‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 47 sur 199 · AU PRIXCE EUGEXE · texte numérisé non relu

AU PRIXCE EUGEXE

Carap de Boulogne, 31 août 1805.

Mon Cousin , je suis encore à Boulogne. Je compte en partir dans deux jours. La Grande Armée est en pleine marche ; elle sera toute rendue sur le Rhin au 1" vendémiaire. J'occuperai l'ennemi de manière qu'il n'aura pas de temps à perdre à vous chicaner en Italie. Je n'ai pas besoin de vous répéter que cela est pour vous seul. Vous devez dire que je fais marcher quel(|ues troupes de mon armée des cùles , mais seulement 30,000 hommes. Du reste, que votre langage soit pacifique et modéré ; c'est dans ce sens qu'il faut faire expliquer les journaux de Milan.

Ma Garde italienne part pour l'armée avec le reste de ma Garde. Je laisse les trois corps italiens qui sont à Calais, pour garder mon camp de Boulogne, avec un bon corps français. J'imagine qu'à l'heure

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qu'il est vous vous serez mis en route pour votre tournée. Pressez l'approvisionnement de la place de Mantoue. J'en ai donnéle commandement au général Miollis, et j'y envoie le général Campredon pour commander le génie, et un bon officier pour commander l'artillerie. Allez de l'avant et faites approvisionner Mantoue de manière qu'il puisse se défendre un an. Envoyez, sans faire semblant de rien, quelqu'un pour savoir si l'on travaille à la citadelle de Plaisance, que j'ai ordonné de mettre en état de défense. Faites-moi connaître quand il arrivera des mortiers de Pavie, et s'il en est venu de Turin. Toutes les troupes du Piémont et de Gênes doivent à l'heure qu'il est être en route pour se rendre à Brescia. Plusieurs régiments filent par le Simplon. Il est constant aujourd'hui que nos escadres ont battu les Anglais. Si elles n'ont pas fait tout ce que je voulais, je n'ai pas lieu d'être trop mécontent. Quand j'aurai donné une leçon à l'Autriche, je retiendrai à mes projets. Je sens que vous devez regretter de ne pas vous trouver à la guerre; mais soyez sans inquiétude : aussitôt que cela sera possible et que l'Italie ne sera plus menacée, je vous y appellerai. Aujourd'hui vous sentez que cela ne serait pas convenable.

Napoléom. .

Comm. par S. A. I. Mme la duclu'sscde Lcuchlenberg (En micute aax Arcli. de l'Fmp )

[1805] DE XAPOLÉOX 1" 195

5C1. — A M. CAMBAGÉRÈS.

Camp de Boulogne, 14 fructidor an XIII ( 1«^ septembre 1805).

Mon Cousin, je vous dirai en grande confidence qu'il n'y a plus un homme à Boulogne, exceplé les hommes jugés nécessaires pour la défense de la place et du port. D'ici à peu de jours nous verrons qui aura les rieurs de son côté , de la cour de Vienne ou de moi. Je vous envoie des pièces que me remet le grand juge; faites-mol connaître ce qu'il convient d'en faire.

Napoléom.

Comin. par M. le duc de Cambacérès.

(Ed mioatc aui Arcli. de l'Emp.)

5G2. — AU PRIXCE EUGEYE.

Camp de Boulogne, 1" septembre 1805.

Mon Cousin, j'ai reçu l'état, que vous m'avez envoyé, des jeunes gens de la garde d'honneur et de ceux destinés aux véliles. Allez de l'avant et formez -en des premières compagnies, qui vous seront nécessaires pour votre garde dans les circonstances orageuses qui vont se présenter. Je serai dans peu de jours à Paris. Cet automne sera un automne de grands événements. Poussez l'approvisionnement de Mantoue. J'ai appris avec plaisir que

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deux morliers de 12 pouces avaient été fondus à Pavie : faites-les partir pour Mantoue. Ecrivez au directeur de la fonderie de Turin que vos places ont grand besoin de mortiers, et qu'il vous en envoie. Etudiez le pays; les connaissances locales sont des connaissances précieuses qu'on retrouve tôt ou tard. Mon armée est ici en grande marche. Continuez cependant à dire que c'est un détachement de 30,000 hommes que je fais partir pour garantir mes frontières du Rhin. Le général Gassendi se rend en Italie. Donnez-lui toutes les instructions et facilités nécessaires pour l'organisation de l'artillerie des places. Je lui ai donné l'ordre de se rendre près de vous en passant à Milan, pour se concerter avec vous sur les opérations dont je l'ai chargé. A l'heure qu'il est, M. le maréchal Jourdan a reçu tous les ordres pour les mouvements de son armée. Je ne pense pas que les Autrichiens mettent beanconp de troupes à Vérone autrichienne. Toutefois, le maréchal Jourdan en mettra davantage à Vérone française. La désertion, que devront craindre les Autrichiens, les éloignera de ce point de contact. Quelques chevaux de plus ou de moins à la cavalerie italienne ne feront pas grand'chose; les principales ressources . du ministère de la guerre doivent être aujourd'hui employées à bien approvisionner les places.

Napoléoiv.

Comm. par S. ;^i. I. M"»' la duchesse de LcucLtenbcrg.

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