‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 33 sur 199 · IXSTRUGTIOXS POUR LE GÉXIÎRAL BERTRAND · texte numérisé non relu

IXSTRUGTIOXS POUR LE GÉXIÎRAL BERTRAND

Camp de Boulogne, 7 fructidor an XIII (25 août 1805) ^.

Le général Bertrand se rendra en droite ligne à Munich; il descendra chez M. Ollo; il présentera à

' Préfet (le Maycnce.

' Date présumée.

160 CORRESPOMDAKCE MILITAIRE [1805]

l'Electeur la lettre ci-jointe ; après quoi , il se rendra àPassau; il y verra la situation de cette place; il remontera rinn jusqu'à Kufstein; il en fera une reconnaissance en règle : la situation des lieux , leur distance, la nature des chemins, la largeur de la rivière, la quantité des eaux, la domination alternative de l'une et l'autre rive, les bacs , ponts, gués. Il sera accompagné de quelques ingénieurs bavarois; mais il aura soin de voir par lui-même, et écrira ce que lesingénieurs pourront luidire des circonstances de la rivière et des événements qui s'y seraient passés.

Il suivra ensuite la Salza jusqu'à Salzburg, de là reviendra à Munich, en passant l'Inn à Wasserburg, et tiendra encore note de cette troisième reconnaissance. II prendra tous les renseignements à Munich, d'hommes très-connaisseurs, sur les débouchés de risar et autres qui se rendent dans le Tyrol, jusqu'au débouché du Lech.

De Munich il se rendra à Fûssen , sans sortir du territoire bavarois. Si Fiissen n'est pas occupé par les Autrichiens, il le verra en détail.

De Fûssen il descendra le Lech , dont il fera une parfaite reconnaissance jusqu'au Danube; reconnaîtra Ingolstadt et Donauwœrth ; longera le Danube, et, allant de l'un à l'autre, il aura vu le Danube à Passau et en tiendra note toutes les fois qu'il le verra de Donauwœrth.

II fera la reconnaissance de la Regnitz jusqu'au Alein ; de Bamberg il reviendra surUlm par la roule qu'il jugera à propos; d'L'Im il ira à Slutfgart, toujours à petites journées et ne voyageant que le jour; de Stuttgart, il ira à Rastadt, et fera une bonne reconnaissance de la route d'Llni à Rastadt, sous les points de vue militaire et d'étatmajor.

Dans toutes ces courses, il aura soin de bien tracer la route d'Llm à Donauwœrth par la rive gauche du Danube ; de là à Ingolsladt , et de là à Ratisbonne, de Ratisbonne à Passau , d'après les renseignements.

Nota. Quand il sera à Passau , il reconnaîtra la route qui va de Passau en Bohême, autant que possible sur le territoire de Bavière ; renseignements sur le reste. Peut-on aller à Prague par cette route ?

Il fera la reconnaissance détaillée du petit ruisseau d'Ilz, et la nature des chemins et du terrain, depuis la source de l'Ilz, qui descend des montagnes de Bohême, jusqu'à l'embouchure de l'Ilz; quelle est la largeur de la vallée; quels sont la nature des chemins, les principaux bourgs, et la facilité ou les inconvénients qu'aurait une armée qui se porterait sur la rive gauche du Danube , et tournerait par ce moyen l'Inn, et se porterait surFreystadt et voudrait se porter en Moravie.

Prendre tous les renseignements sur les fortifications qu'aurait faites Tennemi , soit à Linz, ou Steyer , ou toute autre place, jusqu'à Vienne, et même Vienne.

Bien déterminer à quel point le Danube porte bateau , soit pour la descente ou la remonte.

Il fera une reconnaissance très-détaillée sur Llm : population, position militaire, etc.; il tiendra note de ce qu'on lui dira sur l'Ems, sur l'espèce des difficultés qu'il peut présenter, de même que sur la largeur du Danube derrière le Trasen, à quelques lieues de Vienne, quatre à cinq.

De Rastadt il se rendra àFribourg, de Fribourg à Donaueschingen, et de là à Bàle ; et delà il viendra me rejoindre par Huningue, sans passer sur le territoire suisse; en longeant la rive droite du Rhin, il fera une reconnaissance de la position de Stockach.

M. Bertrand m'écrira de Strasbourg pour me faire connaître toutes les rumeurs du pays sur la guerre, la paix et les mouvements des Autrichiens; il ira à Stuttgart, où il verra M. Didelot ' ; il dira ce qu'il entendra dire sur les forces des Autrichiens dans le Tyrol ; il engagera M. Didelot à faire un mémoire sur toutes les possessions de l'Autriche en Souabe, anciennes ou acquises depuis le traité de Lunéville,

' Minisire plénipotentiaire de France à Stuttgart.

en faisant à peu près une stalislique ; à son retour il pourra me donner ces mémoires, ce qui ferait voir qu'il ne perd pas son temps là.

Il m'écrira de .Munich tout ce qu'on dit sur la situation des Autrichiens sur l'Inn et dans le Tyrol : sa présentation à l'Électeur et tout ce qui est relatif à l'autre partie de sa mission ; de Munich il m'expédiera un courrier pour me donner de ses nouvelles. De Stuttgart M. Didelot enverra , par un de ses gens, sa dépêche à Strasbourg; elle sera adressée au préfet, qui me la fera passer où je serai. De Passau il me fera les reconnaissances , celle de l'Inn et du Danube à Passau, et celle de l'ilz , et tout ce qui est relatif à la rive gauche ; il l'enverra par une estafette à M. Otto, qui la fera passer par un des nombreux courriers allant à Vienne ou .Munich.

De Salzburg il m'enverra la reconnaissance de rinn ou de la Salza, qui sera envoyée par une estafette à M. Otto ; si les .Autrichiens étaient à Salzburg ou qu'il y eût des inconvénients à s'y rendre, il n'ira pas ; de iMunich il n'enverra la reconnaissance du chemin de Salzburg à .Munich et celle de la rive gauche du Danube, d'après les renseignements.

Partout son langage sera pacifique ; il parlera de l'expédition d'Angleterre comme imminente; les troupes embarquées, il ne montrera aucune inquiétude, même à nos agents; ne fera aucune attention aux préparatifs de l'Autriche : qu'ils ne peuvent

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commencer la guerre, que cela n'aurait pas de sens.

Xapoléon.

Comm. par le colonel Henry Bertrand,

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