‹ Correspondance militaire; extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du Ministre de la GuerreChapitre 66 sur 199 · AU MARÉCHAL BERTHIER · texte numérisé non relu

AU MARÉCHAL BERTHIER

Saint-Cloud, 4' jour complémentaire an XIII (21 septembre 1805).

Mon Cousin, l'armée hollandaise n'ayant fourni que 800 hommes de cavalerie à l'armée du général Marmont, cela n'est pas suffisant. Mon intention est, en conséquence, qu'elle en fournisse encore 800, et tous donnerez les ordres nécessaires à cet effet, en enjoignant que ces 800 hommes se rendent à Mayence. La Hollande n'a rien à craindre dans les circonstances

actuelles. J'ai 30,000 hommes à Boulogne, et j'en .garderai toujours bien une quinzaine de mille à Mayence, prêts à se porter rapidement au secours de la Hollande, si elle était attaquée. Vous recommanderez au général Michaud d'avoir toujours une réserve de 1,500 à 18,000 hommes, Français et Hollandais, avec des pièces d'artillerie, et prête à être envoyée rapidement sur Anvers et sur Boulogne, si l'ennemi fait quelque tentative de ce côté. Vous direz au général Michaud qu'il ne faut pas qu'il considère ce secours comme insuffisant, parce que plusieurs secours de cette espèce, et plus ou moins nombreux, se réuniraient en même temps sur des points indiqués. Vous recommanderez au général Michaud d'envoyer au maréchal Brune un tableau détaillé de cette réserve, dès que les troupes qui la composeront auront été désignées. Dès l'instant que j'aurai pris un parti définitif sur le Hanovre, tous les dépôts qui s'y trouveront devront se rendre dans la 26° division militaire. Faites connaître enfin au général Michaud que mon intention est qu'il fasse partir de chacun des dépôts qui sont en Hollande 100 hommes pour renforcer les régiments qui sont au corps d'armée du général Marmont. Celte mesure procurera environ 600 hommes qui, réunis sous le commandement d'un chef de bataillon, devront être rendus, bien armés et bien équipés, à Mayence, le 1" brumaire prochain. 400 hommes des dépôts

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bataves devront partir également, pour renforcer les corps auxquels ils appartiennent. Ainsi le général Alarmont recevra au l" brumaire un secours de 1,000 hommes.

Il est nécessaire que tous les 3" bataillons du corps d'armée du maréchal Davout soient dirigés sur Mayence et Juliers , et sur d'autres places des 25° et 26* divisions militaires. Vous les ferez réunir par divisions, de telle sorte que tous les 3'' balaillons dont les régiments, à l'armée active, composent ensemble un corps d'armée, soient dans la même division de la réserve. Vous en excepterez toutefois les 3" bataillons qui sont eux-mêmes à la réserve de Boulogne, tels que celui du 13° d'infanterie légère, celui du 17" de ligne, ceux des 48" et 108° qui sont nécessaires à Anvers, et celui du 25° de ligne qui est au camp des côtes. Ainsi, sur quatorze régiments dont se compose le corps d'armée du maréchal Davout, neuf 3°' bataillons feront partie de la réserve de Mayence. Il est également nécessaire de donner l'ordre aux 3°' bataillons du corps d'armée du maréchal Soult de se rendre sur le Rhin pour faire partie de la réserve de Strasbourg. Vous en excepterez ceux qui sont destinés à rester à la réserve des côtes. Le 64° restera à Besançon ; mais il enverra régulièrement l'état de sa situation au maréchal commandant la réserve de Strasbourg, et il sera censé en faire partie. Il y a dix-neuf régiments à ce III. 14'

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corps d'armée; six font partie de la réserve des côtes; il en reste donc treize qui doivent faire [)artie de celle de Strasbourg. Vous donnerez pareillement l'ordre aux dépôts des régiments du corps d'armée du maréchal Lannes de se rendre à Strasbourg, pour y faire partie de la réserve commandée par le maréchal Kellermann, Quant aux 3" bataillons des régiments qui composent le corps d'armée du maréchal Ncy, vous leur enjoindrez de se rendre à Mayence pour y faire partie de la réserve; cependant vous n'y comprendrez pas le 3' bataillon du 50% qui fait partie de la réserve de Boulogne. Ainsi le corps d'armée du maréchal IVey fournira dix bataillons à la réserve de Mayence. Enfin vous donnerez le même ordre aux 3"' bataillons du 7" corps d'armée , commandé par le maréchal Augereau , de sorte qu'il fournira six bataillons à la réserve de Strasbourg. Moyennant ces ordres, la réserve de Strasbourg aura dix-neuf bataillons, sans parler des dépôts du corps d'armée du maréchal Lannes, et la réserve de Mayence aura également dix-neuf bataillons. Il y aura autant de généraux de brigade, pour commander ces 3" bataillons et veiller à leur instruction , qu'il y a de corps d'armée. Ainsi les neuf 3" bataillons du corps d'armée du maréchal Davout formeront la 1" division de la réserve de Mayence, et les dix 3" bataillons du corps d'armée du maréchal Ney formeront la 2* division. Les treize 3" bataillons

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de la réserve du maréchal Soiilt formeront la P* division de la réserve de Strasbourg, et les six 3*' bataillons du corps d'armée du maréchal Augereau formeront la 2* division de la réserve de Strasbourg.

