‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 4 sur 199 · AU GIÎXKRAL BERTHIER, MIXISTUE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

AU GIÎXKRAL BERTHIER, MIXISTUE DE LA GUERRE

Saint-Cloud. 12 fructidor an XI (30 août 1803)

J'approuve, Citoyen Ministre, les idées contenues dans le mémoire du premier inspecteur général du

fl803] DE \APOLEO\ 1". 11

«lénie sur la suppression de plusieurs jjlaces de la Belgique, telles que Mons, Tournay, Courtray, Alenin, Furnes, Bruges, Yzendicke, Philippine, Axel, Hulst, Terneuse, Ath , Gand , Termonde, Oudenarde, Bruxelles, Liège el \amur; je pense qu'il faudrait y joindre Malines. Ce serait une place à reconstruire, et, dans ce cas, il vaudrait mieux faire ces dépenses sur la Meuse, à moins que ce ne fût contre la frontière hollandaise, et alors se porter plus haut. Je pense également qu'il faudrait y ajouter Louvain.

J'approuve beaucoup l'idée de vendre les débris de ces fortifications, et d'en faire une caisse particulière qui servirait à la construction des nouvelles places.

J'approuve également l'idée de fixer les garnisons dans la 24' division militaire, de manière qu'on conserve quelques casernes dans les grandes villes pour des circonstances imprévues, mais qu'on supprime cette immense quantité de casernes qui ruinent le trésor public.

Présentez-moi un projet d'arrêté sur ce dernier objet, et demandez au génie un rapport sur la note ci-jointe.

Ne pourrait-on point démolir les tortitications de Sedan ? Luxembourg le couvre. Mézières et Montmédy, avec quelques réparations, sont suffisants pour arrêter une avant-garde qui voudrait, par la

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droite ou la gauche, passer la Aleuse et entrer en Cliampagnc. D'ailleurs, on ne peut se dissimuler qu'il faudrait des millions pour réparer Sedan, que le système en est extrêmement vicieux, et que, si l'ennemi était en mesure d'y arriver, il s'en emparerait facilement. Nous perdrions une garnison, une artillerie nombreuse, et celte prise ferait un trèsmauvais ellet moral, par l'opinion d'avoir perdu une place depuis longtemps connue. Ajoutez à ces considérations que ses fabriques sont importantes.

Il me paraîtrait nécessaire de faire d'Ostcnde une bonne place ; c'est le seul port de la Belgique. Le superbe canal de Bruges, qui conduit à Bruxelles, est une des clefs de ce beau pays. Trois à quatre millions dépensés Va seraient très-bien employés.

Le point de la Belgique où l'on doit tenir le plus de troupes est Anvers, parce que de là on est à portée de prévenir les invasions de la Hollande : Alacstricht pour la 25" division militaire.

11 faudrait aussi adopter le principe de donner aux villes les casernes qui sont situées dans les villes qui ne sont point places de guerre, et exiger que ces villes soient chargées de les réparer; c'est le seul moyen de porter un peu d'économie dans ces parties coûteuses de l'administration.

Bonaparte.

Archives de l'Empire.

{1803] DE X'APOLÉON I". 13

47G. — AW'EXE A LA PIÈCE PRÉCÉDEXTE.

Saint-CIoud. 12 fructidor an XI (30 août 1803).

Le mémoire du premier inspecteur général du génie ne me paraît pas répondre tout à fait à ce qu'on désirerait. On ne préjuge rien à la frontière batave; mais il faut supposer qu'en cas de guerre elle est toujours à nous. Dans cet état notre ligne s'appuie à Grave et de là arrive à Venloo. Si l'on demande à mettre Anvers en état de défense , c'est :

1° A cause de l'arsenal de la marine, qu'on veut y établir;

2" Comme point central où l'on pourra tenir de l'artillerie pour fortifier et ravitailler promptement les places hollandaises.

Ce qui intéresse donc dans ce moment, c'est la frontière du Rhin depuis Grave jusqu'à la Aloselle.

