, et de faire mettre sur-le-champ, par le directeur du génie , cette place à l'abri d'un coup de main. Vous ferez connaître au maréchal Jourdan que je n'ai aucune vue hostile, que je ne veux pas faire la guerre à l'Empereur, et que je ne pense pas qu'il veuille me la faire; que j'ai lieu d'être tranquille; mais que, voyant un mouvemei^t de troupes extraordinaire, il ne serait rien moins que convenable que les places se trouvassent toutes exposées; au lieu que, moyennant ces premières dispositions, Legnago, Peschiera et ]\Iantoue se trouveront suffisamment garnies. Faites-vous rendre compte de la situation de ces places. C'est surtout contre Legnago qu'on doit maintenir la plus grande police; elle est en état de siège, et, étant sur le cordon, elle pourrait être surprise tous les matins.

Donnez ordre au 22^ régiment d'infanterie légère de se rendre àNovare, ainsi qu'au 9' de ligne et au 15" d'infanterie légère. Ces régiments emmèneront avec eux leurs compagnies d'élite et passeront par le Simplon. Faites-les marcher à très-petites journées, en augmentant les repos prescrits par l'ordonnance, et dirigez leur route, autant que possible,

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hors du pays où ils se sont recrutes, en j)renant

toutes les mesures pour empêcher la désertion.

Donnez ordre à la couipajjnie d'artillerie légère

italienne, qui est en France, de retourner en

Italie.

Napoléon.

Archives de l'Empire.

519. — DISPOSITIONS RELATIVES A DES BATAILLONS DU TRAIN ET A L'ORGANISATION D'UNE ARMÉE EN ITALIE.

AU MARÉCHAL BERTHIER

Paris, 5 pluviôse an XIII (25 janvier 1805)

Mon Cousin , vous donnerez ordre au ¥ hataillon bis du train, qui est à Camhrai, et au S^ bataillon de se rendre à la Fère. Là, le 8' bataillon remettra tous ses chevaux, au nombre de 750, au bataillon n' -4 bis. Vous ferez compléter ce bataillon à 900 par les chevaux d'artillerie qui sont à mon service et que le grand écuyer fera remettre. Vous préposerez un officier pour veiller à ce que la remise s'en fasse dans le plus grand ordre et que les matricules et procès-verbaux soient en règle. Vous dirigerez alors ce bataillon n" 4; bis sur Turin à très-petites journées, et vous lui marquerez de fréquents séjours. Le bataillon n" A est à Turin et a 150 che-

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vaux. Mon intention est de le porter à 1 ,000. A cet effet, les 490 chevaux de ma Garde partis le 22 nivôse de Paris seront réunis à Turin au bataillon n'-i, et, immédiatement après, les hommes opéreront leur retour sur Paris. Vous ferez partir un détachement du train de ma Garde avec 200 chevaux jiour Turin. Les hommes reviendront à Paris après avoir fait la remise de leurs chevaux. Vous me proposerez Tin mouvement de 150 chevaux lires des IP, 12' ou 13* divisions militaires pour compléter le nombre de 1,000 que ce bataillon peut servir. Les deux bataillons n" 6 sont en Italie. Le bataillon principal est dans le royaume de IVaples; il n'a que 530 chevaux : mon intention est qu'il soit porté à 800. A cet effet, vous autoriserez le conseil d'administration, sous la surveillance du directeur du parc d'artillerie de l'armée française dans le royaume de Xaples, à acheter 300 chevaux ou gros mulets de trait et à y affecter le produit de la vente des chevaux de la République italienne. Vous établirez pour cet effet une masse. En ne donnant à ce bataillon que 800 chevaux, quoiqu'il ait 600 hommes, j'ai égard à la circonstance et à la facilité qu'on aurait en cas de guerre à lever des chevaux, et à ce qu'on ne manquerait point d'en prendre au train napolitain. Le bataillon n" 6 bis est à Plaisance ; il n'a que 150 chevaux ; les 400 chevaux partis de Saintes le 5 nivôse y seront réunis, ainsi que les 232 partis le 26 ni-

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vôse , ce qui le complétera à près de 800 lionnnes. Ces dispositions une fois exécutées, j'aurai donc au delà des Alpes quatre bataillons du train formant 2,i00 hommes et ayant 3,500 chevaux harnachés et pour le service uniquement du train d'artillerie. Il vous restera à me faire connaître ce qu'il manque au complet de ces bataillons du train, quelles mesures il faut prendre pour les compléter, et enfin combien ils peuvent encore servir de chevaux. Vous vous assurerez aussi que les harnais et tout ce qui est nécessaire soient dans le meilleur état. Vous donnerez ordre qu'à mesure que ces chevaux arriveront dans la 27' division militaire, ils soient placés dans des villes où ils soient bien tenus, bien nourris, et où ils ne fassent d'autre service que les mouvements d'artillerie locaux. Faites-moi connaître par un rapport particulier s'ils sont de bonne qualité, et si l'on peut compter généralement sur un bon service. Faites-moi également connaître le temps qu'il faudrait pour organiser un bon équipage de campagne en Italie, lorsque ces chevaux y seront arrivés, et les mesures qu'il y aurait à prendre pour sa réparation. Enfin, j'ai besoin de connaître la situation des salles d'armes de la République italienne et de la 27' division militaire. Faites aussi vérifier l'état des magasins d'habillement en vestes et en culottes, ou du moins en draps propres à les coniectionner, qui doivent être établis dans la 27' di-

9(j COUliliSI'O.XUAXCE MlLlT.AlllE tlS05]

vision militaire. I^es charrois d'artillerie, ceux des vivres et des ambulances ont aussi leur importance et retardent souvent la formation des armées : faites-moi connaître le nombre des caissons de vivres qui se trouvent dans la 27" division militaire ; combien il en existait à la paix en l'an IX, et, si le service se continuait par les charrois du pays, combien il en faudrait pour une armée de 60,000 hommes; et enfin quelles mesures à prendre pour se procurer des attelages. Donnez ordre au colonel du 2° régiment d'artillerie à pied de rejoindre son corps.

Kapoléoi\.

Dépôt de la guérie.

(En minute aux Arch. de l'Fnip.)

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