AU MARÉCHAL NEY
Schœnbmnn, 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805).
Je reçois votre lettre du 19 frimaire. Je conçois vos regrets de ne vous être pas trouvé à la bataille.
J'en ai éprouvé aussi, me souvenant de votre belle conduite à Elcliingen, que vous ne vous soyez pas trouvé à UQ événement aussi mémorable. Vous ne pouviez pas être partout. Vous avez très-bien fait dans le Tyrol. Reposez votre armée; aussitôt que vous aurez atteint votre destination, occupez-vous à l'organiser, à lui procurer des capotes et des souliers, et à mettre au courant sa solde. Réunissez votre cavalerie, rassemblez vos petits dépôts, et tâchez de l'accroître et de la mettre en bon état. On traite de la paix; mais rien n'est encore signé. Les Russes sont en marche; mais, si d'autres ennemis nous menacent, je me servirai de votre corps d'armée àl'avant-garde. Donnez-lui-en l'assurance; il ne peut douter du cas que je fais de vos troupes. J'ai fait reposer la division Dupont à Vienne, où elle est depuis un mois. Vous ne correspondez pas assez souvent avec le quartier général. Il faut y avoir constamment un officier. Napoléon.
Archiïes de l'Empire.