De Grave à Venloo il n'y a point de places. Il reste à savoir si l'on préférera Gueldre, qu'on u proposée, et qui effectivement pourrait remplir ce but.

Ruremonde pourrait être fortifiée si la position s'y prête. On pense que, si la position était trop ingrate, il vaudrait mieux se mettre quelques lieues à côté, ou en avant.

Maëstricht et Juliers sont faits. Une place sur la

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Moselle peut être ulile. On voudrait, de cette |)]ace sur la Moselle à Juliers, trois places situées dans la position la plus favorable sur le contre-fort qui sépare les eaux du Kliin de la jMeuse, ce qui ferait six nouvelles places à établir sur cette frontière. Si elles peuvent être placées de manière qu'on ne puisse absolument se porter sur la Meuse et ne la passer qu'après avoir pris une ou deux de ces places, tant que les autres resteraient, elles peuvent offrir des avantages de toute espèce pour la reprise de l'offensive.

Quant à l'ordre de construction , il faudrait au plus en construire deux à la fois, et les pousser de manière à dépenser deux millions par an, et tout entiers dans les fortifications proprement dites, sans mettre un sou aux bâtiments militaires.

Quelque importante que soit Gueldre, elle ne nous est utile que contre la Prusse. Les deux places les plus importantes paraîtraient celles qui intercepteraient la chaussée de Liège à Coblentz ; c'est par là que sont toujours venus les Autrichiens ; c'est là où il paraîtrait essentiel de travailler le plus tôt possible.

Ainsi, en l'an XII, on réparerait Anvers; on continuerait les travaux de Juliers, et on dépenserait deux millions à la nouvelle place.

Par-dessus tout, on ne peut trop recomnîander de déterminer le local pour la convenance des ior-

DE NAPOI.KOX I". 15

tilicalions, car aJors elles coulent tri's-peu e( les fortifications sont lionnes.

BOK APARTE.

Archives de l'Empire.

477. — X'OTIC DliTiiRMlXAIVT LKS POUVOIRS ADMINISTRATIFS DES COMMISSAIRliS GÉNÉRAUX.

Saint-Cloud, 13 fructidor an M (31 août 1803).

Le commissaire général ne |)eut être un intermédiaire entre le ministre et les ordonnateurs en chef des camps que pour les détails d'exécution; mais il ne peut être chargé des ordonnances ni des liquidations. Comment à Boulogne pourra-t-il suivre les détails administratifs de Bayonne? Le directeur de l'administration, étant au centre, doit toujours tout diriger, de la même manière qu'il dirige l'administration de l'armée en Italie. Il est essentiel, pour cela, qu'il conserve la correspondance directe avec chaque ordonnateur, les répartitions de fonds et les liquidations; autrement il dirigerait à l'aveugle. Chaque camp doit avoir ses fonds séparés, mais sous la surveillance du commissaire général, auquel le ministre donnerait avis des crédits ouverts pour chaque service, mais en adressant directement les crédits aux ordonnateurs et à la trésorerie natio-

16 CORRESPO\'DAXCE MILITAIRE [1833]

nale ; c'est le seul moyen d'éviter les retards pour l'envoi des fonds et d'en surveiller l'emploi.

D'ailleurs, le service des camps va ("'tre confondu avec celui des divisions ; si le ministre ne conservait pas sur l'un et sur l'autre la même surveillance, tout rentrerait bientôt dans la confusion.

L'armée sortie du territoire de la République, ce sera différent; il faut bien alors que le commissaire général soit revêtu de tous les pouvoirs administratifs ; mais il est imposible de les diviser dans l'intérieur, et qu'une partie des divisions corresponde avec le ministre et l'autre avec le commissaire général.

BOIV APARTE.

Archives de l'Empire.

478. — OBJECTIOx\îS CONTRE L'ARMEMEMT DES COTES AVEC DES PIÈGES DE 16.

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