REGLES POUR L'AVANCEMEXT DANS L'ARMEE
AU MARÉCHAL BERTHIER
La Malmaison, i peutôse an XIII (23 février 1803)
Mon Cousin, mon intention est que désormais vous me présentiez votre travail le dernier mercredi de chaque mois. A chaque nomination , on me fera connaître les emplois vacants. On ne proposera au grade de chef d'escadron ou de bataillon aucun sujet qui n'ait huit ans de service comme ofncier et ne soit capitaine depuis l'an VIII. On ne proposera pour
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capitaine que des officiers ayant au moins huit ans de service et quatre ans de grade de lieutenant. ]Vul ne sera proposé pour lieutenant s'il n'a quatre ans de grade de sous-lieutenant à dater du moment de son arrivée au corps. Aucun sergent ou maréchal des logis ne pourra être présenté pour sous-lieutenant s'il n'a six ans de service et quatre ans de grade, à moins qu'il ne sorte de l'école militaire de Fontainebleau ou du prytanée de Saint-Cyr. Les nominations d'officiers généraux etde colonels n'auront lieu que deux fois par an, le dernier mercredi de ventôse et le dernier mercredi de fructidor. On me fera connaître les services des officiers présentés. On aura soin que les officiers de la ligne n'éprouvent point de passe-droit, et ces propositions me seront faites, non sur des demandes particulières, mais sur les services comparés de chacun. Aucun aide de camp du grade de lieutenant ne pouira obtenir d'avancement s'il n'a fait, pendant deux ans, le service de son grade dans un régiment. Quand un officier sera proposé pour le grade de major ou de colonel, il ne recevra son brevet qu'après m'avoir été présenté et avoir commandé les manœuvres à la parade. Vous tiendrez strictement la main à l'exécution de ces dispositions.
Napoléon.
Archives de l'Empire.
98 CORRESPONDAXCE MILITAIRE 11805]
521. — DEAIAVDK D'L.V lÎTAT E.V SEPT COLO.V.VES PRÉSENTA.VT LA SITUATIO.V DE L'AR.MÉE.
AU MARKCHAI, BERTHIER.
Saint-Cloud, 18 ventôse an XIII (9 mars 1805).
Je vous prie do me faire faire un état de la situation de l'armée.
La première colonne contiendra les régiments par armées et divisions militaires;
La deuxième colonne, le nombre d'Iiommes qu'ils avaient présents sous les armes à la dernière revue, que je suppose être celle de pluviôse;
La troisième, le nombre d'hommes aux hôpitaux, en congé, et compris dans l'effectif;
La quatrième, le nombre d'hommes qui leur est accordé par la conscription de l'an XIII;
La cinquième le nombre d'hommes qui leur est accordé sur les levées demandées des réserves de l'an XI et de l'an XII;
La sixième, le nombre d'hommes qu'il faudrait pour porter tous les bataillons au grand complet de paix, et pour compléter les corps composant les trois camps de Saint-Omer , Bruges et Montreuil , à 2,400 hommes ;
La septième, le nombre des hommes détachés aux colonies; on fera connaître si ces détachements se sont laits par piquets ou par compagnies : si c'est
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par compagnies, on nommera le bataillon; si c'est par piquets, le nombre d'officiers et soldats.
Napoléon.
Archives de l'Empire.
522. — AMELIORATIOXS A APPORTRR AUX ROUTES D'APRÈS LEUR IMPORTAXCE MILITAIRE.
NOTE POUR LE MINISTRE DE LIXTÉRIEliR.
La Malmaison, 23 ventôse an XIII (1-4 mars 1805).
La répartition du fonds des ponts et chaussées , pour l'an XIII, n'est pas conforme aux intentions de Sa Majesté.
Les 6,550,000 francs accordés pour les routes sur les fonds du trésor public sont très-insuffisants. Le temps viendra où Sa îllajesté pourra accorder annuellement vingt millions d'extraordinaire.
Le sacrifice de G, 550,000 francs, fait cette année, n'est pas destiné à des réparations à faire à toutes les communications , mais à rendre meilleures celles des routes qu'on peut considérer comme les grandes artères del'Kmpire.
