AU GENERAL SAVARY
Camp de Boulogue , 10 fructidor an XIII (28 août 1805).
M. le général Savary se rendra à Landau et de là à Germersheim. Il passera le Rhin dans les environs de Germersheim et dans l'endroit qu'il jugera le plus favorable pour l'établissement d'un pont de bateaux. Il observera Philippsburg, de manière à rendre un compte succinct de l'état de la place. Il se rendra ensuite à Bruchsal, puis à Kniltlingen; de là à Vaihingen, à Cannstadt, à Gniiind, à Aalen , à Giengen et à GundeKîngen, sur la Brenz, à une demi-lieue du Danube. Il ne voyagera que le jour.
Il tiendra note de toutes les communications latérales qui existent, d'une part, entre cette route et celle de Durlach à Ulm, par Pforzheim, Stuttgart, Esslingen, Gœppingen et Geislingen, et, de l'autre
part, entre la route qu'il doit parcourir et une autre route partant de U'iesloch pour aller à Sinsheim, Heili)ronn, OEhringen, Hall, Ellwangen, Xeresheim et Dillingen, sur le Danube. Il rendra compte de chacune des villes et des villages, ponts, châteaux, collines, bois ou endroits remarquables qu'il rencontrera, de la distance qui les sépare respectivement, ainsi que des villes, villages ou châteaux qui peuvent servir au logement des troupes. L'Enz à Vaihingen, le Xeckar à Cannstadt mériteront une attention particulière de sa part, et il notera leur largeur et les difficultés ou facilités que présentent ces deux rivières pour un passage de troupes. Il fera attention à la largeur des grandes vallées, et notera l'éloignement où se trouvera chaque point un peu considérable de sa route, des montagnes Xoires, ou de celles qui séparent la vallée du Danube de celle du Xeckar. Il prendra connaissance de la meilleure communication qui existe entre Gmûnd et Giengen, soit par Heubach et Heidenheim, soit par Weissenstein et Langeneau. Il les examinera personnellement, afin de bien savoir quelle est la plus favorable pour les transports du matériel d'une armée.
M. le général Savary cherchera ensuite, en la visitant lui-même, la meilleure route qui existe entre celle qui vient d'être tracée plus haut, de Philippsburg à Gundelfingen, et une autre route partant de Dillingen, par Xeresheim, Hiilen, Ellwangen, Hall,
OEIiringen, Heilbronn, Sinsheim, Wiesloch et Spire, de manière que la route en question soit, en quelque sorte, parallèle aux deux autres. Cette route, qui devra être praticable pour l'artillerie et les transports militaires, pourra se diriger soit d'Aalen sur Murrhardt, Lœwenstein et Heilbronn, soit, mieux encore, d'Aalen à Gmiind, puis à Winnenden, Marbach, Bietigheim, Sachsenheim et Knittlingen, et de là par Bruchsal k Philippsburg. S'il y a une communication directe, bonne et praticable, de Giengen à Gmûnd, elle devra être préférée. Revenu dans les environs de Pilippsburg, M. le général Savary examinera la rive droite du Rhin jusque vers Spire, et se dirigera de nouveau sur le Danube à Dillingen, par Wiesloch, Sinsheim, Heilbronn, Olihringen, Hall, Ellwangen, Hùlen et Dischingen. Il examinera soigneusement cette route, ses divers embranchements, et le Neckar à Heilbronn. Il parcourra ensuite le Danube, depuis Dillingen jusqu'à L'im; se rendra à Gœppingen et donnera la plus grande attention à la route dans cette partie. Il s'assurera des moyens de communication de cette ville avec Gmiind; puis il passera à Esslingen cl à Stuttgart, où il prendra de nouveau connaissance du IVcckar, et de 11 à Pforzheim, à Durlach et à Miihlburg, pour prendre aussi connaissance du Rhin vis-à-vis de Pforz. Il se rendra ensuite partout où sera l'Empereur. Napoléon.
Archives de l'Empire.