Vous me remettrez, lundi , un état de l'organisation des deux réserves, avec le détail de l'emplacement de chacune des divisions de la réserve, et le nom des bataillons qui les composent, celui des généraux qui les commandent, et la force approximative de ces 3" bataillons. Vous aurez soin de spécifier si vous y comprenez ou non les 100 hommes que j'ai ordonné, dans le courant de fructidor, que ces corps fournissent aux bataillons de guerre. J'ai eu pour but, en donnant cet ordre, de maintenir les bataillons de guerre à la même force qu'au moment de leur départ pour Boulogne. Les conscrits de la réserve, soit des années X, XI, XII et XIII, que je viens d'appeler, soit ceux de l'an XIV et ceux de l'an XV, qui vont être appelés dans le courant de nivôse, rejoindront ces 3" bataillons.

Je vous ai fait connaître les trois bataillons de grenadiers qui feront partie du camp volant qui doit se réunir à Rennes sous les ordres du général de brigade Boyer. Indépendamment de toute autre destination, cette réserve aurait pour destination spéciale de se rendre à marches forcées du côté de Boulogne, en cas que le maréchal Brune y fût attaqué sérieusement par les Anglais.

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Le deuxième camp volant qui doit se réunir à Napoléon s'assemblera à Poitiers. Le général sénateur Goiivion le commandera. Les départements de la Vendée, de la Loire-Inférieure , des Deux-Sèvres, de la Charente, et les côtes depuis la Gironde jusqu'à laV'ilaine, seront sous son commandement. Ce camp volant sera composé du 5* régiment d'infanterie légère, du 7% du 66% du 82* et du 86' régiment d'infanterie de ligne. Ces cinq régiments forment déjà ensemble , aujourd'hui , plus de 5,000 hommes. La conscription de l'an XV les portera, avant le 1" nivôse, à plus de 10,000 hommes. C'est là la véritable réserve qui doit garantir Bordeaux, Nantes, marcher au secours de Brest, de Saint-AIalo, de Cherbourg, et même de Boulogne. Alon intention est qu'elle soit réunie tout entière à Poitiers , que deux généraux de brigade, bons instructeurs, ayant l'habitude des détails, soient chargés de les former, et qu'on leur attache un bon inspecteur aux revues. Les onze ou douze compagnies de grenadiers de ce corps , qu'on se contentera pour le moment de compléter à 60 hommes , tiendront garnison à Napoléon, aux Sables, et seront toujours disponibles et en mouvement , pour maintenir la tranquillité et se montrer dans ce département, où leur vue ne peut produire qu'un bon effet. Le reste du camp ne marchera qu'en cas d'événements importants, et vous ferez connaître au général Gouvion que c'est un

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corps dont je peux avoir besoin , même pour l'armée active, en germinal prochain. Ce corps aura six pièces d'artillerie attelées. Vous ferez pourvoir à son armement et à tous ses moyens d'habillement. Mon intention est que le général Gouvion parte dès le 3 vendémiaire ; qu'il se rende successivement où sont les différents régiments qui doivent être réunis sous ses ordres ; qu'il en passe la revue pour connaître bien l'état dans lequel ils se trouvent, qu'il visite leurs magasins et examine leur comptabilité, afin qu'il n'y ait, en un mot, pas une minute de perdue pour prendre les mesures nécessaires pour la formation et la mise en bon état de ces troupes. Aux dispositions ci-dessus, vous ajouterez de faire connaître au commandant de la 15^ division militaire qu'en cas que les Anglais tentassent de débarquer à Boulogne-sur-Mer, il devrait réunir sur-le-champ le 3P régiment de ligne et le porter sur Abbeville, afin d'en former l'avant-garde des gardes nationales et autres forces qui se dirigeraient sur la Somme pour secourir Boulogne. Vous préviendrez le commandant de la 14" division que , dans le cas dont je viens de parler, il aura à réunir sans délai le 112' de ligne et le 28* d'infanterie légère, afin de se porter à marches forcées sur Abbeville. Le commandant confierait la garde de Cherbourg aux gardes nationales. Ce que mon frère le connétable, le maréchal Brune et l'inspecteur de gendar-

merie Lagrange, qui se tiendra à Lille, auront à faire, en cas d'une attaque sur Boulogne de la part des Anglais , complétera l'ensemble de ces mesures, et je vous ferai connaître incessamment mes instructions pour ces trois officiers.

Napoléon.

Les bataillons devront être mis en divisions : ceux du maréchal Augereau , par exemple, à Neuf-Brisach et Huningue; ceux du maréchal Lannes, tous réunis à Schelestadt; ceux du général Soult, tous réunis à Strasbourg; ceux du général Ney, à Landau ; ceux des généraux Davout et Bernadotte , à Mayence.

La cavalerie pourra être placée en arrière le long de la Meuse. Il y aura un général qui les passera en revue, et qui sera chargé de les instruire.

Dépôt de la guerre.

(En minute aux Arch. de l'Emp.)

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