Dans la situation présente , les trois routes qui intéressent par-dessus tout l'Empereur sont :
1" Celle de Paris à Brest ;
2° Celle de Paris à Cherbourg par le Havre et Ronfleur;
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3" Celle de Paris à Boulogne.
Il convient de dépenser à ces trois routes tout l'argent nécessaire pour qu'elles ne laissent rien à désirer.
Les routes d'un intérêt de second ordre , où Sa Majesté désire qu'on cmj)loie également une partie des fonds accordés, sont :
1° Celle de Paris à Plaisance par Lyon , Turin et Alexandrie ;
2° Celle d'Avignon à Toulon par Aix , et celle de Toulon à Marseille ;
3° Celle de Paris en Espagne par Bordeaux.
Les routes qui intéressent Sa Majesté en troisième ordre, et où il convient aussi d'employer une por-^ tion des fonds, sont :
1" Celle de Paris à Strasbourg;
2° Celle de Paris à Cologne par Bruxelles, Liège et Aix-la-Chapelle.
L'Empereur désire qu'on lui présente une répartition des6, 550, OOOfrancs, telle que lescinqsixièmes de cette somme se trouvent employés à ces diverses routes, à moins qu'on ne juge que ces fonds ne soient pas nécessaires.
Quant aux communications de l'armée d'Angleterre, l'Empereur désire savoir ce qu'on se propose de dépenser pour celles qu'il considère comme les plus importantes, et qui sont :
1° Celle de Boulogne à Dunkerque par Calais;
2" Celle (le Boulogne àEtaplesparlaligne la plus courte;
3» Celle (le Boulogne à Saint-Onier ;
4" Celle (le Wimereux à la grande route;
5° Celle d'Ambleteuse à la grande route.
Son intention est que, sur lefondsde 6, 550,000 fr. , onn'emploie au département du Goloque 20,000 fr., €t à celui du Liamone que 80,000.
II ne faut pas faire, dans ces deux départements , de grands ponts, mais seulement des ponts de bois. L'argent qu'on emploirait à des ouvrages d'art, au milieu des montagnes et d'un pays pauvre, serait de l'argent de perdu.
L'Empereur désire que la route du Simplon soit terminée cette année , et qu'on ajoute, en conséquence, 200,000 francs au million proposé, en comprenant dans les travaux la route de Meillerie et celle du Valais.
Le ministre de l'intérieur est invité à présenter un nouveau tableau, dans lequel ces modifications auront été faites. 11 est convenable que, dans la colonne du service extraordinaire, on distingue les différents articles du budget qui composent la somme de 2,250,000 francs.
Par ordre Je l'Empereur.
Comm. par MM. de Cliarapa<]ny.
102 CORRESPOXDAXCE MILITAIRE [1805]
523. — OBSERVATIOXS SUR DES AVANCEMENTS TROP RAPIDES PROPOSÉS PAR LE MINISTRE.
AL MARÉCHAL UERTHIER.
La Malmaisoii, 30 ventôse an XIII (21 mars 1805) ■
Mon Cousin, je vois avec peine que l'on me propose, tous les jours, des avancements rapides pour des officiers d'état-niajor, des lieutenants qui ne le sont que de deux, trois, quatre ans, et l'on se croit ancien lorsqu'on date de l'an VII. Cependant il n'y a pas de régiment où il n'y ait huit capitaines de 1792 ayant des blessures et fait toutes les campagnes. J'en compte sept dans le 1" régiment, dix dans le 2% huit dans le 3% quatorze dans le 4% quatorze dans le 5% quinze dans le 6% six dans le 7*, quatre dans le 8% dix dans le 9% neuf dans le 10% treize dans le 11% six dans le 12% quatre dans le 13% et ainsi de suite. Mon intention est que vous me remettiez un état de tous les officiers qui ont été faits capitaines pendant l'an XIII et avant, un même état des lieutenants et sous-lieutenants, avec la note de leurs services, s'ils ont fait la guerre dans leur corps sans interruption, avec des notes sur chacun d'eux, et que vous ne me proposiez aucun officier pour être chef de bataillon que la liste de ceux qui sont sur cet état ne soit épuisée. Napoléon.
Archives de l'Empire.
* Date présumée.
11805) DE KAPOLÉOX I". 103