ORDRE DU JOU.I
Quartier impérial, Briinii, 3 frimaire an XIV (24 novembre 1805).
Tout le Tyrol est occupé par notre armée.
L'Empereur témoigne sa satisfaction aux corps de M. le maréchal Ney. Scharnitz a été enlevé. Les troupes de l'électeur de Bavière se sont emparées de la forteresse de Kufstein. Une colonne ennemie se trouve coupée dans le Vorarlberg; elle est entre le corps du maréchal Ney et cel'ji du maréchal Augereau. Notre jonction avec l'armée d'Italie est opérée; nous sommes maîtres du pays vénitien, du
Tyrol et de Salzburg. Ainsi notre droite est appuyée à l'Adriatique et notre gauche à la Bohême, à IJrûnn, place forte, sans que, dans l'intervalle ni sur nos derrières, il y ait aucun poste, aucune place forte, aucun corps ennemi. Les magasins, les arsenaux sont en notre pouvoir. Aux places fortes du Tyrol il faut joindre celles que nous avons sur l'Inn et en Moravie.
Il n'est pas de jour où il n'arrive des nouvelles que des débris de l'armée autrichienne sont tombés en notre pouvoir.
L'intention de l'Empereur est de donner quelques moments de repos à l'armée; les chefs de corps doivent en profiter pour faire réparer l'habillement et la chaussure, nettoyer les armes et rallier tout le monde. Ils auront soin de faire un état des traineurs qui, sans cause légitime, seront restés sur les derrières; ils recommanderont aux soldats de leur en faire honte, car, dans une armée française, la plus forte punition, pour celui qui n'a pas su prendre part aux dangers et à la gloire, est la honte qui lui est imprimée par ses camarades. Enfin, s'il en est qui se trouvent dans ce cas, l'Empereur ne doute pas qu'ils ne soient empressés, aux premières actions, de se rallier et de serrer de près leurs drapeaux.
Les chefs de corps écriront à leurs majors pour avoir la situation des dépôts, et, dès qu'ils l'auront reçue, ils la feront passer au major général.
480 CORRESPOXDANCE MILITAIRE [18G5]
Les nouvelles de France annoncent que tous les conscrits sont partis et arrivent de tous côtés.
L'Empereur recommande à chaque homme d'avoir sa haïonnette, qui fut toujours l'arme favorite du soldat français.
Le maréchal Bertliier, par ordre Oc l'empereur. Dépôt de la guerre.