LETTRE AU SUJET DE L'ATHÉISME
A M. CHAMPAG.W.
Schœnbrunn, 22 frimaire an XIV (13 décembre 1805).
C'estavec un sentiment de douleur que j'apprends qu'un membre de l'Institut, célèbre par ses connaissances, mais tombé aujourd'hui en enfance, n'a pas la sagesse de se taire et cherche à faire parler de lui, tantôt par des annonces indignes de son ancienne m. 29
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réputation et du corps auquel il appartient, tantôt en professant hautement l'athéisme, principe destructeur de touie organisation sociale, qui ôte à l'homme toutes ses consolations et toutes ses espérances. Mon intention est que vous appeliez i;uprès de vous les présidents et les secrétaires de l'Institut, et que vous les chargiez de faire connaître à ce corps illustre, dont je m'honore de faire partie, qu'il ait à mander M. de Lalande, et à lui enjoindre, au nom du corps, de ne plus rien imprimer, et de ne pas obscurcir dans ses vieux jours ce qu'il a fait dans sesjoursdeforcepourobtenirl'estimedes savants; et, si ces invitations fraternelles étaient insuffisantes, je serais obligé de me rappeler aussi que mon premier devoir est d'empêcher que l'on empoisonne la morale de mon peuple, car l'athéisme ezt destructeur de toute morale, sinon dans les individus, du moins dans les nations.
731. — ORDRE COXCERNAXT LES MESURES A PREXDRE PE.VDAXT L'ARMISTICE.
Schœnbrunn, 23 frimaire an XIV (14 décembre 1805).
La paix se traite; un armistice est convenu ; l'armée ne doit pas y contrevenir.
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On doit profiler de l'armistice pour faire confectionner des capotes, se procurer des souliers, mettre en ordre les ambulances, compléter l'armement, et notamment les baïonnettes, dont il manque une grande quantité.
Le génie doit organiser ses caissons d'outils, afin qu'on soit en état d'entreprendre des ouvrage,; de campagne.
Généraux commaïu'ant les corps d'armée et les divisions, colonels, ordonnateurs, généraux d'artillerie et du génie, tous doivent se tenir prêts à reprendre les armes, et personne ne doit se permettre des opérations qui pourraient retarder de deux heures les niarches et les manœuvres de guerre.
L'Empereur recommande également aux généraux- de cavalerie la plus grande vigilance dans leurs cantonnements.
La confiance ne doit jamais être aveugle. On nous a prouvé tant de fois qu'on voulait endormir notre surveillance par des propositions de paix, qu'on ne doit jamais s'y livrer aveuglément ^
Les généraux, surtout les généraux d'artillerie, ne doivent faire aucune disposition qui tendrait à priver les divisions de leur artillerie ou (|ui les empêcherait d'être mobiles.
L'intention de l'Empereur est que les grands et les petits dépôts des régiments de cavalerie soient cantonnés avec leurs régiments pendant le temps de
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leur armislice; que les hommes à pied rejoignent leurs régiments , et qu'on remonte le plus possible de dragons, sans faire attention à la taille des chevaux, ni même à l'espèce de selle qu'on pourra se procurer.
Les commandants des provinces sont autorisés à procurer autant de chevaux qu'ils pourront aux dragons, et les colonels à en acheter. Il leur sera, à cet effet, fourni des fonds, sur leur demande à l'intendant général.
Jusqu'à ia paii, l'armistice ne doit être considéré que comme un moment de repos ei un moyen de se préparer de nouveaux à combats.
Napolkon.
Dépôt de la gueire.