AU MARECHAL BERTHIER
Camp de Boulogne, 7 fructidor an XIII (25 août 1805).
Tous les renseignements que je reçois par mes courriers me font prendre le parti de ne pas perdre un jour. Je désire donc que le mouvement de dragons se fasse dès demain ; que les dragons à pied parlent également demain de Calais ; que le général Oudinot parte également demain ; et après-demain 9, je veux
ItiS CORRESPONDANCE MILITAIRE [1805]
commencer la contre-marclie de toute mon armée. Vous laisserez à la disposition des généraux de division de faire des séjours ou non. Le moment décisif est arrivé. Un moment de retard nous présentera de plus grands obstacles. Ainsi donc modifiez vos ordres en conséquence, et venez me trouver immédiatement après. Faites partir même demain la k" division de dragons; tracez-lui une quatrième route par le Xord : dirigez-la sur Spire; envoyez cette nuit des commissaires des guerres et des officiers d'état-major sur toutes les trois routes. Vous sentez quelle est l'importance d'un jour dans cette affaire. L'Autriche ne se contient plus, elle croit sans doute que nous sommes tous noyés dans l'Océan.
Napoléon.
Dépôt de la guerre.