AU GEXERAL DL'ROC
Camp de Boulogne, 10 fiuclidur an MIL (28 août 1805).
Monsieur le Général Diiroc, l'année est en plein mouvement. Les grenadiers elles premières divisions de chaque corps d'armée sont partis. Demain partent les deuxièmes divisions. J'ai envoyé des ordres au général Marmont et à l'armée de Hanovre. Ces corps d'armée seront organisés et devront se rendre sur le Rhin dans les premiers jours de vendémiaire. J'imagine qu'à l'heure qu'il est vous savez à quoi vous en tenir sur le hut de votre mission. L'armée de Hanovre n'a encore reçu que l'ordre de se rendre à Gœttingen. Si je m'arrange avec la Prusse, je n'ai pas besoin de penser au Hanovre ;si je ne m'arrange pas avec elle, je laisserai dans la place forte des vivres pour un an, un bon commandant et de l'artillerie; et, si quelqu'un vient l'assiéger, je reviendrai, avant que la tranchée soit terminée, tomber sur l'armée assiégeante. Ces rsnseignements peuvent vous être utiles, car on pourrait croire que j'ai plus d'intérêt à me défaire du Hanovre qu'à le garder. Ce ne serait que de 3,000 hommes que me priverait !e refus de la Prusse, c'est-à-dire de la garnison de Hameln, et, si 30 ou 40,000 Anglais venaient l'assiéger, vous sentez combien cela serait
heureux. Frédéric allait bien, rapidement, de Prague à Rosbach.
Lorsque l'armée apprit qu'elle allait sur le Rhin, la joie fut universelle. Comme vous êtes près du Nord , que votre langage soit modéré et pacifique. Mais dites au Roi, seulement, que l'Autriche m'insulte trop et d'une manière trop évidente; que, dans le fait, elle a déjà déclaré la guerre.
Il est possible que d'ici à cinq ou six jours j'envoie l'ordre au corps du maréchal Bernadotte de se rendre àWiirzburg. Il devra alors traverser un pays neutre. Commencez à faire les premières démarches pour obtenir des facilités pour le passage, par l'intermédiaire de la Prusse; ce sera, si l'on veut, un corps qui se rend en France, et qui se dirige, par le plus court chemin, sur Strasbourg. J'ai envoyé le général Bertrand à Munich.
Napoléon.
Le 13 fruclidoran XIII.
Tout est parti ; je serai en mesure le 5 vendémiaire. J'ai donné l'armée d'Italie à Masséna. L'Autriche est très-insolente; elle redouble ses préparatifs. Mon escadre est entrée à Cadix. Gardez le secret; ceci est pour vous seul. Prenez toutes les cartes possibles du Danube au Alein, de la Bohême, et portez-moi l'organisation de l'armée autrichienne et russe.
Archives de l'Empire.
CORRESPOXDANCE MILITAIRE 11805]